L'argument de la saturation du réseau c'est une très vieille rengaine en ingénierie réseau. Fait des recherches sur "exaflood" c'était le terme que Cisco et d'autres aimaient employer pour vendre leurs équipements. Internet allait s'effondrer à cause de la voix et de la video.
L'argument à avancer c'est que les opérateurs sont de gros hypocrites. En 2000 suite à la bulle Internet, ils se sont retrouvés avec une surcapacité monstrueuse du coup ils ont cassé les prix et se sont bien gardés d'investir dans l'infrastructure pendant des années. Bref, ils se sont gavés. Par contre ça accéléré le processus de maturation du marché des opérateurs dans lequel il est désormais devenus très difficiles de dégager des profits confortables (c'est un cas classique d'économie industrielle de mon point de vue).
Maintenant que l'usage rattrape la capacité, ils pleurnichent qu'ils ont besoin de faire des investissements et pour ça ils essayent de tirer de l'argent à tout le monde : aux consommateurs en lui fournissant des services additionnels exclusifs ou en se lançant dans la production de contenu (genre Orange qui est producteur de cinéma maintenant...) et aux fournisseurs de contenus sous prétexte qu'ils utilisent la bande passante que les consommateurs sont pourtant déjà censé avoir payé.
Or, essayer d'augmenter la capacité pour faire face à de la saturation c'est une solution de facilité très coûteuse et pas forcément très intelligente parce que c'est très difficile de calculer de quelle capacité tu as ou vas avoir besoin. La meilleure solution ce serait plutôt d'investir agressivement dans la recherche en réseau pour améliorer un peu le comportement de certains protocoles par rapport à l'usage moderne et aux contraintes des ISP.
Et pour ce qui est de la différentiation de services (de la QoS quoi), ça peut aussi être une solution tant que ce sont les extrémités qui définissent les classes à prioritiser ou pas et pas l'ISP en fonction d'accord commerciaux.
[^] # Re: En vrac
Posté par vjm . En réponse à la dépêche Michel Riguidel et la Hadopi. Évalué à 9.
L'argument à avancer c'est que les opérateurs sont de gros hypocrites. En 2000 suite à la bulle Internet, ils se sont retrouvés avec une surcapacité monstrueuse du coup ils ont cassé les prix et se sont bien gardés d'investir dans l'infrastructure pendant des années. Bref, ils se sont gavés. Par contre ça accéléré le processus de maturation du marché des opérateurs dans lequel il est désormais devenus très difficiles de dégager des profits confortables (c'est un cas classique d'économie industrielle de mon point de vue).
Maintenant que l'usage rattrape la capacité, ils pleurnichent qu'ils ont besoin de faire des investissements et pour ça ils essayent de tirer de l'argent à tout le monde : aux consommateurs en lui fournissant des services additionnels exclusifs ou en se lançant dans la production de contenu (genre Orange qui est producteur de cinéma maintenant...) et aux fournisseurs de contenus sous prétexte qu'ils utilisent la bande passante que les consommateurs sont pourtant déjà censé avoir payé.
Or, essayer d'augmenter la capacité pour faire face à de la saturation c'est une solution de facilité très coûteuse et pas forcément très intelligente parce que c'est très difficile de calculer de quelle capacité tu as ou vas avoir besoin. La meilleure solution ce serait plutôt d'investir agressivement dans la recherche en réseau pour améliorer un peu le comportement de certains protocoles par rapport à l'usage moderne et aux contraintes des ISP.
Mais tant qu'on avait de la surcapacité, ça intéressait pas grande monde de travailler sur ce genre de recherche. Heureusement ça se réveille depuis deux ans. Quelques exemples prometteurs pour moi :
- http://en.wikipedia.org/wiki/Proactive_network_Provider_Part(...)
- http://trac.tools.ietf.org/area/tsv/trac/wiki/re-ECN
- https://datatracker.ietf.org/wg/ledbat/charter/
- Il y a aussi pas mal d'applications qui profiteraient très bien d'arrêter d'utiliser HTTP comme protocole de transport universel et développer SCTP ce serait pas inintéressant
Et pour ce qui est de la différentiation de services (de la QoS quoi), ça peut aussi être une solution tant que ce sont les extrémités qui définissent les classes à prioritiser ou pas et pas l'ISP en fonction d'accord commerciaux.