Ce n'est pas le droit à la propriété qui est remis en cause, c'est l'abus de position dominante. Pour ma part, je ne trouve pas très normal de devoir verser un loyer tous les mois à un type dont le seul mérite dans l'existence est de posséder 4 murs. Alors oui, il paye des intérêts à son banquier, pendant 15 ans, ensuite il se rachète un appartement au bout de 15 ans, et ainsi de suite. Ce profit, il le réalise avec "mon argent", le fruit de mon travail, au seul titre qu'il est arrivé dans la vie avec une mise de départ et moi non (ou que le banquier est son ami, et qu'il lui a consenti un prêt qui m'a été refusé). Bref, on est dans un système basé sur la transmission de privilèges sans rapports avec le mérite individuel, donc non, ça ne me semble pas naturel. Ça fait peut-être de moi un méchant iconoclaste, mais c'est ainsi. Par rapport à ton intervention lapidaire, je trouve que tu fais un procès d'intentions complètement injustifié à ton interlocuteur, en définissant toi-même ce qu'il cautionne et ce qu'il remet en cause.
Tu parles de "fondement millénaire de nos sociétés occidentales", c'est très joli, lyrique même, mais qu'y a-t-il derrière ? Le droit à la propriété dans la société romaine, par exemple, reconnait une caste de "possédant", qui doivent le plus souvent leurs terres à l'usage de la force, et se transmettent le privilège d'exploiter une clientèle dépouillée de droits civiques (et pour cause, seuls les propriétaires sont citoyens). Les sociétés occidentales ne sont pas les seules à être basées sur la propriété, et réciproquement ce n'est pas leur seule assise: la famille, les valeurs morales et la religion en sont d'autres, avec une influence plus ou moins grande suivant les époques. Réduire notre civilisation au droit à la propriété, c'est adhérer au nouveau credo ultra-libéral selon lequel la propriété (et par extension, la propriété intellectuelle) est tout, le capitalisme libéral est le seul système économique viable, il n'y a aucune alternative, c'est prouvé scientifiquement. Or ce n'est pas vrai. D'une part, ce système est sans doute le plus mauvais de tous ceux qu'on aurait pu choisir: il favorise la concentration des richesses, aggrave les inégalités sociales, et berce tout le monde de la douce illusion que "ce n'est pas grave que la vie soit dure, parce que n'importe qui peut réussir, s'extraire de sa condition misérable et faire fortune, il suffit de capitaliser.
Pour résumer, ce n'est pas parce qu'on fait quelque chose depuis 2000 ans que c'est bien.
[^] # Re: le libre, la mode et la bourse...
Posté par Polaris . En réponse au journal le libre, la mode et la bourse.... Évalué à 4.
Tu parles de "fondement millénaire de nos sociétés occidentales", c'est très joli, lyrique même, mais qu'y a-t-il derrière ? Le droit à la propriété dans la société romaine, par exemple, reconnait une caste de "possédant", qui doivent le plus souvent leurs terres à l'usage de la force, et se transmettent le privilège d'exploiter une clientèle dépouillée de droits civiques (et pour cause, seuls les propriétaires sont citoyens). Les sociétés occidentales ne sont pas les seules à être basées sur la propriété, et réciproquement ce n'est pas leur seule assise: la famille, les valeurs morales et la religion en sont d'autres, avec une influence plus ou moins grande suivant les époques. Réduire notre civilisation au droit à la propriété, c'est adhérer au nouveau credo ultra-libéral selon lequel la propriété (et par extension, la propriété intellectuelle) est tout, le capitalisme libéral est le seul système économique viable, il n'y a aucune alternative, c'est prouvé scientifiquement. Or ce n'est pas vrai. D'une part, ce système est sans doute le plus mauvais de tous ceux qu'on aurait pu choisir: il favorise la concentration des richesses, aggrave les inégalités sociales, et berce tout le monde de la douce illusion que "ce n'est pas grave que la vie soit dure, parce que n'importe qui peut réussir, s'extraire de sa condition misérable et faire fortune, il suffit de capitaliser.
Pour résumer, ce n'est pas parce qu'on fait quelque chose depuis 2000 ans que c'est bien.