"Sinon pour l'aspect pointilleux du personnage concernant certains termes, personnellement je comprends. Ça doit être agaçant d'avoir à toujours reprendre les gens sur des termes que vous tenez à coeur. Au bout d'un moment, on peut vouloir prévenir à l'avance"
Ce n'est pas tant le fait d'être agacé qui est en jeu que de comprendre que le mouvement pour le logiciel libre est en guerre sémantique.
Par exemple, si j'utilise le terme de "mesure technique de protection" j'évoque inconsciemment quelque chose de positif ; vouloir protéger, par exemple, sa vie privée est des plus légitime. Ce faisant j'en arrive à accepter les DRM. En revanche si je dis "menottes numériques" ou "dispositifs de contrôle d'usage", la puissance d'évocation n'est pas la même. Et n'est-ce pas ce que sont réellement les DRM : des dispositifs de contrôle d'usage ?
De plus, le mouvement pour le logiciel libre, comme son nom l'indique, ne peut rester vivant que s'il s'inscrit dans une pensée en mouvement. Quelqu'un fit par exemple observer, en Espagne, à Stallman que le mot "propriétaire" pouvait être légitime, par exemple être propriétaire de sa maison. Le mot "logiciel propriétaire" pouvait donc entraîner une confusion avec les biens physiques. Stallman reprit donc à son compte l'observation de son interlocuteur et recommanda "logiciel privateur" ; les logiciels "propriétaires" sont des logiciels "privateurs de liberté".
[^] # Re: RMS et Emacs
Posté par Charlie_N . En réponse à la dépêche Richard Stallman: 2 conférences à Paris. Évalué à 4.
Vous avez écrit :
"Sinon pour l'aspect pointilleux du personnage concernant certains termes, personnellement je comprends. Ça doit être agaçant d'avoir à toujours reprendre les gens sur des termes que vous tenez à coeur. Au bout d'un moment, on peut vouloir prévenir à l'avance"
Ce n'est pas tant le fait d'être agacé qui est en jeu que de comprendre que le mouvement pour le logiciel libre est en guerre sémantique.
Par exemple, si j'utilise le terme de "mesure technique de protection" j'évoque inconsciemment quelque chose de positif ; vouloir protéger, par exemple, sa vie privée est des plus légitime. Ce faisant j'en arrive à accepter les DRM. En revanche si je dis "menottes numériques" ou "dispositifs de contrôle d'usage", la puissance d'évocation n'est pas la même. Et n'est-ce pas ce que sont réellement les DRM : des dispositifs de contrôle d'usage ?
De plus, le mouvement pour le logiciel libre, comme son nom l'indique, ne peut rester vivant que s'il s'inscrit dans une pensée en mouvement. Quelqu'un fit par exemple observer, en Espagne, à Stallman que le mot "propriétaire" pouvait être légitime, par exemple être propriétaire de sa maison. Le mot "logiciel propriétaire" pouvait donc entraîner une confusion avec les biens physiques. Stallman reprit donc à son compte l'observation de son interlocuteur et recommanda "logiciel privateur" ; les logiciels "propriétaires" sont des logiciels "privateurs de liberté".
Cordialement