À ma connaissance d'ailleurs, il est curieux de constater que la mentalité aux Etats-Unis est très différente de celles de l'Europe sur la question ; en Europe, faire attention à sa vie privée est vu d'un mauvais oeil ("tu as quelque chose à te reprocher ?"), là-bas il y a une vraie méfiance vis-à-vis de la bureaucratie (même si elle n'est pas forcément moins bonne ou plus corrompue ; c'est plus du domaine culturel et lié à leur attachement viscéral à la liberté garantie à la fondation des Etats-Unis).
C'est plutôt l'opposé. Aux USA, le droit à la vie privée est extrêmement limité et fortement contesté. Son histoire n'a rien à voir avec la constitution et ses amendements mais plutôt avec la lutte pour le droit à l'avortement (Roe v. Wade). Il est donc récent et repose sur des bases juridiques très violemment combattue.
D'autant plus que de l'autre côté, il existe une liberté d'expression très fortement ancré qui tend à protéger à outrance la divulgation d'information. De la même façon, le droit à l'information, instauré dans les années 60 au moment de la lutte pour les droits civiques (Freedom of Information Act) dans un soucis de contre-pouvoir, est beaucoup plus consensuel. Bref le "droit" à la vie privée est assez limité.
Par contre en Europe, on a une commission et un parlement européens qui, malgré leurs défauts et les problèmes posés par les groupes d'intérêt, ont produit plusieurs directives sur la protection de la vie privée, notamment face aux entreprises (plus qu'à l'Etat, tradition étatiste européenne oblige). Même dans les textes européens à la visibilité plus réduite instaurant des mesures plus menaçantes (je pense au traité sur la cybercriminalité du conseil de l'europe), il y a eu une forte opposition aussi bien de citoyens que d'hommes politiques. La rétention d'information est bien plus débattue de ce côté-ci de l'Atlantique.
Et puis en Europe, plusieurs pays ont des dispositifs destinés à contrer la presse people, comme par exemple en France la notion de droit à l'image qui donne un pouvoir immense aux personnes dont la vie privée est menacée.
[^] # Re: meuh
Posté par vjm . En réponse au journal Liberticide et compagnie. Évalué à 3.
C'est plutôt l'opposé. Aux USA, le droit à la vie privée est extrêmement limité et fortement contesté. Son histoire n'a rien à voir avec la constitution et ses amendements mais plutôt avec la lutte pour le droit à l'avortement (Roe v. Wade). Il est donc récent et repose sur des bases juridiques très violemment combattue.
D'autant plus que de l'autre côté, il existe une liberté d'expression très fortement ancré qui tend à protéger à outrance la divulgation d'information. De la même façon, le droit à l'information, instauré dans les années 60 au moment de la lutte pour les droits civiques (Freedom of Information Act) dans un soucis de contre-pouvoir, est beaucoup plus consensuel. Bref le "droit" à la vie privée est assez limité.
Par contre en Europe, on a une commission et un parlement européens qui, malgré leurs défauts et les problèmes posés par les groupes d'intérêt, ont produit plusieurs directives sur la protection de la vie privée, notamment face aux entreprises (plus qu'à l'Etat, tradition étatiste européenne oblige). Même dans les textes européens à la visibilité plus réduite instaurant des mesures plus menaçantes (je pense au traité sur la cybercriminalité du conseil de l'europe), il y a eu une forte opposition aussi bien de citoyens que d'hommes politiques. La rétention d'information est bien plus débattue de ce côté-ci de l'Atlantique.
Et puis en Europe, plusieurs pays ont des dispositifs destinés à contrer la presse people, comme par exemple en France la notion de droit à l'image qui donne un pouvoir immense aux personnes dont la vie privée est menacée.
Bref, vision personnelle :)