Non je n'ai pas confiance car lors du TCE TOUS les médias ne laissaient s'exprimer que les OUI (pourquoi ? les non sont des cons ?)
Mais bon sang réveille toi. Comment concilies-tu tes deux postulats que les médias étaient à la fois tout puissants et de mèche pour imposer le OUI, avec le résultat du référendum qui a été un ras de marée inverse ?
La réalité est toute autre.
# Premièrement, la rhétorique "on a les médias contre nous" est très fédératrice puisque tout le monde à part BHL peut-être a quelquechose à reprocher à tel ou tel journal, radio, télévision, donc ca mobilise les troupes. De l'autre côté ca intimide les journalistes en créant un cercle vicieux ("untel affirme des mensonges, si on le contredit non seulement on ne sera tout simplement pas cru mais on va apparaitre comme encore un peu plus de mèche")
# Deuxièmement et beaucoup plus fondamentalement les médias (et les hommes politiques) ne parlaient depuis une dizaine d'années ni suffisament (il y a seulement 40 francais parmi les 1500 journalistes accrédités auprès de l'UE !!) ni correctement (et c'est peu de le dire que de mensonges ! que de non dits !) de l'Europe réelle (au lieu de l'Europe mythique), s'abstenant à la fois de pointer ses problèmes - réels - et d'expliquer ses succès (souvent présentés comme ceux de la France). As-tu appris par exemple à l'époque qui et pour quelle raison a failli avoir la peau de la Constitution en 2003 et pendant de nombreux mois ? C'était pourtant très instructif, voir http://lipietz.net/article.php3?id_article=1164 à l'époque
L'enjeu a donc été complètement obscurci parce que les médias n'ont pas fait leur boulot, pas seulement durant les quelques mois avant le référendum, mais depuis des années. Si tu n'as pas d'informations précises sur ce qui a marché et ce qui a échoué ou patiné depuis des années, penses-tu qu'il soit simple de se pencher dans un texte juridique dont on méconnait assez largement tant l'origine que les contraintes qu'il représente et de comprendre si ca règlera quelques uns des problèmes ou non ?
Moi je pense que c'était très compliqué, que les francais (moi et mes contradicteurs compris) ont cependant fait un effort considérable qu'il faut reconnaitre pour rattraper le retard, mais en partant de loin et dans un climat très malsain (ô combien !). Du coup, chacun y a vu ses propres fantasmes : plombier polonais, interdiction de l'avortement, du divorce, Europe "libérale" (avec un sens dévié du mot libéral) ayant soit-disant besoin du TCE, fin des services publics, danger pour la laicité, rhétorique anti-élargissements comme si les nouveaux membres devaient payer pour nos erreurs passés...
Ce n'est pas pour autant que je considère les gens ayant voté NON pour des cons, mais par contre je reste absolument sceptique sur les soi-disants effets bénéfiques de leurs votes. Par contre j'en veux terriblement aux Fabius et autres chantres de plans B illusoires, qui EUX pouvaient tout à fait comprendre quels étaient les réels enjeux du scrutin.
La réalité, c'est que l'Europe libérale va très bien merci pour elle (elle n'a besoin que d'un marché commun qui est acquis et de l'impuissance de l'Europe politique) tandis que l'Europe politique est dans le coma, un coma profond dont nul ne sait ni qui la reveillera, ni quand ce réveil aura lieu ni dans quel état elle sera alors.
Je sais que je ne serais pas entendu car l'individu en présence de cognitions incompatibles entre elles ressent un état de tension désagréable motivant sa réduction (...) or la rectification d'idées acquises est plus pénible pour un individu que l'apprentissage d'idées nouvelles dont il ne posséde pas encore de modèle,
[^] # Re: .
Posté par Sarpedon . En réponse au journal DADVSI - Le sénat massacre l'article 7. Évalué à 3.
Mais bon sang réveille toi. Comment concilies-tu tes deux postulats que les médias étaient à la fois tout puissants et de mèche pour imposer le OUI, avec le résultat du référendum qui a été un ras de marée inverse ?
La réalité est toute autre.
# Premièrement, la rhétorique "on a les médias contre nous" est très fédératrice puisque tout le monde à part BHL peut-être a quelquechose à reprocher à tel ou tel journal, radio, télévision, donc ca mobilise les troupes. De l'autre côté ca intimide les journalistes en créant un cercle vicieux ("untel affirme des mensonges, si on le contredit non seulement on ne sera tout simplement pas cru mais on va apparaitre comme encore un peu plus de mèche")
# Deuxièmement et beaucoup plus fondamentalement les médias (et les hommes politiques) ne parlaient depuis une dizaine d'années ni suffisament (il y a seulement 40 francais parmi les 1500 journalistes accrédités auprès de l'UE !!) ni correctement (et c'est peu de le dire que de mensonges ! que de non dits !) de l'Europe réelle (au lieu de l'Europe mythique), s'abstenant à la fois de pointer ses problèmes - réels - et d'expliquer ses succès (souvent présentés comme ceux de la France). As-tu appris par exemple à l'époque qui et pour quelle raison a failli avoir la peau de la Constitution en 2003 et pendant de nombreux mois ? C'était pourtant très instructif, voir http://lipietz.net/article.php3?id_article=1164 à l'époque
L'enjeu a donc été complètement obscurci parce que les médias n'ont pas fait leur boulot, pas seulement durant les quelques mois avant le référendum, mais depuis des années. Si tu n'as pas d'informations précises sur ce qui a marché et ce qui a échoué ou patiné depuis des années, penses-tu qu'il soit simple de se pencher dans un texte juridique dont on méconnait assez largement tant l'origine que les contraintes qu'il représente et de comprendre si ca règlera quelques uns des problèmes ou non ?
Moi je pense que c'était très compliqué, que les francais (moi et mes contradicteurs compris) ont cependant fait un effort considérable qu'il faut reconnaitre pour rattraper le retard, mais en partant de loin et dans un climat très malsain (ô combien !). Du coup, chacun y a vu ses propres fantasmes : plombier polonais, interdiction de l'avortement, du divorce, Europe "libérale" (avec un sens dévié du mot libéral) ayant soit-disant besoin du TCE, fin des services publics, danger pour la laicité, rhétorique anti-élargissements comme si les nouveaux membres devaient payer pour nos erreurs passés...
Ce n'est pas pour autant que je considère les gens ayant voté NON pour des cons, mais par contre je reste absolument sceptique sur les soi-disants effets bénéfiques de leurs votes. Par contre j'en veux terriblement aux Fabius et autres chantres de plans B illusoires, qui EUX pouvaient tout à fait comprendre quels étaient les réels enjeux du scrutin.
La réalité, c'est que l'Europe libérale va très bien merci pour elle (elle n'a besoin que d'un marché commun qui est acquis et de l'impuissance de l'Europe politique) tandis que l'Europe politique est dans le coma, un coma profond dont nul ne sait ni qui la reveillera, ni quand ce réveil aura lieu ni dans quel état elle sera alors.
Je sais que je ne serais pas entendu car l'individu en présence de cognitions incompatibles entre elles ressent un état de tension désagréable motivant sa réduction (...) or la rectification d'idées acquises est plus pénible pour un individu que l'apprentissage d'idées nouvelles dont il ne posséde pas encore de modèle,
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dissonance_cognitive