• [^] # Re: nous sommes tous des terroristes pédophiles

    Posté par . En réponse au journal Sarkocratie et Niconet. Évalué à 10.

    Le problème n'est en effet pas tant le manque d'information que le trop-plein d'informations. 2 exemples :

    - Avant le 11 septembre, beaucoup d'éléments pointaient vers les kamikazes. Par exemple Zacharias Moussaoui était déja aux mains des américains depuis un mois et ceux qui l'avaient arrêté tentaient d'alerter les autres services de la menace d'un islamiste qui tentait d'apprendre à piloter un avion. Malheureusement, dans le trop plein d'informations qu'ils avaient à l'époque (voir par exemple le rapport du Congrès sur le 11 septembre), cette information et d'autres n'ont pas été prioritisées correctement. Avec l'accroissement des mesures de surveillance post 11-septembre, on affine certes un peu le signal, mais on va récolter des tonnes de bruit en plus (on ne me fera pas croire qu'un système type Echelon est ou sera un jour capable d'extraire par magie l'information pertinente et uniquement celle-ci de la masse de données qu'il traiterait chaque jour). Résultat, on passe tellement de temps à filtrer qu'on risque pas d'obtenir grand chose de plus. La France a démantelé des réseaux islamistes avant le 11 septembre (cf. le réseau qui voulait faire sauter des bombes pendant le Mondial 98), est passée à côté de l'équipe des attentats de 95; Aujourd'hui, on en démantèle encore, mais rien ne nous dit qu'on passera pas à coté d'un autre groupe.

    - Pour quitter le cas du terrorisme, dés le 11 mai, des vols de reconnaissance au dessus des Ardennes ont très nettement montré qu'il y avait un embouteillage de véhicules allemands de plusieurs centaines de kilomètres en direction de Sedan. Dans le bruit de la bataille où l'attaque allemande se développait tous azimuts sur d'autres fronts, ce signal fut perdu. D'ailleurs, des sources humaines avaient déja averti que l'attaque allemande se ferait par les Ardennes. Et si on faisait une carte des cibles des vols de reconnaissance allemands pendant les 9 mois qui avaient précédé l'invasion (on trouve une telle carte dans "Strange Victory" d'Ernest May) on remarquait qu'ils formaient un couloir très net entre Sedan et la Manche. Mais si on analysait sous un autre angle, par exemple en faisant confiance à des sources qui prédisaient un contournement de la ligne Maginot par la Suisse ou aux plans capturés en janvier qui montrait qu'à l'époque les Allemands envisageaient de passer par les Pays Bas et la plaine belge, c'était tout aussi crédible. En fait il y avait toujours des éléments probants à l'appui de n'importe quelle manoeuvre allemande. Trouver quel était le bon signal dans un tel bruit était très difficile. D'autant que comme Ernest May l'explique dans "Strange Victory", le plan allemand a été choisi non pas parce qu'au niveau du rapport de forces, il permettait de contourner le gros des forces françaises, mais parce qu'une analyse psychologique du commmandement français qui était d'une prudence maladive a montré qu'ils n'oseraient jamais envisager que les Allemands puissent avoir un plan d'une telle hardiesse. D'ailleurs, un jour le général Héring lors d'une simulation en 1938 où il jouait les allemands avait tenté une telle manoeuvre et avait obtenu de très bons résultats, mais avait vu la partie annulée par l'arbitre sous des prétextes d'infaisabilité logistique (la logistique allemande pour la percée de Sedan a d'ailleurs été extrêmement tendue. Des rations d'amphétamines avaient été distribuées à certains personnels pour qu'ils ne s'effondrent pas dans les jours de course vers la Meuse).