• [^] # Re: Ne pas oublier que le but c'est quand même de communiquer ...

    Posté par . En réponse à la dépêche LibreOffice est de sortie !. Évalué à 2.

    Les trois points sont tout à fait acceptables quand on parle d'une administration, mais pour ce qui est d'une boite privée par exemple je trouve les 2 et 3 absurdes, et le 1 contestable. Le principe majeur des logiciels libres, c'est la liberté, et la liberté c'est aussi d'utiliser les logiciels qu'on veut, y compris des logiciels propriétaires. D'ailleurs, la notion de logiciel proprio ou libre quand on parle d'un logiciel privé n'a aucun sens, même dans une administration. Si une administration décide de créer un logiciel métier spécifique, ce logiciel sera propriété de cette administration, il ne sera pas diffusé ni vendu, avec ou sans sources, et par conséquent sa licence n'aura aucune importance.

    Les institutions politiques et la société civile ont des moyens de pression: il peut être par exemple légalement exigé que la communication avec les services de l'État passent par des formats standards, il peut également être interdit d'acheter des licences avec de l'argent public; l'État peut (et devrait) jouer un rôle plus important dans les comités de normalisation pour défendre ses intérets et celui des citoyens. Mais remplacer une liberté (celle associée aux logiciels libres) par une intrusion de la loi dans ce qu'il y a d'installé chez des particuliers ou dans les entreprises, ça seraitune mesure totalement dictatoriale. D'ailleurs, même RMS n'a jamais proposé ça, puisqu'il propose de révolutionner le droit d'auteur associé aux logiciels (en gros, de faire de la distribution du code un droit du consommateur).

    Le point le plus débatable peut-être est celui de la communication entre entreprises, et j'imagine que ce genre de cas est toujours discutable. D'un côté, l'État ne se soucie pas d'intervenir dans la normalisation des conversations privées; il est possible de parler en Tamoul à votre voisin si vous le souhaiter. Des entreprises peuvent également communiquer entre elles de la manière qu'elles souhaitent, mais la subtilité est dans les garanties en cas de conflit, puisqu'un contrat ne peut être valide que s'il respecte certaines conditions, dont la langue dans lequel il est rédigé. Le même genre de subtilités pourraient être utilisées pour normaliser les formats de documents, les gens et les entreprises échagent ce qu'ils veulent, mais les formats de documents non normalisés ne sont pas ganatis légalement. Par exemple, si vous récupérez un morceau de musique en mp8, lisible seulement avec Windows Media SuperTruc 8.2 mais que vous refusez de payer, ce n'est pas à vous de prouver que vous n'avez pas pu utiliser le fichier (et refuser de fournir l'équivalent dans un autre format serait associé à un refus de vente). Mais bon, tout ça reste assez tordu, du moment qu'il existe un affichage clair des standards, après tout, ça reste la liberté des gens d'acheter n'importe quoi.