«Posons-nous la question différemment : qu'est-ce qu'on *ne peut pas changer* dans Linux sans que ça ne soit plus Linux ? Le noyau.»
Tu définis le système d'exploitation comme étant le noyau, puis tu démontres que l'on ne peut pas changer le noyau sans changer le système d'exploitation, c'est un peu bancal.
Justement l'objet de ma question était de comprendre pourquoi est-ce que les gens considèrent que leur système d'exploitation est leur noyau.
«Tout le temps. Ce n'est pas parce que tu l'oublies qu'il n'en est pas moins important.»
Non, je ne suis presque jamais "en contact" (j'insiste sur le terme) avec le noyau. Je suis en contact avec des logiciels, qui eux-même sont en contact avec le noyau. C'est la notion d'interface: le noyau est une interface pour parler au matériel, et les logiciels utilisateurs sont une interface pour parler au noyau (en gros).
J'utilise le noyau, indirectement, mais je ne suis pas en contact avec lui. En ce qui me concerne, ma distribution pourrait bien remplacer le noyau Linux par un autre, je n'aurais pas de moyen de voir la différence si l'interface avec laquelle je suis en contact ne change pas.
Donc, pour reprendre le style de ta question, que peut-on changer dans mon système sans changer la nature de mon système ? Tout ce qui est "en dessous" de l'interface avec laquelle je suis en contact. Ok, peut-être que beaucoup de choses auront changé, mais si je n'ai aucun moyen de m'en rendre compte, je considère que ça n'a pas changé, c'est toujours "mon système".
«L'oublier sous prétexte qu'il ne dialogue pas directement avec l'utilisateur, est une erreur à mon sens.»
Je n'essaye pas de te convaincre que le noyau est inutile, ou moins utile que les autres logiciels. Je me demande pourquoi, pour reprendre tes mots, l'utilisateur associe mentalement son système avec un logiciel avec lequel il "ne dialogue pas directement".
C'est à mon avis le coeur du problème (mais peut-être que je suis le seul à m'interroger là dessus :)
«Mais au-delà de ça, si je dois nommer _le_ projet avec lequel je suis le plus en contact, il y en a deux, et ce ne sont pas des projets GNU : c'est XFree86/XOrg et KDE/Qt.»
Prenons un utilisateur (non développeur) de KDE, et mettons-le sous FreeBSD, en conservant KDE et la structure de son système de fichiers. D'un point de vue objectif, on a changé son système d'exploitation, ce n'est plus ni GNU ni Linux :)
Mais aura-t-il l'impression d'utiliser autre chose ? Si pour lui c'est la même chose, pour quelle raison devrait-il appeler son (ancien) système Linux, et le nouveau FreeBSD, plutôt qu'appeler les deux systèmes "KDE" ? S'il aime faire la distinction, d'accord, mais y a-t-il une raison profonde à ça ?
(Encore une fois, ce n'est que du capillotractage, j'appelle mon système Debian (ou Ubuntu, selon duquel je parle. Mais je trouve la question intéressante et pas souvent posée.)
[^] # Re: C'est un peu court, jeune homme...
Posté par Yusei (Mastodon) . En réponse au journal RMS et son "reality distortion field". Évalué à 2.
Tu définis le système d'exploitation comme étant le noyau, puis tu démontres que l'on ne peut pas changer le noyau sans changer le système d'exploitation, c'est un peu bancal.
Justement l'objet de ma question était de comprendre pourquoi est-ce que les gens considèrent que leur système d'exploitation est leur noyau.
«Tout le temps. Ce n'est pas parce que tu l'oublies qu'il n'en est pas moins important.»
Non, je ne suis presque jamais "en contact" (j'insiste sur le terme) avec le noyau. Je suis en contact avec des logiciels, qui eux-même sont en contact avec le noyau. C'est la notion d'interface: le noyau est une interface pour parler au matériel, et les logiciels utilisateurs sont une interface pour parler au noyau (en gros).
J'utilise le noyau, indirectement, mais je ne suis pas en contact avec lui. En ce qui me concerne, ma distribution pourrait bien remplacer le noyau Linux par un autre, je n'aurais pas de moyen de voir la différence si l'interface avec laquelle je suis en contact ne change pas.
Donc, pour reprendre le style de ta question, que peut-on changer dans mon système sans changer la nature de mon système ? Tout ce qui est "en dessous" de l'interface avec laquelle je suis en contact. Ok, peut-être que beaucoup de choses auront changé, mais si je n'ai aucun moyen de m'en rendre compte, je considère que ça n'a pas changé, c'est toujours "mon système".
«L'oublier sous prétexte qu'il ne dialogue pas directement avec l'utilisateur, est une erreur à mon sens.»
Je n'essaye pas de te convaincre que le noyau est inutile, ou moins utile que les autres logiciels. Je me demande pourquoi, pour reprendre tes mots, l'utilisateur associe mentalement son système avec un logiciel avec lequel il "ne dialogue pas directement".
C'est à mon avis le coeur du problème (mais peut-être que je suis le seul à m'interroger là dessus :)
«Mais au-delà de ça, si je dois nommer _le_ projet avec lequel je suis le plus en contact, il y en a deux, et ce ne sont pas des projets GNU : c'est XFree86/XOrg et KDE/Qt.»
Prenons un utilisateur (non développeur) de KDE, et mettons-le sous FreeBSD, en conservant KDE et la structure de son système de fichiers. D'un point de vue objectif, on a changé son système d'exploitation, ce n'est plus ni GNU ni Linux :)
Mais aura-t-il l'impression d'utiliser autre chose ? Si pour lui c'est la même chose, pour quelle raison devrait-il appeler son (ancien) système Linux, et le nouveau FreeBSD, plutôt qu'appeler les deux systèmes "KDE" ? S'il aime faire la distinction, d'accord, mais y a-t-il une raison profonde à ça ?
(Encore une fois, ce n'est que du capillotractage, j'appelle mon système Debian (ou Ubuntu, selon duquel je parle. Mais je trouve la question intéressante et pas souvent posée.)