• [^] # Re: Bien choisir son prestataire offshore !

    Posté par . En réponse au journal Bien choisir son prestataire offshore !. Évalué à 7.

    Je pense que l'offshore court-circuite surtout les SSII et entreprises de conseil trop gloutonnes.

    Prenons un exemple : je connais une petite entreprise de conseil qui loue (à long terme, en plus, missions de 6 mois à 1 an) ses consultants chez son client (une grosse entreprise) pour entre 630 et 830 Euros la journée de travail (les grosses entreprises sont encore plus cher !). Soit plus de 18.000 Euros par mois pour le plus cher. Les salariés doivent gagner le quart ou moins que celà en brut.

    Si le client décide de passer en offshore, il aura sans doute du 200 à 300 Euros par jour-homme à payer (le tiers, quoi). Multipliés par des personnes-années, ca fait une économie substantielle. Même si l'on tient compte du fait qu'un projet offshore va demander plus de temps (ou de personnel), vu la moindre productivité (problèmes culturels, de traduction, management à distance, etc...), au total, ca ne devrait pas coûter plus que les 2/3 du prix de la SSII.

    Il est bien plus rentable de passer par des indépendants locaux. Ils demanderont sans doute entre 200 et 400 Euros la journée (à peine plus cher que l'offshore), mais il n'y aura pas les problèmes sus-cités. Donc le projet devrait être réalisé dans le même temps qu'avec les consultants du début. Pour moins de la moitié du prix. Et encore moins cher que l'offshore. Et des travailleurs plus heureux parce qu'ils gagnent bien plus qu'en SSII.

    La seule solution encore moins chère, c'est une équipe avec des salariés de l'entreprise, si l'on suppose qu'ils ont la même productivité qu'une équipe externe (ca peut arriver, quand même, les salariés fixes ne sont pas tous que des moules qui ne font que râler auprès du syndicat ;-) ). Mais si le management n'arrive pas à mettre en place une équipe de projet interne efficace, on peut s'interroger sur sa capacité à gérer efficacement un projet externe...

    L'offshore cause aussi d'autres problèmes :
    * le niveau de vie dans ces pays va notamment augmenter => les prix vont être bientôt moins compétitifs (inflation locale, les devises locales prendront de la valeur).
    * Si l'entreprise décide de miser avec une entreprise étrangère sur le long terme, perte importante de compétences et d'informations vitales (par ex. si le prestataire garde le code source chez lui)
    * Donc dépendance du prestataire, et difficulté d'en changer, s'il décide d'augmenter ses prix.
    * Qui va vérifier la qualité et la conformité du code ? Qu'il n'y a pas de programmes espions ?
    * Qui dit que le prestataire ne va pas revendre après la fin du contrat votre code source et vos secrets à la concurrence ?
    * En cas de désaccord juridique, bonjour les procès internationaux ! Si vous avez un reproche à faire à votre prestataire, le droit qui va s'appliquer en pratique sera sans doute celui du pays offshore, même si votre contrat stipule le contraire. En effet, comment obliger une entreprise viet-namienne (par ex.) à vous rembourser XXX centaines de milliers d'Euros ? Même avec les traités internationaux, celà ne sera pas évident du tout. Les procédures seront très longues, l'entreprise aura le temps de mettre l'argent en lieu sûr et la clef sous la porte bien avant, etc...
    * Passer par des intermédiaires francais (comme décrit dans l'article de JDN) pour avoir une "sécurité juridique" ne fera qu'augmenter les coûts (chaque intermédiaire prenant sa commission...). Encore faut-il que les intermédiaires acceptent de porter le chapeau...
    * Les "meilleures" sociétés offshore augmenteront leurs tarifs pour être à peine moins chères que des solutions locales.

    En conclusion : l'offshore informatique est bien plus hasardeux que l'offshore industriel. Et rapportera à peine, les économies apparentes des premiers temps se muant en nid à problèmes coûteux. Attendez-vous à voir des boîtes qui s'en mordront les doigts sous peu.