Bon, ça m'a bien fait rire au début ton truc parce que je pensais que c'était de l'humour (Est-ce que ça pouvait être quelque chose d'autre ?)
Mais en lisant les commentaires, généralement dénués de tout fondement, je me sens un peu obligé de préciser quelques trucs:
Tu parles notamment des «blocages» qui ont lieu dans l'Éducation (qui ne s'appelle plus Nationale depuis le 2 Mars 2003, sachez-le).
Le mouvement de grève des personnels de l'Éducation, commencé en Mars (bien avant ces histoires de retraite), a pour revendications principales:
- Non à la baisse du nombre d'adultes présents dans les établissements (disparition des aides-éducateurs, des surveillants (soit 40000 postes !), non remplacement des profs partant à la retraite, 1 sur 2 comme dans le reste de la fonction publique).
- Non à la délocalisation et à l'externalisation d'un certain nombre de personnels (Medecins scolaires, Assistants sociaux, Conseillers d'éducation psychologues, Personnels d'entretien, Personnels techniques (labo & Co). Pour ceux-là c'est tout de suite, et la liste ne fera que s'allonger), afin d'éviter la naissance d'inégalités fortes d'éducation entre les régions (selon les moyens et les orientations politiques). L'éducation doit rester Nationale. La même chance pour tous doit être notre objectif.
- Non à la «commercialisation» de l'enseignement. C'est un service qui doit être «offert» à chacun et non vendu, afin que tous puissent à égalité en profiter.
- Oui au progrès dans l'éducation. Il y a d' énormes progrès à faire: moins d'élèves par classe, plus de moyens pour les documentations, l'informatique, les locaux, etc... L'objectif étant un Service Public de qualité, et égal pour tous.
Comme les plus attentifs d'entre-vous l'auront noté, aucune allusion aux pensions des fonctionnaires n'est dans ces revendications. Cette grève, les personnels de l'Éducation ne la font pas pour eux-même, mais pour les élèves.
Et, c'est si nous ne faisons pas cette grève qu'ils seront réellement lésés.
Le reforme des retraites, et son rejet par le public et le privé (20% de la manifestation de mardi 13 Mai) ont permis de donner de l'ampleur au mouvement des professeurs, qui étaient, déjà pour la plupart, en grève reconductible et qui le sont toujours depuis. Cette revendication est venue s'ajouter en queue des autres et c'est tout.
Pour finir sur les «blocages»: il est bon de faire le tri des informations fournies par les médias. Sachez que les professeurs en grève (ce qui est un droit constitutionnel, là encore pour les salariés du public et du privé, comme le droit de manifestation) reçoivent parfois des avis de réquisition du Rectorat, qui n'ont aucune validité légale, pour surveiller des examens (alors qu'il sont en grève). C'est une provocation de l'état, tout simplement. Car ces examens peuvent être surveillés par les enseignants non grévistes (majoritaires en dehors des grandes journées d'action comme mardi 13, lundi 19 ou jeudi 22 par ex). Mais c'est tellement plus drôle de provoquer des profs qui perdent déjà 500 frs par jour de grève pour protéger le Service Public...
Alors, il faudrait peut-être ouvrir les yeux et réaliser que cette grève (qui a d'ailleurs déjà fait gagner 700 millions d'Euros (!!!) à l'état en salaires non versés) est pour le maintient d'un Service Public de qualité. Et, que si blocage il y a, c'est vers les Rectorats qu'il faut se tourner. Et leur demander pourquoi ils choisissent systématiquement de réquisitionner les profs en grève plutôt que de faire appel à ceux qui ne le sont pas.
# Je rigole moins... Et donc j'écris longuement...
Posté par Beurt . En réponse au journal Le service public. Évalué à 7.
Mais en lisant les commentaires, généralement dénués de tout fondement, je me sens un peu obligé de préciser quelques trucs:
Tu parles notamment des «blocages» qui ont lieu dans l'Éducation (qui ne s'appelle plus Nationale depuis le 2 Mars 2003, sachez-le).
Le mouvement de grève des personnels de l'Éducation, commencé en Mars (bien avant ces histoires de retraite), a pour revendications principales:
- Non à la baisse du nombre d'adultes présents dans les établissements (disparition des aides-éducateurs, des surveillants (soit 40000 postes !), non remplacement des profs partant à la retraite, 1 sur 2 comme dans le reste de la fonction publique).
- Non à la délocalisation et à l'externalisation d'un certain nombre de personnels (Medecins scolaires, Assistants sociaux, Conseillers d'éducation psychologues, Personnels d'entretien, Personnels techniques (labo & Co). Pour ceux-là c'est tout de suite, et la liste ne fera que s'allonger), afin d'éviter la naissance d'inégalités fortes d'éducation entre les régions (selon les moyens et les orientations politiques). L'éducation doit rester Nationale. La même chance pour tous doit être notre objectif.
- Non à la «commercialisation» de l'enseignement. C'est un service qui doit être «offert» à chacun et non vendu, afin que tous puissent à égalité en profiter.
- Oui au progrès dans l'éducation. Il y a d' énormes progrès à faire: moins d'élèves par classe, plus de moyens pour les documentations, l'informatique, les locaux, etc... L'objectif étant un Service Public de qualité, et égal pour tous.
Comme les plus attentifs d'entre-vous l'auront noté, aucune allusion aux pensions des fonctionnaires n'est dans ces revendications. Cette grève, les personnels de l'Éducation ne la font pas pour eux-même, mais pour les élèves.
Et, c'est si nous ne faisons pas cette grève qu'ils seront réellement lésés.
Le reforme des retraites, et son rejet par le public et le privé (20% de la manifestation de mardi 13 Mai) ont permis de donner de l'ampleur au mouvement des professeurs, qui étaient, déjà pour la plupart, en grève reconductible et qui le sont toujours depuis. Cette revendication est venue s'ajouter en queue des autres et c'est tout.
Pour finir sur les «blocages»: il est bon de faire le tri des informations fournies par les médias. Sachez que les professeurs en grève (ce qui est un droit constitutionnel, là encore pour les salariés du public et du privé, comme le droit de manifestation) reçoivent parfois des avis de réquisition du Rectorat, qui n'ont aucune validité légale, pour surveiller des examens (alors qu'il sont en grève). C'est une provocation de l'état, tout simplement. Car ces examens peuvent être surveillés par les enseignants non grévistes (majoritaires en dehors des grandes journées d'action comme mardi 13, lundi 19 ou jeudi 22 par ex). Mais c'est tellement plus drôle de provoquer des profs qui perdent déjà 500 frs par jour de grève pour protéger le Service Public...
Alors, il faudrait peut-être ouvrir les yeux et réaliser que cette grève (qui a d'ailleurs déjà fait gagner 700 millions d'Euros (!!!) à l'état en salaires non versés) est pour le maintient d'un Service Public de qualité. Et, que si blocage il y a, c'est vers les Rectorats qu'il faut se tourner. Et leur demander pourquoi ils choisissent systématiquement de réquisitionner les profs en grève plutôt que de faire appel à ceux qui ne le sont pas.