• [^] # Re: Parlons comportement de nos politiques

    Posté par . En réponse au journal "Donnedieu de Vabres présente son texte sur les droits d'auteur". Évalué à 1.

    Après, t'as vu où que tout le monde faisait la même chose une fois au pouvoir ? c'est dans l'air du temps le "tous pareil, tous pourris" toussa, mais quand même, pour donner des exemples, ca serait venu à l'idée de la droite de faire une mesure sur les 35 heures de travail hebdomadaire ? et à la gauche de faire passer une loi sur le passé colonial ?


    C'est quand même des différences qui crèvent les yeux, et que je me suis pas foulé à trouver.


    Et tu ne t'es pas foulé non plus pour les creuser. Petit travail de mémoire :

    - Martine Aubry, l'instigatrice des 35 heures elle-même, était très isolé durant la période autour des présidentielles de 2002, car beaucoup s'accordaient à dire que c'était une aberration économique, et que c'était une des causes de la cuisante défaite de Lionel Jospin. Parmi les contestataires, on en retrouve aujourd'hui qui disent que c'est une bonne chose sur laquelle il ne faut pas revenir, comme Laurent Fabius...

    Souvenirs, souvenirs...

    - La loi sur le passé colonial a été voté sans contestation de la part des...
    socialistes !

    Souvenirs, souvenirs...

    Eh oui, souviens-toi, à l'époque, il s'agissait d'arrêter l'autoflagellation franco-française sur son Histoire en remettant à côté des points noirs, les grandes oeuvres positives, pour cesser avec le manichéisme et se réconcilier avec son Histoire.

    Or l'idée a été appliquée on ne peut plus maladroitement :

    - D'abord, cela se fait de manière législative alors qu'il s'agit de points de vue historique. On ne décrête pas les idées ! Il aurait mieux valu un débat contradictoire d'historiens et de la pédagogie auprès des professeurs et des éditeurs de manuels scolaires qui déforment la vision historique de la France de nos enfants (de vos enfants, moi, je suis encore trop jeune).

    - Deuxième bourde : la formulation. Ils ne disent pas «des points positifs de la colonisation» mais «le rôle positif de la colonisation». La seconde formulation est plus ambiguë. Elle laisse croire aux hypersensibles que c'est un blanchiment de toute la colonisation en général et de l'esclavagisme français en particulier.

    Les socialistes ont eu beau jeu de dénoncer, après coup, ce qu'il n'avait même pas signalé, et d'accuser le gouvernement de tous les maux...

    PS : Pour «hypersensibles», cela fait référence à l'opposition de la commémoration de la victoire d'Austerlitz par des DOM/TOM, par exemple.

    En effet, il ne s'agissait pas de s'ennorgueillir que Napoléon ait en son temps rétabli l'esclavage. On voulait fêter une victoire française, son génie militaire à travers Napoléon, ainsi que tout ce qu'il a pu faire de bien (comme le grand réformateur car l'essentiel de notre Code Civil a été rédigé par lui). En aucun cas les discours officiels faisaient l'apologie de l'esclavage.

    C'est une distinction que tout le monde fait couremment : on aime quelqu'un pour ses qualités, pas pour ses défauts. Après, le ratio qualité/défaut peut varier considérablement. Mais jamais quelqu'un n'est totalement mauvais ni totalement bon. Même des êtres aussi abjects que Hitler étaient capables de prendre des nouvelles de sa secrétaire, ou de carresser affectueusement son chien. Ce qui est effrayant, ce n'est pas tant leurs actes que de savoir qu'ils sont autant humains que nous, que potentiellement, rien ne nous empêche de devenir un Staline, un Mao, un Pinochet... Je conclu par une citation de François Mitterrand : «Les gens veulent que tout soit noir ou blanc, mais tout est en nuance de gris.» (citation de mémoire). Il en va de même pour les «gentils»...

    Mais pour nos ultra-marins, l'histoire douloureuse de l'esclavage est encore à fleur de peau, alimentée, apparement (je prends des pincettes parce que je ne sais pas ce qu'il se trame exactement dans nos îles), par un racisme latent d'une bonne partie de la population blanche et des autorités en particulier.

    D'où ces réactions passionnées...