Effectivement, il est clair qu'on ne se mettra pas d'accord, mais comme je suis d'un naturel têtu, je vais te répondre quand même :D
̉Dommage, car une idée reprise et développée avec plus de moyens, plus vite, il me semble que c'est du progrès pour tout le monde.
Pas pour la petite boite qui a dépensé tout son budget R&D pour sortir le produit et qui va mourir...
Le marché est cruel, le marché est pragmatique.
Si j'ai deux fournisseurs qui me proposent le même produit mais que l'un pèse 10milliards de $ et fournit 1cts moins cher grâce à ses économies d'échelle et que l'autre pèse 100millions de ,ドル je choisis le premier, qui a plus de chance de survivre en cas de crise et donc de pas me laisser dans la mouise avec ma prod.
Je prends par contre le petit s'il a un avantage technique et/ou qu'il est nettement moins cher, et je garde le gros comme "roue de secours".
C'est comme ça que ça marche.
̉Une « techno de fabrication ... que tout le monde aurait pu développer » donc une idée que tout le monde aurait pu avoir ; « idée que personne d'autre n'avait eu alors ». Comment le prouver ?
Pour comprendre ce que je voulais dire:
En semi conducteurs, tout le monde a accès, ou presque, aux mêmes machines! Les utiliser peut coûter plus ou moins cher, comment les utiliser peut relever d'une plus grande imagination, et comment faire pour pas cher des choses que personne ne croyait possible peut être fait en utilisant ces mêmes machines.
C'est ce que je veux dire par "tout le monde aurait pu le faire".
L'art de concevoir un bon procédé de fabrication relève de connaissances pointues dans beaucoup de domaines, et de pas mal d'expérience.
̉De quel droit peut-on déclarer : « Comme personne n'a jamais déclaré avoir eu cette idée, je m'en proclame le propriétaire. Si d'autres venaient à avoir la même, qu'ils nous contactent. »
Et bien pour l'instant, le système de brevets américains repose toujours sur le "first to invent", c'est-à-dire qu'il suffit d'un document, d'une publication, de n'importe quelle preuve que l'idée a été exposée quelque part par quelqu'un pour invalider un brevet.
Ce système rend la recherche d'antériorité extrêmement fastidieuse, mais il est incontestablement plus juste avec les chercheurs en labo et les "inventeurs dans leur garage".
Par contre, en Europe, c'est "first to file". Tu peux presque piquer l'idée à ton voisin de palier, t'as qu'à remplir les formulaires plus vite que lui, c'est tout.
Malheureusement, aux US, la pression est forte pour migrer vers le first-to-file...
Enfin, si quelqu'un a eu l'idée dans la tête mais n'en a jamais parlé à personne ni essayé de la pousser, on peut supposer qu'il n'y croyait pas tant que ça, et peut-être même qu'il n'en aurait jamais rien fait s'il n'avait pas vu l'argent que d'autres se font avec...
̉Si le procédé est réellement optimisé, ce qui est plausible puisque l' « inventeur » est « génial », il aura des clients. S'il a des concurrents, c'est qu'il a loupé quelque chose : l'idée n'est pas si géniale, le procédé est encore perfectible...
S'il a des concurrents c'est que même les idées géniales permettent de prendre une petite avance sur les autres, bien souvent provisoire, c'est pour ça que la R&D tourne toujours à plein régime.
S'il n'a pas sa protection, il n'aura pas de clients, ou alors aucun "gros" client.
Pourquoi?
Très simple:
Je suis le client. Je vais voir cet inventeur génial. Il me montre ses produits. Et là je me dis "mais c'est génial! pourquoi mon fournisseur ne fait pas ça?"
Le lendemain matin je contacte mon fournisseur habituel, avec qui je bosse depuis longtemps, et avec qui j'ai l'habitude de travailler, ce qui aide côté confiance, tout ça.
Et je lui explique consciencieusement ce que j'ai vu chez son petit compétiteur. Là-dessus, mon fournisseur comprend que je veux la même chose, et puisque je suis un gros client, il va le faire!
Peut-être même que si c'est une invention permettant de faire la même chose à moins cher, il va me faire un rabais provisoire le temps de faire le développement. Il ne prend pas trop de risque: la petite boite a démontré que c'était possible, et a claqué tout le pognon, donc pris tous les risques pour ça. Il ne reste plus qu'à se servir.
Ce genre de situation a existé, existe, et existera encore longtemps!
Le modèle du libre fonctionne merveilleusement bien en informatique, mais on a vu une chose très importante:
On ne vend plus de logiciel, on vend du service autour du logiciel.
Ce service est inexistant dans le monde du matériel, et pour cause, c'est bien du matériel, avec des coûts de fabrication non nuls, et des coût de prototypage qui peuvent être pharaoniques.
[^] # Re: La Chine (et un peu l'Inde)
Posté par Maclag . En réponse à la dépêche Les oubliés du traité anti-contrefaçon ACTA. Évalué à 3.
̉Dommage, car une idée reprise et développée avec plus de moyens, plus vite, il me semble que c'est du progrès pour tout le monde.
Pas pour la petite boite qui a dépensé tout son budget R&D pour sortir le produit et qui va mourir...
Le marché est cruel, le marché est pragmatique.
Si j'ai deux fournisseurs qui me proposent le même produit mais que l'un pèse 10milliards de $ et fournit 1cts moins cher grâce à ses économies d'échelle et que l'autre pèse 100millions de ,ドル je choisis le premier, qui a plus de chance de survivre en cas de crise et donc de pas me laisser dans la mouise avec ma prod.
Je prends par contre le petit s'il a un avantage technique et/ou qu'il est nettement moins cher, et je garde le gros comme "roue de secours".
C'est comme ça que ça marche.
̉Une « techno de fabrication ... que tout le monde aurait pu développer » donc une idée que tout le monde aurait pu avoir ; « idée que personne d'autre n'avait eu alors ». Comment le prouver ?
Pour comprendre ce que je voulais dire:
En semi conducteurs, tout le monde a accès, ou presque, aux mêmes machines! Les utiliser peut coûter plus ou moins cher, comment les utiliser peut relever d'une plus grande imagination, et comment faire pour pas cher des choses que personne ne croyait possible peut être fait en utilisant ces mêmes machines.
C'est ce que je veux dire par "tout le monde aurait pu le faire".
L'art de concevoir un bon procédé de fabrication relève de connaissances pointues dans beaucoup de domaines, et de pas mal d'expérience.
̉De quel droit peut-on déclarer : « Comme personne n'a jamais déclaré avoir eu cette idée, je m'en proclame le propriétaire. Si d'autres venaient à avoir la même, qu'ils nous contactent. »
Et bien pour l'instant, le système de brevets américains repose toujours sur le "first to invent", c'est-à-dire qu'il suffit d'un document, d'une publication, de n'importe quelle preuve que l'idée a été exposée quelque part par quelqu'un pour invalider un brevet.
Ce système rend la recherche d'antériorité extrêmement fastidieuse, mais il est incontestablement plus juste avec les chercheurs en labo et les "inventeurs dans leur garage".
Par contre, en Europe, c'est "first to file". Tu peux presque piquer l'idée à ton voisin de palier, t'as qu'à remplir les formulaires plus vite que lui, c'est tout.
Malheureusement, aux US, la pression est forte pour migrer vers le first-to-file...
Enfin, si quelqu'un a eu l'idée dans la tête mais n'en a jamais parlé à personne ni essayé de la pousser, on peut supposer qu'il n'y croyait pas tant que ça, et peut-être même qu'il n'en aurait jamais rien fait s'il n'avait pas vu l'argent que d'autres se font avec...
̉Si le procédé est réellement optimisé, ce qui est plausible puisque l' « inventeur » est « génial », il aura des clients. S'il a des concurrents, c'est qu'il a loupé quelque chose : l'idée n'est pas si géniale, le procédé est encore perfectible...
S'il a des concurrents c'est que même les idées géniales permettent de prendre une petite avance sur les autres, bien souvent provisoire, c'est pour ça que la R&D tourne toujours à plein régime.
S'il n'a pas sa protection, il n'aura pas de clients, ou alors aucun "gros" client.
Pourquoi?
Très simple:
Je suis le client. Je vais voir cet inventeur génial. Il me montre ses produits. Et là je me dis "mais c'est génial! pourquoi mon fournisseur ne fait pas ça?"
Le lendemain matin je contacte mon fournisseur habituel, avec qui je bosse depuis longtemps, et avec qui j'ai l'habitude de travailler, ce qui aide côté confiance, tout ça.
Et je lui explique consciencieusement ce que j'ai vu chez son petit compétiteur. Là-dessus, mon fournisseur comprend que je veux la même chose, et puisque je suis un gros client, il va le faire!
Peut-être même que si c'est une invention permettant de faire la même chose à moins cher, il va me faire un rabais provisoire le temps de faire le développement. Il ne prend pas trop de risque: la petite boite a démontré que c'était possible, et a claqué tout le pognon, donc pris tous les risques pour ça. Il ne reste plus qu'à se servir.
Ce genre de situation a existé, existe, et existera encore longtemps!
Le modèle du libre fonctionne merveilleusement bien en informatique, mais on a vu une chose très importante:
On ne vend plus de logiciel, on vend du service autour du logiciel.
Ce service est inexistant dans le monde du matériel, et pour cause, c'est bien du matériel, avec des coûts de fabrication non nuls, et des coût de prototypage qui peuvent être pharaoniques.