En toute amitié, le jacobinisme a souvent bon dos chez les bretonnants. Si on écoute un peu les bretons (en globalité, pas seulement les bretonnants actuels), on voit très souvent ressortir que ce fameux sentiment d'être plouc parce qu'on parlait breton venait des bretons eux-mêmes. Pas toujours mais souvent ! C'est particulièrement vrai dans chez les bretons venant du milieu rural (une écrasante majorité à deux ou trois générations près.)
Il faut bien voir que la paysannerie bretonne revient de très loin, ici ça a été longtemps la misère. Mais les bretons se sont pris par la main, se sont accrochés, et se sont donnés les moyens de s'en sortir. Et ça passait par l'instruction, le développement technique, la mise en coopération des agriculteurs, etc. On y a vu les fameux voyageurs bretons, la diaspora, mais aussi le (sur)progrès technique agricole (merci le remembrement), et aussi le très fort rejet du passé, donc de la langue bretonne entre autres, par les bretons eux-mêmes.
Donc oui, il y a eu obligation de parler français dans les écoles (ce qui est somme toute normal, même si un peu plus de diplomatie eût été bienvenue), mais il ne faut pas balayer le fait que les bretons eux-mêmes ont ressenti le parler breton comme une marque d'échec, comparé au progrès dont ils aspiraient. Pour beaucoup de paysans bretons issus du début / milieu du XXe siècle, c'était presque déshonorant de faire du mouton comparé au cochon -industriel- et à la vache (j'ai des exemples en Finistère en tout cas), et dans la même idée c'était une marque d'échec que de continuer à parler breton. En fait j'ai l'impression que la même fierté qui pousse certains à parler breton maintenant les empêchaient de le faire avant !
Je ne cherche pas à polémiquer, je tiens juste à remettre cet aspect des choses dans la discussion, parce qu'elle est trop souvent occultée. Je ne vois pas pourquoi d'ailleurs, c'est une marque évidente de volonté des bretons de combattre l'adversité. Ils ont fait des choix, pas forcément les bons à long terme (cf. certaines pratiques agricoles), mais ils ont eu ce courage.
Petite remarque, je n'ai rien contre le breton, mais parfois je trouve que certains exagèrent et se tirent même une balle dans le pied à trop vouloir en faire : c'est bien joli de vouloir faire de la signalisation en breton, mais quand je suis à Quimper, je vois tous ces panneaux touristiques qui décrivent les principaux monuments aux touristes. Ils sont écrits en deux langues seulement : le français et le BRETON !!! Je pensais pourtant que 1- les bretonnants étaient bilingues par définition, et que 2- les touristes étrangers auraient été moins insultés s'ils avaient eu au moins une version anglaise... Bon c'est juste un détail (quoique, ça doit coûter cher), mais je trouve ça vraiment dommage...
[^] # Re: Néologismes
Posté par irimi . En réponse à la dépêche Firefox 3.6 en breton. Évalué à 3.
Il faut bien voir que la paysannerie bretonne revient de très loin, ici ça a été longtemps la misère. Mais les bretons se sont pris par la main, se sont accrochés, et se sont donnés les moyens de s'en sortir. Et ça passait par l'instruction, le développement technique, la mise en coopération des agriculteurs, etc. On y a vu les fameux voyageurs bretons, la diaspora, mais aussi le (sur)progrès technique agricole (merci le remembrement), et aussi le très fort rejet du passé, donc de la langue bretonne entre autres, par les bretons eux-mêmes.
Donc oui, il y a eu obligation de parler français dans les écoles (ce qui est somme toute normal, même si un peu plus de diplomatie eût été bienvenue), mais il ne faut pas balayer le fait que les bretons eux-mêmes ont ressenti le parler breton comme une marque d'échec, comparé au progrès dont ils aspiraient. Pour beaucoup de paysans bretons issus du début / milieu du XXe siècle, c'était presque déshonorant de faire du mouton comparé au cochon -industriel- et à la vache (j'ai des exemples en Finistère en tout cas), et dans la même idée c'était une marque d'échec que de continuer à parler breton. En fait j'ai l'impression que la même fierté qui pousse certains à parler breton maintenant les empêchaient de le faire avant !
Je ne cherche pas à polémiquer, je tiens juste à remettre cet aspect des choses dans la discussion, parce qu'elle est trop souvent occultée. Je ne vois pas pourquoi d'ailleurs, c'est une marque évidente de volonté des bretons de combattre l'adversité. Ils ont fait des choix, pas forcément les bons à long terme (cf. certaines pratiques agricoles), mais ils ont eu ce courage.
Petite remarque, je n'ai rien contre le breton, mais parfois je trouve que certains exagèrent et se tirent même une balle dans le pied à trop vouloir en faire : c'est bien joli de vouloir faire de la signalisation en breton, mais quand je suis à Quimper, je vois tous ces panneaux touristiques qui décrivent les principaux monuments aux touristes. Ils sont écrits en deux langues seulement : le français et le BRETON !!! Je pensais pourtant que 1- les bretonnants étaient bilingues par définition, et que 2- les touristes étrangers auraient été moins insultés s'ils avaient eu au moins une version anglaise... Bon c'est juste un détail (quoique, ça doit coûter cher), mais je trouve ça vraiment dommage...