• [^] # Re: quelques précisions sur notre régime politique

    Posté par . En réponse à la dépêche Les députés ratifient les traités OMPI, mais les débats ne font que commencer. Évalué à 2.

    C'est bien pour ça que la cohabitation ne laisse plus beaucoup de pouvoir au PR, à part ses domaines réservés.

    Ce n'est pas tout à fait vrai. En réalité cela dépend du PR et du PM.
    Mitterrand a été un PR très empêcheur de tourner en rond pour Chirac en 1986-1988. Ne serait-ce qu'en refusant de signer les ordonnances. Il n'y a donc pas que le domaine réservé du chef de l'État, il y a aussi tous les décrets et les ordonnances, sans compter que le PR peut demander une nouvelle délibération sur une loi proposée à sa promulgation, et convoquer un référendum quand ça lui chante. Cela laisse donc une certaine marge de manœuvre.

    De plus l'AN peut voter une motion de censure et ça sera un coup très dur pour le président qui sera obligé de démissionner ou dissoudre l'AN.

    Non.
    Si l'AN vote une motion de censure c'est le PM qui saute, pas le PR qui reste, lui, bien au chaud dans son fauteuil à l'Élysée. La seule chose qui pourrait le faire tiquer, c'est que la majorité au Parlement décide de le déférer devant la Haute Cour pour manquements manifestes à sa fonction. Et vu les conditions pour la Haute Cour, faut-il que ce soit grave pour que ça arrive un jour. (cf mon message précédent avec tous les liens qui vont bien).

    À part si le calendrier change, il n'y a aucune raison pour que l'AN soit d'une couleur différente du président. Et si c'était le cas, qui représenterait le peuple ? Le PR ou l'AN ?

    Comme en cas de cohabitation jusqu'ici : le PR et le PM. Après, il est vrai que l'alternance entre l'élection présidentielle et les législatives est peu probable, mais on sait bien qu'en France tout peut arriver. Un coup de TVA sociale, une annonce de CPE ou de suppression de postes d'enseignants qui fuite trop tôt... pour peu que le temps soit mauvais et l'opposition en ordre de marche, je ne parierai pas que ça n'arrivera jamais ;)

    Les lignes politiques ont leur importance mais le basculement d'un bord à l'autre se fait sur des questions qui devraient être sans importances.

    Je ne trouve pas, à titre personnel, que le fait d'avoir les épaules pour assumer le rôle de chef d'État, d'avoir une vision suffisamment claire de la politique étrangère pour être le chef de la diplomatie et des armées, d'avoir le sens de l'État et d'être capable de faire bon usage de ses pouvoirs ne soit une question sans importance - ni que ça devrait l'être. Le chef de l'État est tout de même le gardien des institutions, c'est lourd de sens.

    Àmha pour faire un bon chef d'État la personnalité compte tout autant que le projet politique. Et je pense que les Français ont choisi lors de la dernière élection autant en fonction de la personnalité que du projet politique. Il n'y a qu'à voir le nombre de gimmicks (issus des projets politiques) qu'on a retenus de cette campagne : "l'ordre juste", "le président du pouvoir d'achat", "la France qui se lève tôt", "la valeur travail", "le travail payé à sa juste valeur"....