• # médiathèque et logiciel libre

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal La médiathèque et le logiciel libre. Évalué à 6.

    Bonjour tout le monde,

    la question m'intéresse au plus haut point et me donne l'occasion de mettre mon grain de sel sur un article linuxfr qui ne part pas en troll.

    Le milieu des bibliothèques est un milieu *vraiment* secoué par le logiciel libre du coté des applications *métiers*.
    Installer un poste avec un KDE ou un firefox, c'est "facile". Là ou c'est plus remarquable, c'est lorsque les applications métiers migrent vers du libre.
    Depuis pas mal d'années, les SIGB (Systèmes Intégrés de Gestion de Bibliothèques) sont édités par des éditeurs de logiciels propriétaires.
    Qui, pour quelques uns, font la satisfaction des utilisateurs. Et, pour pas mal ,font la colère des utilisateurs.
    Pourquoi ? Parce qu'un SIGB, on le choisit pour 8 ans en moyenne. Donc une éternité. Et avec X¤ d'achat de licence, il y a 15%/an de frais de maintenance, dans lesquels on n'a généralement pas de garantie sur ce qu'il y aura dans la maintenance.
    Et on a vu des bibs (je ne citerai pas de nom) être obligée de repasser par la case "chéquier" pour migrer une version majeure. Ce qui a pour conséquence un certain, disons, désappointement des décideurs.

    Ajoutons à cela que le milieu des bibliothécaires est un milieu tout petit (en 2 listes de discussion biblio-fr et adbs-infos, on touche 80% de la profession !!!), avec 1 école nationale (ENSSIB) et quelques autres cursus.

    Et on comprend mieux l'apparition de "trublions" comme Koha et PMB. Je ne parlerai pas de PMB que je connais peu, mais plus de Koha (voir signature ;-) )
    C'est un logiciel qui atteint la maturité et qui n'a aujourd'hui plus grand chose à envier aux "grands". Il est utilisé par des bibliothèques ayant un fonds se chiffrant en x00 000 de documents (de tous types), comme par des petites bibs de 1000 livres (chercheurs CNRS par exemple).
    C'est tellement vrai qu'il y a maintenant des appels d'offre publics qui citent explicitement Koha (voir le BOAMP pour les plus curieux)

    Le succès est dû aussi au support (payant) que certains proposent autour du produit, et qui est déjà à l'origine de plusieurs emplois en France. Un logiciel métier, cela pose des contraintes tout à fait différentes d'un logiciel de type bureautique ou autre.

    voili voilou, c'était ma minute pub.

    PS : j'ai fait une démo de Koha à charleroi l'an passé. Il y avait une bonne centaine de personnes. Le principal handicap, amha, c'est le manque de support d'une entreprise Belge (moi je suis à Marseille, alors, ce n'est pas vraiment possible...
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    Paul Poulain, consultant indépendant
    responsable francophone de Koha (www.koha-fr.org), Release Manager de la version 2.2 actuelle, impliqué dans Koha depuis 3 bonnes années.