Je rebondis ici. Après tout, les puces, c'est mon métier...
Oui, je pense que le modèle du libre ne peut pas bien s'appliquer au monde des puces. Au moins, en l'état.
Une puce, c'est beaucoup de spécialistes différents pour une réalisation. Cela dépend
1) de la technologie
2) du fondeur utilisé
3) des architectes du projet
4) des pisseurs de VHDL pour le numérique
5) des analogiciens pour la partie analogique
6) des gens de l'implémentation physique
7) des gens du test
8) des gens du process
9) des gens du packaging
10) de la fracturation
11) des logiciels utilisés (plusieurs dizaines de différents dont les licences commencent à 10 k$ et vont jusqu'à 200 k$... par an.)
12) etc.
Chaque partie regroupe plusieurs personnes, voire plusieurs dizaines suivant le produit. Il y a peu de personnes dans le monde qui travaillent dessus (par rapport à la masse des informaticiens). Je pense que l'ensemble des ingénieurs de la micro-électronique, toute spécialité confondue, regroupe moins de 10 000 personnes.
Un circuit de taille importante, disons plusieurs millions de transistors, demande des ressources machines très importantes. On ne peut rien faire sans machine à 2 Go de mémoire vive (minimum: certaines parties de la réalisation demande beaucoup plus de ressources...). Bref, bienvenue dans le monde Unix 64 bits...
Pour faire ce type de circuit, il faut donc plusieurs dizaines de machines de ce type, plus des ressources de stockage important (plusieurs dizaines de giga-octets minimum). Il faut pouvoir aussi communiquer entre les différentes équipes des bases de données conséquentes (même zipées, elles font entre 100 Mo et 1 Go...).
Chaque équipe a sa série de logiciels dédiés commerciaux (dont le coût des licences croit de façon inversement proportionnel avec le nombre d'utilisateurs...). Chaque logiciel est généralement une usine à gaz qui font de Gnome (tout confondu) un aimable petit logiciel... Les versions se succèdent généralement mensuellement, voire plus fréquement. On en travaille jamais avec une version stable. La plupart du temps, on a une date comme numéro de version (comme pour les habitués des cvs). La technologie bouge vite...
Bref, il serait quasi-impossible de suivre ce modèle sur celui du libre: un développement perpétuel pour quelques dizaines d'utilisateurs ne serait pas viable.
Enfin, il y a le prix des masques (entre 100 000 $ et 500 000 $) pour tester un circuit. Sans compter le prix faramineux des testeurs...
Tout cela pour faire un circuit qui fonctionne dans une techno (c'est-à-dire pour une taille de grille de transistor donnée) et poure un seul fondeur. Quasiment autant de boulot pour le porter chez un autre fondeur !!!
Bref, un circuit en développement peut sans problème coûter plusieurs millions à plusieurs dizaines de millions de dollars... juste pour la réalisation... et sans compter les salaires des gars qui travaillent dessus.
Ensuite viennent la fabrication et le packaging. Un processeur comme le pentium II (je crois...) coûtait à Intel près de 85 dollars à fabriquer (silicium, boitier, packaging et test fonctionnel). Cela parce qu'il en sortait plusieurs dizaines de millions par an ! Et qu'une boîte comme Intel maîtrise parfaitement le process pour son produit... et qu'ils obtiennent des rendements extraordinaires ! Combien va coûter un produit qui démarrera tout doucement ? Que personne en process ne connaît ? Qui va avancer les (dizaines de ) millions de dollars ?
Croyez bien qu'en tant que fidèle supporteur du libre, j'aimerai avoir aussi des architectures libres mais dans le monde de la haute technologie, les coûts sont tels que ce ne sera pas possible tout de suite. Du moins en l'état.
Au fait, une « fab » de 0.25 um coûte à fabriquer plus d'un milliard de dollars. Le coût journalier horaire doit se situer environ à 100 000 dollars... Pour ceux qui auraient l'idée de sortir une usine de terre rien que pour le libre :-)
Voilà, j'espère que cela donnera des repères à tout le monde.
[^] # Re: L ' interet de promouvoir linux pour les entreprises produissant du hard !in
Posté par freePK . En réponse à la dépêche HP choisit DEBIAN. Évalué à 1.
Oui, je pense que le modèle du libre ne peut pas bien s'appliquer au monde des puces. Au moins, en l'état.
Une puce, c'est beaucoup de spécialistes différents pour une réalisation. Cela dépend
1) de la technologie
2) du fondeur utilisé
3) des architectes du projet
4) des pisseurs de VHDL pour le numérique
5) des analogiciens pour la partie analogique
6) des gens de l'implémentation physique
7) des gens du test
8) des gens du process
9) des gens du packaging
10) de la fracturation
11) des logiciels utilisés (plusieurs dizaines de différents dont les licences commencent à 10 k$ et vont jusqu'à 200 k$... par an.)
12) etc.
Chaque partie regroupe plusieurs personnes, voire plusieurs dizaines suivant le produit. Il y a peu de personnes dans le monde qui travaillent dessus (par rapport à la masse des informaticiens). Je pense que l'ensemble des ingénieurs de la micro-électronique, toute spécialité confondue, regroupe moins de 10 000 personnes.
Un circuit de taille importante, disons plusieurs millions de transistors, demande des ressources machines très importantes. On ne peut rien faire sans machine à 2 Go de mémoire vive (minimum: certaines parties de la réalisation demande beaucoup plus de ressources...). Bref, bienvenue dans le monde Unix 64 bits...
Pour faire ce type de circuit, il faut donc plusieurs dizaines de machines de ce type, plus des ressources de stockage important (plusieurs dizaines de giga-octets minimum). Il faut pouvoir aussi communiquer entre les différentes équipes des bases de données conséquentes (même zipées, elles font entre 100 Mo et 1 Go...).
Chaque équipe a sa série de logiciels dédiés commerciaux (dont le coût des licences croit de façon inversement proportionnel avec le nombre d'utilisateurs...). Chaque logiciel est généralement une usine à gaz qui font de Gnome (tout confondu) un aimable petit logiciel... Les versions se succèdent généralement mensuellement, voire plus fréquement. On en travaille jamais avec une version stable. La plupart du temps, on a une date comme numéro de version (comme pour les habitués des cvs). La technologie bouge vite...
Bref, il serait quasi-impossible de suivre ce modèle sur celui du libre: un développement perpétuel pour quelques dizaines d'utilisateurs ne serait pas viable.
Enfin, il y a le prix des masques (entre 100 000 $ et 500 000 $) pour tester un circuit. Sans compter le prix faramineux des testeurs...
Tout cela pour faire un circuit qui fonctionne dans une techno (c'est-à-dire pour une taille de grille de transistor donnée) et poure un seul fondeur. Quasiment autant de boulot pour le porter chez un autre fondeur !!!
Bref, un circuit en développement peut sans problème coûter plusieurs millions à plusieurs dizaines de millions de dollars... juste pour la réalisation... et sans compter les salaires des gars qui travaillent dessus.
Ensuite viennent la fabrication et le packaging. Un processeur comme le pentium II (je crois...) coûtait à Intel près de 85 dollars à fabriquer (silicium, boitier, packaging et test fonctionnel). Cela parce qu'il en sortait plusieurs dizaines de millions par an ! Et qu'une boîte comme Intel maîtrise parfaitement le process pour son produit... et qu'ils obtiennent des rendements extraordinaires ! Combien va coûter un produit qui démarrera tout doucement ? Que personne en process ne connaît ? Qui va avancer les (dizaines de ) millions de dollars ?
Croyez bien qu'en tant que fidèle supporteur du libre, j'aimerai avoir aussi des architectures libres mais dans le monde de la haute technologie, les coûts sont tels que ce ne sera pas possible tout de suite. Du moins en l'état.
Au fait, une « fab » de 0.25 um coûte à fabriquer plus d'un milliard de dollars. Le coût journalier horaire doit se situer environ à 100 000 dollars... Pour ceux qui auraient l'idée de sortir une usine de terre rien que pour le libre :-)
Voilà, j'espère que cela donnera des repères à tout le monde.
PK