• # Le vrai coût de l'Open Source

    Posté par . En réponse au journal Les logiciels libres sont forcément mieux !. Évalué à 3.

    Extrait de mon rapport de fin d'année (je suis en école de commerce). Comme vous pourrez le lire, le sujet est l'enjeu d'une migration Microsoft® Windows® --> Linux en entreprise.

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    2.4 D'un point de vue économique
    D'un point de vue économique, et sans établir une complète étude des coûts liés à l'OpenSource, nous pouvons dresser un portrait des enjeux globaux et identifier les points positifs comme négatifs d'une migration. L'article « Le vrai coût de l'OpenSource » paru dans le magazine « Le Monde informatique » du 30 janvier 2004 nous servira notamment de base et de référence.

    Par de là les simples coûts de licence, l'article identifie clairement quatre sources majeures de coûts d'une migration:
  • Les coûts matériels et logiciels
  • Les coûts de migration propre
  • Les coûts d'administration
  • Les coûts de support


  • Les coûts matériels dépendent de la plateforme éxistantes. Les migrations d'Unix vers Linux sous-entendent un changement de matériel extrèmement avantageux pour l'investisseur sans changement radical de logiciels (ceux-ci sont compatibles: Unix et Linux sont deux systèmes basés sur la même norme: POSIX). Les gains en coûts matériels sont annulés lorsque la migration s'effectue depuis Microsoft® Windows®: les plateformes matérielles sont identiques.

    Les coûts logiciels ne s'estiment pas qu'aux simples licences. Ils englobent également la facilité de développement de nouvelles applications et de leur déploiement. Dans une structure exclusivement Linux, les coûts logiciels chutent. Mais dans un environnement mixte (Linux/Microsoft® Windows®), ceux ci sont difficilement arbitrables et dépendent notamment du système d'information de la société: sur quelle application repose-t-il? Comment circule l'information et comment est elle traitée? Dans le cas d'une migration de Microsoft® Windows® vers Linux, la recherche d'équivalence joue un rôle majeur. Si chaque application utilisée trouve son pendant, les coûts logiciels sont réduits. On assistera alors à un « déplacement des coûts » vers les coûts de formation. Ceux ci sont considérés comme étant « de migration propre ».

    Les coût de migration propre sont principalement constitués par la formation. Celle ci est doublement coûteuse : elle n'est que rarement gratuite et nécessite du temps. La SSLL Net2S « estime qu'il faut cinq jours pour former à Linux des professionnels certifiés sur Windows ». Cinq jours à temps plein pour un personnel qualifié et qualifiable.
    L'un des avantages de Linux énoncé dans l'article est sa liberté de téléchargement: le personnel peut télécharger Linux et s'y entrainer seul (parfois sans même l'installer), contrairement à d'autres outils de travail spécifique et propriétaire. Pour que cela fonctionne, il est important d'être ferme quant à l'instauration de l'outil, c'est à dire « ne pas laisser d'autre choix » à l'employé. La formation est un passage nécessaire de la vie d'entreprise qui se rentabilise dans le temps mais aussi et surtout dans l'usage. Plus la migration sera effectuée de façon complète, et plus cette phase sera rentable. Au magazine de citer Dave Dargo, vice-président du programme Linux d'Oracle : « Les clients qui adoptent simplement Linux aux côtés de leurs autres OS ne feront probablement aucune économie ».

    L'article du « Monde informatique » intègre aux coûts de migration l'ensemble des « coûts cachés » qui peuvent surgir lors d'une migration. Par nature, ceux ci ne peuvent être listés, toutefois on peut les prévoir budgétairement. David Margulus et Reynald Fléchaux (auteurs de l'article) citent en exemple « Le code qu'il faudra peut être récrire, les données à migrer, les travaux d'intégration ».

    Les coûts d'administration ramenés simplement aux salaires et aux dépenses de l'administrateur système, auxquels pourront être ajoutés les budgets de sécurité informatique. Sur ces points, la tendance actuelle du marché est favorable à une migration vers Linux. L'administration du système a plus d'un point commun avec les services de support : pouvant être externalisée comme traitée en interne, elle ne fait appel qu'au savoir et au savoir-faire.

    Les coûts de support, enfin, représentent une démarcation forte entre Linux et Microsoft® Windows®. Car il s'agit de méthode: si une entreprise peut sous-traiter le support sur plateforme Microsoft® Windows®, elle ne pourra réclamer de « modification à la demande » du système. Les solutions à ses problèmes ne peuvent intervenir qu'en surcouche du système. Linux appartenant à la fois à tous et à personne, une entreprise migrante nécessitant du support n'aurait que l'embarras du choix dans le prestataire de service de support. Contrairement au cas précédent, l'ensemble des outils y compris le système lui-même peut être directement modifié selon les souhaits du client. Une entreprise peut même aller jusqu'à se doter de son propre support en interne, seul les compétences (et donc la formation) y sont nécessaires.

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