• [^] # DRM : la bonne excuse du piratage de la musique (quatre ans d'âge)

    Posté par . En réponse au journal DRM dans Linux. Évalué à 1.

    Certains avancent l'idée que ça permettrait de lutter contre le piratage.
    devons-nous (pouvons-nous) efficacement nous élever contre cette politique ?


    Le DRM et les lois à la con sont essentiellement "justifiés" par le "piratage" de la musique sur le p2p. L'argument terroriste ne trompe personne.
    Il me semble qu'en trouvant une solution à ce problème précis du mp3, on aura fait un grand pas.

    Or il existe un vieux texte légal adapté pour encadrer la musique sur ce média. Ce bon vieux texte a déja servi abondemment pour la radio et la tv, pour les radios libres. Fort logiquement, il a déja été proposé de s'en servir pour résoudre les cas Napster et Kazaa. En vain.

    Car voilà, ils préfèrent attendre les DRM, quitte à continuer la guerre médiatique absurde du p2p qui bassine tout le monde depuis 1999. :(
    En attendant, ils passent des lois liberticides, les unes après les autres. Ca n'arrête pas. :(

    Je vous suggère de bien étudier ce texte. Il s'agit ici de l'article L. 214-1 du CPI.

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    Lorsqu'un phonogramme a été publié à des fins de commerce, l'artiste interprète et le producteur ne peuvent s'opposer :
    1°) A sa communication directe dans un lieu public, dès lors qu'il n'est pas utilisé dans un spectacle ;
    2°) A sa radiodiffusion, non plus qu'à la distribution par câble simultanée et intégrale de cette radiodiffusion.

    Ces utilisations des phonogrammes publiés à des fins de commerce, quel que soit le lieu de fixation de ces phonogrammes, ouvrent droit à rémunération au profit des artistes-interprètes et des producteurs. Cette rémunération est versée par les personnes qui utilisent les phonogrammes publiés à des fins de commerce dans les conditions mentionnées aux 1° et 2° du présent article.
    Elle est assise sur les recettes de l'exploitation ou, à défaut, évaluée forfaitairement dans les cas prévus à l'article L. 131-4. Elle est répartie par moitié entre les artistes-interprètes et les producteurs de phonogrammes.
    --->8---

    Lisez cet article, bordel.
    La musique sur le p2p relève du premier point, les webradios du second.

    Ca s'appelle la licence légale. Les politiques, les majors, les sociétés d'auteurs connaissent cet article, le pratiquent au quotidien entre eux et savent pertinement que ce texte est important pour l'équilibre culturel, pour l'installation de médias libres. Mais il n'en font pas publicité, sciemment. Aussi Internautes et Artistes ignorent-ils leurs droits. C'est bien dommage et en conséquence, on lit couramment des abérations sur divers forums.

    Extraits du FDI:
    - Personnellement, en tant qu'auteur, je pense qu'on devrait avant tout demander l'avis des artistes avant de balancer leurs oeuvres sur les réseaux P2P. Ce serait la moindre des politesses.

    - L'échange d'informations oui, la diffusion de l'oeuvre sans l'accord du créateur, non.


    De tels discours qui pronent le droit exclusif ne sont _jamais_ argumentés. Vous êtes simplement sensés vous soumettre. Les auteurs-créateurs (de musique) ont raison par définition. Et donc la messe est dite. On oublie un peu vite la licence légale, non ?

    Que faire concrètement pour rentrer dans le cadre de la licence légale ? Il faut coller aux termes utilisés dans l'article 214-1 que j'ai soulignés.

    - On a déja une bataille sur la copie privée ( http://eucd.info(...) ). Il faudrait aussi travailler sur la licence légale. Faire de l'information. C'est complémentaire.

    - Délimiter le p2p à la musique. Il faut éviter d'y mettre des vidéos ou du warez car c'est hors cadre. Condamnons ces pratiques.

    - Affirmer le caractère public du p2p. Si les harcèlements de Retspan continuent, les utilisateurs vont se planquer et se réfugier dans une sphère privée cryptée. Et ils auront perdu toute légitimité. Il faut résister à cette tentation.

    - Accepter le principe de la rémunération équitable. Ca ne peut pas être gratuit. Vous avez dans la vie réelle des modeles de rémuneration equitable qui sont satisfaisant pour tous.

    - Revendiquer le caractère commercial des oeuvres sur le p2p. Ce média ne sera pas un outil de promotion, il sert la culture populaire. Notamment la "musique libre" et les oeuvres gratuites de Coleman n'ont rien à foutre sur le p2p. C'est du spam! Pour la promotion, il existe d'autres vecteurs tels que le web, les ML, les forums, les ftp. Une méthode que je propose pour affirmer le caractère commercial consiste à ne mettre sur le réseau que les oeuvres que vous vous êtes payé à la FNAC ou chez Virgin.

    Voila. Perso, j'en ai rien à battre du p2p. Votre culture est en train de crever, je m'en balance, je boycotte. Je m'insurge parce que c'est un argument foireux pour m'imposer une société liberticide. L'enjeu est ailleurs.
    Les internautes décérébrés creusent leurs tombes.
    Et les artistes coupables de leurs ignorances crasses sont des collabos!

    Alain Souchon : Nous pensons que vous devriez nous demander l'aut(h)orisation.

    Je suis auteur (de logiciels), Alain. La question n'est pas de venir nous expliquer les droits d'auteurs. On cause Culture là : Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté. Oui ou non ?

    Dans quel monde voulez vous vivre ? Un monde où la politesse exigera des chansons sans gros mots, un monde où les chansons n'ayant pas des vers de douze pieds exigeront une autorisation préfectorale ?

    Quant à votre pétition pour la baisse de la tva, je la signerai quand on m'aura prouvé par A+B que les CD sont effectivement des biens culturels. Là, j'ai des doutes et ils sont partagés. :(
    http://blogcritics.org/archives/2002/08/28/204725.php(...)

    PS: la licence légale n'est pas incompatible avec le droit exclusif. Vous pouvez mélanger les deux pour obtenir un système équilibré. Je ne cherche pas à imposer la licence légale obligatoire, je demande juste à ce qu'on cesse cette dictature du droit exclusif imposé. Conjuguons les deux.