Un exemple simple contrant "si tu n'as rien à te reprocher, tu ne risques rien" est celui de la lettre de Zimmermann (créateur de PGP). Cet exemple lui a également servi de justification (si besoin était) pour la création de PGP.
Si on n'a rien à se reprocher, pourquoi utilise-t-on des enveloppes pour y envoyer des lettres ? Pour protéger ces dernières de la pluie ? Certainement. Mais aussi et surtout pour protéger sa vie privée. Quand j'envoie une lettre à une personne, je n'ai pas nécessairement envie que mon voisin la lise (surtout si elle concerne le contentieux juridique que j'ai avec lui), ni que le facteur la lise (surtout si elle concerne une personne que nous connaissons tous les deux), ni le policier du coin, ni mon assureur, ni mon garagiste, ni mon jardinier, etc. Il y a des choses privées qui ne sont partagées qu'entre deux personnes (ici, une lettre mais çà pourrait être un e-mail, un secret, etc.) et que ces personnes n'ont pas envie que d'autres sachent. Pour 1001 raisons et pas nécessairement parce qu'elles ont quelque chose à cacher.
Le "secret" me fait penser à autre chose : tout le monde a déjà, étant petit(e), dit des secrets à un(e) ami(e), tout bas, devant les autres. Et ces secrets étaient bien anodins, a posteriori. Alors pourquoi tout ce cinéma ? Pourquoi le dire tout bas, en cachant sa bouche avec sa main, ... ? Parce que ces enfants sont de dangereux terroristes, assassins et pédophiles ? Parce que ces enfants (que nous étions) ont tous quelque chose à se reprocher ? Non. Simplement une expérimentation naturelle de la notion de "vie privée".
Un autre exemple de bon sens est la porte d'entrée. Vous rentrez chez vous, vous fermez votre porte d'entrée. Et je suis même sûr que vous vous enfermez à clé dans votre maison/appartement. Pourquoi ? Vous avez quelque chose à cacher, à vous reprocher, vous ne voulez pas que la police entre, que votre voisin entre ? Petit cachotier ! C'est pas bien ? Non, c'est votre vie privée : vous n'avez pas envie que n'importe qui sache ce que vous faites chez vous.
Comme avec le RFID (l'ordinateur, internet, les CD-ROMs, le tournevis, ...), la vidéosurveillance n'est qu'un outil, une technologie. Mais, à mon avis, la question est : "jusqu'où peut-on aller ?". Et, pour moi, elle va de pair avec : "Est-on sûr qu'il y a un organisme ou un mécanisme indépendant de contrôle qui a les moyens de savoir jusqu'où la technologie, l'outil est appliqué ?".
Une prison, c'est bien pour enfermer les méchants. Mais une prison secrète, zone de non-droit, sans existence légale, sans ouverture à la Croix-Rouge, ... ce n'est plus bien du tout.
Pour revenir à la vidéosurveillance, jusqu'où tes interlocuteurs 'qui n'ont rien à se reprocher" sont d'accord d'aller ? L'outil (les caméras) sont toutes installées et le gouvernement (ou la société commerciale qui s'en occupe pour le compte du gouvernement) jure qu'elle ne s'en sert qu'après un attentat, un viol, un meurtre, etc. Tes interlocuteurs sont en droit de le croire puisqu'"ils n'ont rien à se reprocher". Mais l'outil est là. Qui va empêcher quelqu'un de l'utiliser pour contrôler les plaques d'immatriculation des véhicules (jusqu'à présent "seulement" pour voir qui n'a pas payé une taxe de circulation à Londres, par exemple) ? Qui va empêcher quelqu'un de suivre les gens (voir "Minority Report" ou, plus pratiquement, après les attentats de juillet dans le métro de Londres) ? Et ces gens "sans reproches" seront-ils prêt à ce qu'"on" installe des caméras dans leur salon et leur chambre à coucher, au cas où cela permettrait de coincer le méchant voleur qui est venu prendre le chandelier de grand-mère et la chaîne hifi du fiston ? Poussons le raisonnement jusqu'au bout et cela devient absurde. Malheureusement, petit à petit, "on" nous fait accepter toutes ces "entorses" à la vie privée au nom d'une sorte de nouveau diable : le terrorisme.
# Exemples de la lettre de Zimmermann et autres
Posté par jayp . En réponse au journal Liberticide et compagnie. Évalué à 10.
Si on n'a rien à se reprocher, pourquoi utilise-t-on des enveloppes pour y envoyer des lettres ? Pour protéger ces dernières de la pluie ? Certainement. Mais aussi et surtout pour protéger sa vie privée. Quand j'envoie une lettre à une personne, je n'ai pas nécessairement envie que mon voisin la lise (surtout si elle concerne le contentieux juridique que j'ai avec lui), ni que le facteur la lise (surtout si elle concerne une personne que nous connaissons tous les deux), ni le policier du coin, ni mon assureur, ni mon garagiste, ni mon jardinier, etc. Il y a des choses privées qui ne sont partagées qu'entre deux personnes (ici, une lettre mais çà pourrait être un e-mail, un secret, etc.) et que ces personnes n'ont pas envie que d'autres sachent. Pour 1001 raisons et pas nécessairement parce qu'elles ont quelque chose à cacher.
Le "secret" me fait penser à autre chose : tout le monde a déjà, étant petit(e), dit des secrets à un(e) ami(e), tout bas, devant les autres. Et ces secrets étaient bien anodins, a posteriori. Alors pourquoi tout ce cinéma ? Pourquoi le dire tout bas, en cachant sa bouche avec sa main, ... ? Parce que ces enfants sont de dangereux terroristes, assassins et pédophiles ? Parce que ces enfants (que nous étions) ont tous quelque chose à se reprocher ? Non. Simplement une expérimentation naturelle de la notion de "vie privée".
Un autre exemple de bon sens est la porte d'entrée. Vous rentrez chez vous, vous fermez votre porte d'entrée. Et je suis même sûr que vous vous enfermez à clé dans votre maison/appartement. Pourquoi ? Vous avez quelque chose à cacher, à vous reprocher, vous ne voulez pas que la police entre, que votre voisin entre ? Petit cachotier ! C'est pas bien ? Non, c'est votre vie privée : vous n'avez pas envie que n'importe qui sache ce que vous faites chez vous.
Comme avec le RFID (l'ordinateur, internet, les CD-ROMs, le tournevis, ...), la vidéosurveillance n'est qu'un outil, une technologie. Mais, à mon avis, la question est : "jusqu'où peut-on aller ?". Et, pour moi, elle va de pair avec : "Est-on sûr qu'il y a un organisme ou un mécanisme indépendant de contrôle qui a les moyens de savoir jusqu'où la technologie, l'outil est appliqué ?".
Une prison, c'est bien pour enfermer les méchants. Mais une prison secrète, zone de non-droit, sans existence légale, sans ouverture à la Croix-Rouge, ... ce n'est plus bien du tout.
Pour revenir à la vidéosurveillance, jusqu'où tes interlocuteurs 'qui n'ont rien à se reprocher" sont d'accord d'aller ? L'outil (les caméras) sont toutes installées et le gouvernement (ou la société commerciale qui s'en occupe pour le compte du gouvernement) jure qu'elle ne s'en sert qu'après un attentat, un viol, un meurtre, etc. Tes interlocuteurs sont en droit de le croire puisqu'"ils n'ont rien à se reprocher". Mais l'outil est là. Qui va empêcher quelqu'un de l'utiliser pour contrôler les plaques d'immatriculation des véhicules (jusqu'à présent "seulement" pour voir qui n'a pas payé une taxe de circulation à Londres, par exemple) ? Qui va empêcher quelqu'un de suivre les gens (voir "Minority Report" ou, plus pratiquement, après les attentats de juillet dans le métro de Londres) ? Et ces gens "sans reproches" seront-ils prêt à ce qu'"on" installe des caméras dans leur salon et leur chambre à coucher, au cas où cela permettrait de coincer le méchant voleur qui est venu prendre le chandelier de grand-mère et la chaîne hifi du fiston ? Poussons le raisonnement jusqu'au bout et cela devient absurde. Malheureusement, petit à petit, "on" nous fait accepter toutes ces "entorses" à la vie privée au nom d'une sorte de nouveau diable : le terrorisme.