Toujours pour ouvrir le débat, que penses tu des médecins nazis qui faisaient des abominations dans les camps de concentration pour faire avancer la connaissance
C'est pour cela que je marquais: "Pour peu que l'acces à cette connaissance puisse se faire dans des conditions éthiquement favorables, cette connaissance est neutre." Ce n'est pas le cas de cette recherche dont tu parles.
L'Etat et la Justice doivent intervenir dans les recherches, on ne peut pas faire n'importe quoi.
"Intervenir dans" c'est "dire quoi faire". Je crois que c'est plutot pour dire quoi "ne pas faire" que l'état a son importance, ainsi que la justice pour faire respecter cette interdiction. C'est une distinction importante car une politique de recherche ne peut marcher qu'avec les tripes des chercheurs, et une ligne trop dirigiste déterminée par des considérations politique n'est pas possible: incompétente dans son évaluation, irréaliste dans ses moyens, et absolument pas stimulante pour le chercheur. D'ailleurs, c'est aussi pour ces raisons là que je me suis expatrié.
Les OGM ça peut peut-être être bien (rigolo comme phrase) mais dans un laboratoire, sinon, c'est trop dangereux.
Ce n'est vraiment pas aussi simple. Les cultures en plein champs sont très probablement nécessaire. Ce qu'il faut, comme en santé humaine après tout, c'est évaluer le bénéfice d'une culture en plein champs, évaluer le risque, et faire le rapport entre les deux. Si le bénéfice potentiel compense la prise de risque, alors c'est possible de cultiver en plein champs. Et même si ca fait peur.
Toute histoire ne se fait qu'avec des prises de risque, ce qu'il faut, c'est avoir le discernement pour savoir lesquels oser prendre, et lesquels éviter. Il existe des risques techniques, et des risques éthiques. Les premiers sont évalués par et sont la responsabilité les chercheurs eux-mêmes. Le role de l'état et de la justice se cantonnent aux seconds, car l'un et l'autre ne sont pas experts, loin de là, dans les premiers.
J'ai été particulièrement choqué, par exemple, qu'en suisse, une votation fédérale ait été faite sur les OGM il y a moins d'un mois. La population donne la légitimité à l'acte, mais ne connaissant rien au problème et ne pouvant y accorder que peu de temps, elle est à la merci des désinformations des uns et des autres. C'est un bon exemple de limite de la démocratie directe. Il aurait été plus courageux de la part de l'état de prendre le risque de se mettre la population à dos en mandatant des experts (de "vrais" experts j'entends), pour trancher sur la question au cas par cas, ou pour proposer un moratoire. Mais après tout, c'est aussi la responsabilité de l'état de prendre des décisions pour la population.
L'état a un role préventif des dérives éthiques et la justice un role repressif de ces même dérives. C'est la responsabilité des chercheurs d'évaluer le risque technique. Dans le cadre de la france, la justice s'est visiblement prononcée sur le risque technique, pour lequel elle n'a a priori aucune expertise. Une interdiction a posteriori sur une culture initialement autorisée dénote clairement un problème de positionnement des autorités sur les OGM. La suisse est en avance sur ce point car la population a tranché. Et je souhaite que la france fasse de même. Mais si possible que ce soient des experts qui prennent les décisions, car même moi, baignant aux alentour de cette problématique, je ne me considère pas du tout comme compétent pour prendre une décision de santé publique. Alors le pekin moyen qui n'a aucune connaissance en biologie et qui va se rallier logiquement au premier José Bové venu, je ne crois pas qu'il soit à même d'avoir un minimum de rationnel dans son pseudo discernement.
Dans le cadre de ces OGM, j'ai pourtant tendance à être très rassurant, pour connaitre plusieurs chercheurs dans ce domaine, ce ne sont vraiment pas ni des amateurs, ni des félés. Ils savent ce qu'il font et surtout ils savent qu'ils ne savent pas tout, et sont prudents en conséquence.
[^] # Re: N'empeche...
Posté par aurel (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Monsanto l'a dans le cul ;-). Évalué à 2.
C'est pour cela que je marquais: "Pour peu que l'acces à cette connaissance puisse se faire dans des conditions éthiquement favorables, cette connaissance est neutre." Ce n'est pas le cas de cette recherche dont tu parles.
"Intervenir dans" c'est "dire quoi faire". Je crois que c'est plutot pour dire quoi "ne pas faire" que l'état a son importance, ainsi que la justice pour faire respecter cette interdiction. C'est une distinction importante car une politique de recherche ne peut marcher qu'avec les tripes des chercheurs, et une ligne trop dirigiste déterminée par des considérations politique n'est pas possible: incompétente dans son évaluation, irréaliste dans ses moyens, et absolument pas stimulante pour le chercheur. D'ailleurs, c'est aussi pour ces raisons là que je me suis expatrié.
Ce n'est vraiment pas aussi simple. Les cultures en plein champs sont très probablement nécessaire. Ce qu'il faut, comme en santé humaine après tout, c'est évaluer le bénéfice d'une culture en plein champs, évaluer le risque, et faire le rapport entre les deux. Si le bénéfice potentiel compense la prise de risque, alors c'est possible de cultiver en plein champs. Et même si ca fait peur.
Toute histoire ne se fait qu'avec des prises de risque, ce qu'il faut, c'est avoir le discernement pour savoir lesquels oser prendre, et lesquels éviter. Il existe des risques techniques, et des risques éthiques. Les premiers sont évalués par et sont la responsabilité les chercheurs eux-mêmes. Le role de l'état et de la justice se cantonnent aux seconds, car l'un et l'autre ne sont pas experts, loin de là, dans les premiers.
J'ai été particulièrement choqué, par exemple, qu'en suisse, une votation fédérale ait été faite sur les OGM il y a moins d'un mois. La population donne la légitimité à l'acte, mais ne connaissant rien au problème et ne pouvant y accorder que peu de temps, elle est à la merci des désinformations des uns et des autres. C'est un bon exemple de limite de la démocratie directe. Il aurait été plus courageux de la part de l'état de prendre le risque de se mettre la population à dos en mandatant des experts (de "vrais" experts j'entends), pour trancher sur la question au cas par cas, ou pour proposer un moratoire. Mais après tout, c'est aussi la responsabilité de l'état de prendre des décisions pour la population.
L'état a un role préventif des dérives éthiques et la justice un role repressif de ces même dérives. C'est la responsabilité des chercheurs d'évaluer le risque technique. Dans le cadre de la france, la justice s'est visiblement prononcée sur le risque technique, pour lequel elle n'a a priori aucune expertise. Une interdiction a posteriori sur une culture initialement autorisée dénote clairement un problème de positionnement des autorités sur les OGM. La suisse est en avance sur ce point car la population a tranché. Et je souhaite que la france fasse de même. Mais si possible que ce soient des experts qui prennent les décisions, car même moi, baignant aux alentour de cette problématique, je ne me considère pas du tout comme compétent pour prendre une décision de santé publique. Alors le pekin moyen qui n'a aucune connaissance en biologie et qui va se rallier logiquement au premier José Bové venu, je ne crois pas qu'il soit à même d'avoir un minimum de rationnel dans son pseudo discernement.
Dans le cadre de ces OGM, j'ai pourtant tendance à être très rassurant, pour connaitre plusieurs chercheurs dans ce domaine, ce ne sont vraiment pas ni des amateurs, ni des félés. Ils savent ce qu'il font et surtout ils savent qu'ils ne savent pas tout, et sont prudents en conséquence.