Pourquoi quand c'est MatLab qui vend on s'en fiche mais quand c'est Microsoft, c'est le Mal ?
Excellente question ! Cependant peut être mal formulée. Tel que, quand je lis votre message, j'ai l'impression que pour vous ma critique de microsot est perçue comme une position sectaire pas forcément justifiée et en tout cas gratuite.
Or en l'occurence il me semble parfaitement justifié de monter sur ses grands chevaux. De même que les gens sérieux (c'est-à dire quasiment tout le monde sauf quelques membres des gouvernements qui du fait de leur position se retrouvent les yeux fermés par la pression du lobbying qu'ils subissent) s'opposent à la publicité dans les écoles en général et en particulier quand il s'agit de produit alimentaires malsains, il me semble raisonnable de s'opposer à la publicité dans les établissement scolaires quand il s'agit de logiciels.
Par exemple, dans mon travail, je préfère enseigner à mes étudiants les règles des langages C et C++ normalisés par l'ISO plutôt que de leur apprendre à utiliser tel ou tel IDE. S'ils comprennent le langage et les principes ils trouveront toujours le moyen d'utiliser efficacement les logiciels qui leur tomberont sous la main. Évidemment chaque compagnie commerciale préférerait voir enseigner l'utilisation de son produit à elle. Plutôt que d'apprendre à écrire, on pourrait enseigner l'utilisation des stylos bic. Plutôt que d'apprendre à lire on pourrait apprendre à interpréter les ouvrages publiés au PUF... Au risque de voir les stylos bic changer progressivement de forme pour éviter que les utilisateurs de ces stylos ne sachent aussi utiliser confortablement les crayons des autres marques. Ou que les PUF commençent à développer de nouvelles règles typographiques et syntaxiques privatives rendant ensuite la lecture de tout ouvrage publié ailleurs bien plus ardu. Ces scénarii paraissent loufoques ; mais dans le monde du logiciel cela s'est déjà vu et se pratique couramment (non ?). Des éditeurs dont on taira le nom consacrent une très grande partie de leurs ressources et de leurs recherches à ce genre d'amélioration de leurs produits.
J'en viens à la réponse à votre question : ce qui fait que microoft est tellement dénigré n'est ce pas sa position dominante qui conduit à un certain nombre de dérives ? Des dérives parfaitement acceptables du point de vue des personnes morales puisque visant à toujours améliorer sa position sur le marché. Mais des dérives paradoxalement désastreuses du point de vue des personnes physiques. Si Matlab produit un logiciel désastreux dont personne n'a besoin ils ne le vendront pas. Les clients se tourneront vers de concurrents tels que Scilab et octave. On est donc dans des conditions idéal du capitalisme. La concurrence existe et est effective car les clients ont la possibilité de choisir un autre bien répondant à leurs besoins. Si Mycrocsoft produisait un OS lourd, comportant de nombreuses failles de sécurité, peu pratique à utiliser, etc, leur position et leurs qualités commerciales sont telles qu'ils arriveraient tout de même à le refourguer au prix fort à des clients qui auraient l'impression que c'est gratuit. On est dans un cas d'école de dérives du capitalisme. Et l'opération marketing dont il est question dans la dépèche n'est que la dernière avanie d'un processus visant à restreindre toujours plus les possibilités d'une saine concurence.
Comme le capitalisme, bien plus que la démocratie, est l'essence du fonctionnement de notre société, il ne me semble pas étrange de s'en offusquer et de le dénoncer ; afin que, qui sait, les pouvoirs politiques (ceux qui doivent asservir le capitalisme au bien être des peuples et à l'avenir de l'humanité) réagissent.
(Note : désolé pour le lyrisme grandiloquent mais nous discutons là de rien de moins que de l'avenir du monde tel que nous le connaissons :-).
[^] # Re: La note la plus basse
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . En réponse à la dépêche Microsoft, marketing et éducation. Évalué à 10.
Pourquoi quand c'est MatLab qui vend on s'en fiche mais quand c'est Microsoft, c'est le Mal ?Excellente question ! Cependant peut être mal formulée. Tel que, quand je lis votre message, j'ai l'impression que pour vous ma critique de microsot est perçue comme une position sectaire pas forcément justifiée et en tout cas gratuite.
Or en l'occurence il me semble parfaitement justifié de monter sur ses grands chevaux. De même que les gens sérieux (c'est-à dire quasiment tout le monde sauf quelques membres des gouvernements qui du fait de leur position se retrouvent les yeux fermés par la pression du lobbying qu'ils subissent) s'opposent à la publicité dans les écoles en général et en particulier quand il s'agit de produit alimentaires malsains, il me semble raisonnable de s'opposer à la publicité dans les établissement scolaires quand il s'agit de logiciels.
Par exemple, dans mon travail, je préfère enseigner à mes étudiants les règles des langages C et C++ normalisés par l'ISO plutôt que de leur apprendre à utiliser tel ou tel IDE. S'ils comprennent le langage et les principes ils trouveront toujours le moyen d'utiliser efficacement les logiciels qui leur tomberont sous la main. Évidemment chaque compagnie commerciale préférerait voir enseigner l'utilisation de son produit à elle. Plutôt que d'apprendre à écrire, on pourrait enseigner l'utilisation des stylos bic. Plutôt que d'apprendre à lire on pourrait apprendre à interpréter les ouvrages publiés au PUF... Au risque de voir les stylos bic changer progressivement de forme pour éviter que les utilisateurs de ces stylos ne sachent aussi utiliser confortablement les crayons des autres marques. Ou que les PUF commençent à développer de nouvelles règles typographiques et syntaxiques privatives rendant ensuite la lecture de tout ouvrage publié ailleurs bien plus ardu. Ces scénarii paraissent loufoques ; mais dans le monde du logiciel cela s'est déjà vu et se pratique couramment (non ?). Des éditeurs dont on taira le nom consacrent une très grande partie de leurs ressources et de leurs recherches à ce genre d'amélioration de leurs produits.
J'en viens à la réponse à votre question : ce qui fait que microoft est tellement dénigré n'est ce pas sa position dominante qui conduit à un certain nombre de dérives ? Des dérives parfaitement acceptables du point de vue des personnes morales puisque visant à toujours améliorer sa position sur le marché. Mais des dérives paradoxalement désastreuses du point de vue des personnes physiques. Si Matlab produit un logiciel désastreux dont personne n'a besoin ils ne le vendront pas. Les clients se tourneront vers de concurrents tels que Scilab et octave. On est donc dans des conditions idéal du capitalisme. La concurrence existe et est effective car les clients ont la possibilité de choisir un autre bien répondant à leurs besoins. Si Mycrocsoft produisait un OS lourd, comportant de nombreuses failles de sécurité, peu pratique à utiliser, etc, leur position et leurs qualités commerciales sont telles qu'ils arriveraient tout de même à le refourguer au prix fort à des clients qui auraient l'impression que c'est gratuit. On est dans un cas d'école de dérives du capitalisme. Et l'opération marketing dont il est question dans la dépèche n'est que la dernière avanie d'un processus visant à restreindre toujours plus les possibilités d'une saine concurence.
Comme le capitalisme, bien plus que la démocratie, est l'essence du fonctionnement de notre société, il ne me semble pas étrange de s'en offusquer et de le dénoncer ; afin que, qui sait, les pouvoirs politiques (ceux qui doivent asservir le capitalisme au bien être des peuples et à l'avenir de l'humanité) réagissent.
(Note : désolé pour le lyrisme grandiloquent mais nous discutons là de rien de moins que de l'avenir du monde tel que nous le connaissons :-).
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace