• [^] # Re: BORDEL, VOUS ALLEZ APPRENDRE À LIRE ENTRE LES LIGNES ????

    Posté par . En réponse au journal "Piratage": premières poursuites. Évalué à 3.

    Le point 1. du P2P est un point faible, pas un point fort. S'il est nécessaire de contribuer également au réseau P2P pour avoir un bon taux de download, il ne doit pas être nécessaire de contribuer du tout pour avoir un taux minimum de download. Sinon, c'est évident, le P2P va se casser la gueule pratiquement/légalement.

    Le point 2. est parfaitement juste. Mais si l'on prend en compte l'argument de copie privée, on s'en fout, le copieur n'agissant que pour son compte personnel n'ayant pas à prendre en compte la source du contenu (lire l'article du CPI sur l'exception de copie privée, et constater qu'il n'est nullement dit explicitement qu'il faut que la source de la copie soit légale).

    Le point 3. ne tient pas plus. On peut se douter que le fichier que l'on télécharge n'est pas régulièrement disponible en ligne, mais comme la copie privée permet de copier n'importe quel CD prêté ou emprunté à la bibliothèque... même réflexion que pour le point 2.

    Maintenant, quand à savoir si le téléchargement rentre dans le cadre de la copie privée, on n'en sait rien encore, cela a encore à être tranché, car :
    • la loi ne permet pas de dire explicitement le contraire,
    • aucune décision de justice ne dit le contraire non plus ; mieux, les quelques décisions étrangères traitant spécifiquement du téléchargement l'assimilent à la copie privée (Pays-Bas, Canada, notamment),
    • les litiges en justice ne portent pas sur le téléchargement, mais sur la remise à disposition.

    Le P2P ne se limitant pas aux seuls logiciels existants, et au seul usage "je lance mon logiciel, je recherche, je télécharge" (pensez blogs/rss/bittorrent, par exemple, comme système de filtrage/promotion éditoriale de contenus), le P2P n'est pas nécessairement en danger, en tant que techno permettant la mise en commun de connaissances et de ressources.

    Mais bien évidemment, une ressource irrégulièrement disponible sur le réseau doit être retirée. Il n'y a pas de raison particulière pour que le travail d'un auteur, d'un compositeur, d'un interprète, et de la chaine technique derrière se retrouve gratuitement diffusée sur le net alors même que le coût de production n'a même pas encore été amorti.

    Certains diront que c'est le problème des distributeurs classiques, des majors et de leurs marges, mais c'est aussi en partie prendre en otage les producteurs à la source. Autre piste, aller directement à la rencontre des premiers concernés : les auteurs-compositeurs, et travailler avec eux, au lieu de laisser les majors le faire eux-mêmes.