Voici le mail que je viens d'envoyer à tech@clever-age.com et commercial@clever-age.com.
Bonjour,
La lecture de votre article « Faut-il passer au Libre ? » [1] s'est révélée très intéressante. Ce type d'article, très accessible, est très important pour faire connaître et comprendre le monde parfois complexe du Logiciel Libre.
Néanmoins, j'ai relevé quelques inexactitudes en ce qui concerne la licence GPL:
- « La plus connue (et la plus répandue) est la licence GNU GPL (General Public License). Elle contient une clause obligeant l’utilisateur à reverser dans le domaine public toutes les modifications qu’il apporte au logiciel, »
Remarque: la GPL n'oblige absolument pas à reverser les modifications apportées au logiciel dans le domaine public. La GPL oblige à ce que les modifications apportées soient distribuées sous les mêmes termes, c'est-à-dire ceux de la licence GPL. Le domaine public [2] est un état légal particulier dans lequel une oeuvre passe 70 ans après la mort de son auteur (en France). Les logiciels sous licence GPL ne sont absolument pas des logiciels du domaine public.
- « Le seul cas où la GPL peut être trop contraignante, c’est lorsque justement l’utilisateur souhaite distribuer son programme (le vendre par exemple). Dans ce cas, il est dans l’obligation de mettre à disposition les sources également. » :
Remarque: effectivement, mais dans ce cas, la GPL impose seulement de fournir le code source à ceux à qui le binaire a été distribué, et pas à tout le monde. Ainsi, si une entreprise vend ou modifie un logiciel sous GPL, elle n'est tenue de fournir les sources qu'aux personnes ayant acheté ledit logiciel.
- « Mais si la GPL couvre aujourd’hui une majorité de logiciel libres (dont tout le système d’exploitation Linux, notamment), il faut préciser que nombre de projets utilisent d’autres licences (les licences Apache, Mozilla, FreeBSD, etc.) qui n’ont pas cette vertu « contaminante » ».
Remarque: le terme « contaminant » me paraît peu approprié pour qualifier la licence GPL. En effet, la licence GPL ne « contamine » rien: un logiciel qui n'est pas sous licence GPL ne va pas se retrouver « contaminé » par un logiciel sous licence GPL. Le terme « hériditaire » me paraît plus approprié pour qualifier la licence GPL. Pour information, les licences de ce type sont dites « copyleft », à l'opposé des licences dites « non-copyleft » comme la licence BSD, par exemple.
Dans la partie « La pérennité » sont mentionnées de nombreux points importants. Néanmoins, il me semble que deux aspects également importants ont été oubliés. Premièrement, que la disposition du code source permet à une entreprise qui a un besoin vital de faire évoluer un logiciel libre de payer des développeurs pour le faire, et ce même si le projet communautaire lié à ce logiciel n'est plus actif. Deuxièmement, que les logiciels libres reposent sur des formats ouverts qui garantissent l'interopérabilité, alors que les logiciels propriétaires reposent souvent sur des formats fermés, afin d'«enfermer» les données de l'utilisateur dans un logiciel donné.
# Mail de commentaires
Posté par Thomas Petazzoni (site web personnel) . En réponse au journal faut il passer au libre ?. Évalué à 10.
Bonjour,
La lecture de votre article « Faut-il passer au Libre ? » [1] s'est révélée très intéressante. Ce type d'article, très accessible, est très important pour faire connaître et comprendre le monde parfois complexe du Logiciel Libre.
Néanmoins, j'ai relevé quelques inexactitudes en ce qui concerne la licence GPL:
- « La plus connue (et la plus répandue) est la licence GNU GPL (General Public License). Elle contient une clause obligeant l’utilisateur à reverser dans le domaine public toutes les modifications qu’il apporte au logiciel, »
Remarque: la GPL n'oblige absolument pas à reverser les modifications apportées au logiciel dans le domaine public. La GPL oblige à ce que les modifications apportées soient distribuées sous les mêmes termes, c'est-à-dire ceux de la licence GPL. Le domaine public [2] est un état légal particulier dans lequel une oeuvre passe 70 ans après la mort de son auteur (en France). Les logiciels sous licence GPL ne sont absolument pas des logiciels du domaine public.
- « Le seul cas où la GPL peut être trop contraignante, c’est lorsque justement l’utilisateur souhaite distribuer son programme (le vendre par exemple). Dans ce cas, il est dans l’obligation de mettre à disposition les sources également. » :
Remarque: effectivement, mais dans ce cas, la GPL impose seulement de fournir le code source à ceux à qui le binaire a été distribué, et pas à tout le monde. Ainsi, si une entreprise vend ou modifie un logiciel sous GPL, elle n'est tenue de fournir les sources qu'aux personnes ayant acheté ledit logiciel.
- « Mais si la GPL couvre aujourd’hui une majorité de logiciel libres (dont tout le système d’exploitation Linux, notamment), il faut préciser que nombre de projets utilisent d’autres licences (les licences Apache, Mozilla, FreeBSD, etc.) qui n’ont pas cette vertu « contaminante » ».
Remarque: le terme « contaminant » me paraît peu approprié pour qualifier la licence GPL. En effet, la licence GPL ne « contamine » rien: un logiciel qui n'est pas sous licence GPL ne va pas se retrouver « contaminé » par un logiciel sous licence GPL. Le terme « hériditaire » me paraît plus approprié pour qualifier la licence GPL. Pour information, les licences de ce type sont dites « copyleft », à l'opposé des licences dites « non-copyleft » comme la licence BSD, par exemple.
Dans la partie « La pérennité » sont mentionnées de nombreux points importants. Néanmoins, il me semble que deux aspects également importants ont été oubliés. Premièrement, que la disposition du code source permet à une entreprise qui a un besoin vital de faire évoluer un logiciel libre de payer des développeurs pour le faire, et ce même si le projet communautaire lié à ce logiciel n'est plus actif. Deuxièmement, que les logiciels libres reposent sur des formats ouverts qui garantissent l'interopérabilité, alors que les logiciels propriétaires reposent souvent sur des formats fermés, afin d'«enfermer» les données de l'utilisateur dans un logiciel donné.
Bonne journée,
Thomas
[1] http://www.clever-age.com/veille/clever-link/faut-il-passer-au-libr(...)
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Domaine_public%2C_en_droit_de_la_propr(...)