• [^] # Ce n'est qu'un début, poursuivons l'élévation du Débat !!

    Posté par . En réponse au journal Les partisans du logiciel libre sont-ils des communistes ?. Évalué à 10.

    > Ça me fait penser à l'image qu'avait Marx du communisme, donc, bon, chacun voit midi à sa porte :)

    Même si je suis très mal placé pour défendre le capitalisme, l'honneteté intellectuelle (et mon goût pour les plaidoieries paradoxales !!) m'oblige à relever que le système capitaliste ne vise pas la souffrance des hommes (et, d'ailleurs, que Marx n'a jamais souhaité le goulag, les purges ou les famines artificielles d'ailleurs).
    Comme la théocratie, l'absolutisme monarchique, le féodalisme économique (les trois corps de la société), les théories confucéennes de la société : tous les paradigmes sociaux qui semblent aujourd'hui obsolètes à nos yeux d'occidentaux vaguement démocrates portaient une vision de Salut ou de Bien-être. Aucun de ces modèles sociaux ne s'envisageait comme un modèle de souffrance, d'alinéation et de coercition contre le Bonheur des individus : on se "réalisait" dans son état (chevalerie/priatores/travailleurs), dans sa caste, dans son statut.

    Plus intéressant, un des pêres idéologues du libéralisme économique, Adam Smith (à la suite de J-B. Say pour les puristes un peu franchouillards ;) avait une vision extrèmement noire du profit (je ne l'ai appris que très récemment). Sa sincérité dans la formulation du Postulat de la Main Invisible était certainement totale. Le capitalisme tel qu'il est défendu aujourd'hui par de prétendus "liberaux" lui ferait sans doute horreur.

    Quant aux ascendances idéologiques de certains "pêres fondateurs" du Libre, quand imbolcus déclare :

    > Quand au fond du probleme (partisans du libre = communistes) je pense qu'au contraire, les partisans du libre sont plutot du cote du capitalisme... mais du "bon" capitalisme,

    je pense qu'il n'est pas loin d'avoir raison, modulo une terminologie erronnée. ce n'est pas au"capitalisme" auquel il fait faire référence, lequel désigne un fonctionnement économique dans lesquels les détenteurs de la puissance économique domine nécessairement les autres domaines (je n'utilise pas "champs" à dessein : je ne suis pas les Inrocks moi, je ne fais des synthèses guignolesques Bourdieu-Marx-Lacan-Gandhi à trois sous pour impressionner le chaland...). En l'occurence le terme "libéralisme" comme courant de pensée et aspiration émancipatrice me semble plus valable.

    Et là incontestablement, que ce soit un RMS (qui me semble très proche intellectuellement de son ex-collègue N. Chomsky) ou un Eric S. Raymond avec sa reformulation "bazardeuse" de la main invisible. A titre personnel, je pense que, là, on verse dans la foutaise et c'est pour celà que je n'ai pas d'affinité avec les "libertariens" auxquels je rattache toutes ces personnalités (c'est certainement un amalgame mais parfaitement défendable au vu des convergences idéologiques). L'idée d'un projet humain purement collaboratif, sans expression d'une autorité est une parfaite lubie. Vous pouvez aller voir comment sont gérés les SCOP "en vrai", il faut bien un pigeon pour les prendre les décisions qui fâchent quand tout le monde part dans tous les sens...[pour les saint thomas]. Vous pouvez aussi lire quelques ouvrages de sociologie [pour les livresques].

    Par contre sur un point, je ne peux pas suivre du tout le sieur Imbolcus :

    > Le capitalisme tel qu'il est enseigne et pas tel qu'il est pratique.
    > Le capitalisme qui est seduisant... que sur le papier.

    La confusion est ici évidente ; le capitalisme, comme le communisme, est une praxis, il se définit par l'action, par un fonctionnement in vivo. On étudie le socialisme ou le libéralisme, on observe des sociétés communistes (ou prétendant l'être) et des sociétés capitalistes (qui se déguisent sous les habits plus probe du libéralisme).
    Je ne peux pas avoir la moindre mansuétude pour le capitalisme, c'est un système socialement et humainement infâme. La société proprement capitaliste dans laquelle nous vivons aujourd'hui n'est pas pervertie : elle est authentique : le triomphe de celui qui possède plus que l'autre est quasi-assuré par des mécanismes de marché sauf impondérable probabilistiquement infime (vous pouvez glisser les LL là-dedans...) :
    - il y a une loi pénible, changeons la Loi [financement illégal des partis : marché ! ; lobbying : marché !],
    - on veut m'appliquer une Loi néfaste, faisons obstruction à la Loi [altération de l'information des consommateurs par la publicité : marché ! ; élimination des cocnurrents par rachat ou dumping : marché !],
    - j'ai eu la main trop lourde pour esquiver l'application de Loi déjà bien émoussée ? eh bien retardons l'échéance pour consolider des positions acquises en forteresse inexpugnables [ défense optimale d'intérêts économiques par les meilleurs techniciens : marché ! ; neutralisations des contestaires les plus dangereux par un partage marginal des revenus du monopole (transaction financière) : marché !]
    Techniquement il n'y jamais eu sur cette planète de groupement humain authentiquement libéral, certaines formes de socialismes agraires primitifs étant par contre relevées (à approfondir...).

    En conclusion je reprendrai une de mes antiennes favorites : les Hommes se sont inventés des idoles pour cesser de réflechir. Les arrières-pensées des protagonistes importent peu pourvu qu'isl codent bien (Machiavel à l'ère du numérique, une grande différence scandaleusement diffamée...).

    Yojik77 --v