Je n'ai pas parlé d'identifier les personnes les plus "à risque"... si je disais "il faut d'abord vacciner les personnes à risque", ce serait une évidence sans intérêt ni théorique ni pratique.
Comme j'ai l'impression que le sujet fait vibrer une corde sensible chez toi, je vais le transposer dans le domaine informatique:
- Imagine un réseau d'ordinateurs, et un nouveau virus.
- Tu veux empêcher que le virus se répande, et pour ça tu dois agir vite, donc on va dire que tu as le temps d'appliquer des patches sur 1000 machines avant que le virus commence à se diffuser.
Si tu ne sais rien sur ton réseau, tu n'as pas d'autre choix qu'appliquer les patches au hasard. Par contre, si tu sais que c'est un réseau de type scale-free et petit monde (comme le réseau Internet), tu sais que:
- la plupart des ordinateurs sont très peu connectés, mais un petit nombre d'ordinateurs très connectés permettent d'atteindre n'importe quelle partie du réseau rapidement.
Si tu sais cela, tu sais qu'en appliquant les patches sur le petit nombre d'ordinateurs très connectés, tu compliques énormément la vie du virus. Au lieu d'avoir une distance de 4 ou 5 vers n'importe quel point du réseau, il aura des distances beaucoup plus grandes, voire infinies.
Ça n'a rien à voir avec le fait que ces ordinateurs très connectés soient plus en danger que les autres (même si c'est généralement vrai), ça a à voir avec le fait qu'en passant par ces ordinateurs, le virus a accès à tout le réseau rapidement.
Bon, maintenant, revenons à notre réseau social. Des études ayant montré que le réseau des relations sexuelles a la même structure, si tu es dans la même situation et que tu disposes de 1000 vaccins, tu as intérêt à vacciner en priorité les gens qui font que ce réseau est un réseau petit monde, parce qu'en faisant ça tu bloques les routes de diffusion du virus.
Vacciner les homosexuels n'a rien à voir: si tu vaccines un homo monogame, fidèle et timide, même en admettant qu'il soit plus exposé qu'un hétéro, ça ne bloquera pas le virus.
Ensuite, identifier les "n1⁄2uds très connectés", ce n'est pas le boulot du théoricien, c'est un boulot qui revient à je ne sais pas trop qui, peut être les épidémiologues, peut-être les sociologues. Mais ce que dit la théorie, c'est que cette stratégie de vaccination, si tu peux la mettre en place, fonctionne.
[^] # Re: J'en profite,
Posté par Yusei (Mastodon) . En réponse au journal Wikipedia as a complex network. Évalué à 7.
Comme j'ai l'impression que le sujet fait vibrer une corde sensible chez toi, je vais le transposer dans le domaine informatique:
- Imagine un réseau d'ordinateurs, et un nouveau virus.
- Tu veux empêcher que le virus se répande, et pour ça tu dois agir vite, donc on va dire que tu as le temps d'appliquer des patches sur 1000 machines avant que le virus commence à se diffuser.
Si tu ne sais rien sur ton réseau, tu n'as pas d'autre choix qu'appliquer les patches au hasard. Par contre, si tu sais que c'est un réseau de type scale-free et petit monde (comme le réseau Internet), tu sais que:
- la plupart des ordinateurs sont très peu connectés, mais un petit nombre d'ordinateurs très connectés permettent d'atteindre n'importe quelle partie du réseau rapidement.
Si tu sais cela, tu sais qu'en appliquant les patches sur le petit nombre d'ordinateurs très connectés, tu compliques énormément la vie du virus. Au lieu d'avoir une distance de 4 ou 5 vers n'importe quel point du réseau, il aura des distances beaucoup plus grandes, voire infinies.
Ça n'a rien à voir avec le fait que ces ordinateurs très connectés soient plus en danger que les autres (même si c'est généralement vrai), ça a à voir avec le fait qu'en passant par ces ordinateurs, le virus a accès à tout le réseau rapidement.
Bon, maintenant, revenons à notre réseau social. Des études ayant montré que le réseau des relations sexuelles a la même structure, si tu es dans la même situation et que tu disposes de 1000 vaccins, tu as intérêt à vacciner en priorité les gens qui font que ce réseau est un réseau petit monde, parce qu'en faisant ça tu bloques les routes de diffusion du virus.
Vacciner les homosexuels n'a rien à voir: si tu vaccines un homo monogame, fidèle et timide, même en admettant qu'il soit plus exposé qu'un hétéro, ça ne bloquera pas le virus.
Ensuite, identifier les "n1⁄2uds très connectés", ce n'est pas le boulot du théoricien, c'est un boulot qui revient à je ne sais pas trop qui, peut être les épidémiologues, peut-être les sociologues. Mais ce que dit la théorie, c'est que cette stratégie de vaccination, si tu peux la mettre en place, fonctionne.