• [^] # Re: Un peu facile

    Posté par . En réponse au journal Pourquoi l'aversion d'une majorité, dans l'opinion, pour le mot 'libéral' ?. Évalué à 3.

    J'aime bien cet énorme raccourci fait par tous les libéraux : "le libéralisme c'est la liberté".

    Alors que pas du tout. En fait, le libéralisme, c'est "la liberté de disposer de son patrimoine". D'ailleurs tous les penseurs libéraux mettent au centre de leur doctrine le droit DE la propriété, c'est-à-dire le droit de chacun de décider individuellement de ce qu'il va faire de ses sous (à bien distinguer d'un éventuel droit A la propriété, qui est plus un concept communiste).

    Donc pour les libéraux l'Etat, de par ses impôts est un Etat spoliateur qui "impose" un prélévement et grève la liberté de ses administrés, qui ne peuvent disposer de tout leur argent comme bon leur semble. Il empêche aussi les patrons d'embaucher des gens à 2 ¤ de l'heure, et par ricochet il empêche les gens de bosser pour 2 ¤ de l'heure s'ils veulent, ce qui n'a absolument rien d'indigne ou d'esclavagiste. Je passe sur la liberé de polluer, bien entendu.

    Cette "liberté de la propriété" n'est en fait qu'une liberté des propriétaires. La redistribution n'étant pas organisée, la concentration des capitaux est inévitable, l'argent allant à l'argent, et avec, la paupérisation et la précarisation du reste de la société. Reste de la société qui n'a alors plus de quoi bouffer mais qui doit être heureux car il a la "liberté" de monter sa boîte (si un autre libéral veut bien lui prêter la thune pour lancer le projet) et peut alors à son tour exploiter les autres pauvres s'il est assez doué et motivé pour ce faire.

    Dans ce cadre de pensée, les pauvres sont donc des ratés ou des loques car ils ont la liberté d'entreprendre et de réussir et pourtant ils échouent (ce n'est pas moi qui extrapole, c'est texto ce que disent Bastiat, Hayek et les autres).

    De mon point de vue, la liberté pour un particulier de posséder par exemple 50% d'un pays, de ses terres et de ses moyens de production me stresse. Je ne trouve pas ça très "démocratique".

    De la même manière les marchés libres n'existent pas, ou alors de manière très éphémère. On aboutit très vite à des monopoles ou à des oligopoles, comme dans tous les secteurs actuellement, et au final le consommateur est le dindon de la farce. En particulier en informatique, ou l'absence de standards et d'interopérabilité obstrue toute chance de mise en concurrence réelle des entreprises.

    Bref, tout cet enrobage ne sert qu'à une chose : prendre le peu de pouvoir que possède le peuple dans son ensemble à travers l'Etat et le mettre tout entier dans les mains des intérêts privés. Ca paraît sûrement très sympa comme projet à ceux qui sont déjà riches ou à ceux qui espèrent le devenir (20% des américains pensent faire déjà partie des 1% des gens les plus riches aux USA, et 20 autres % pensent en faire bientôt partie), mais pas à moi.