Avant-propos : je ne dénie pas à Gibson le droit d'appartenir au mouvement cyberpunk (ce serait réellement présomptueux de ma part). Ce que je lui dénie, en revanche, c'est sa place de leader/chef de file/porte étendard.
Hmmm bon on va tomber dans des débats sans fin, mais tout de même...
Les débats sans fin, ça n'existe pas, il y en a juste des plus ou moins longs.
Chez Brunner je n'ai lu que "Tous a Zanzibar", et même si je le trouve excellent, ça n'est pas pour moi du cyberpunk,
Ah ...
Il n'a pas l'étiquette, donc ça n'en est pas. Heureusement que Spinrad a dit que tout ce qui était de la SF était rangé en SF (ce qui s'applique sans doute aussi au cyberpunk).
parce que justement, si chez Gibson et les autres cyberpunks, ça fleure bon les 80's, chez Brunner ça fleure encore les debuts/mid-70's.
Quoi, tu veux dire que c'est juste qu'il est trop vieux pour être cyberpunk ?
Les préoccupations (liberté sexuelle, sur-population) ne sont pas des thèmes cyberpunk.
Si j'étais méchant, je dirais qu'on touche le fond.
L'une des grandes forces du cyberpunk sur son lectorat, c'est sa capacité à intégrer à l'aspect prospectiviste de la SF des thèmes sociaux, une vision plus prolétaire du monde (d'où le *punk). Enfin, ça, c'est mon avis. Si Gibson, Sterling et les autres ont réussi à porter le cyberpunk aussi bien, c'est justement en ramenant la SF à des préoccupations plus immédiates, et plus sociales, que les épopées précédement connues (Dune, les loups des étoiles de Hamilton et autres trucs des pulps).
Or, contrairement à Dick (qui joue toujours sur l'irréalité), Brunner explore lui aussi des thèmes sociaux. Peut-être pas exactement les mêmes, mais c'est aussi le cas des auteurs les plus authentiquement étiquettés cyberpunk.
Qui plus est, la société décrite par Brunner reprend la plupart des thèmes qui feront la richesse du cyberpunk, avec des individus luttant contre un système qui tente de les étouffer, juste pour tenter d'exister en tant qu'êtres humains.
Alors certes, Brunner c'est génial, mais ce n'est qu'un grand père du cyberpunk, puisque c'est de ce genre qu'on parle.
Si dix ans suffisent à faire un grand-père, tout va bien. Et encore, "Sur l'onde de choc" date de 75, contre 77 pour la première nouvelle de Gibson que tu mentionnes. Ca fait toute la différence, 2 ans ?
Câble de WJW, j'adore, mais il vient tout de même pour moi derrière le Neuromancien car on ne retrouve pas l'osmose du fond et de la forme comme on l'a chez Gibson (toujours son style d'écriture qui rebute certain).
Ecoute, si ton principal argument contre Câblé et de dire que tu préfères Neuromancien, pas de problème, c'est ton droit.
En revanche, prétendre qu'il n'y a pas la même osmose entre la forme et le fond, je trouve ça un peu gonflé.
Aussi, Câblé est très américain dans ses thèmes. La liberté, le mythe du Far West, certes confronté aux réalités de l'époque (domination des corporations représentes par les orbitaux, etc...).
Là, ça commence à être bizarre, ce que tu racontes.
Que ce roman parle de liberté, je suis cent pour cent d'accord. Que ça puisse être américain, pourquoi pas.
Mais l'une des thématiques du cyberpunk a été la fusion de l'homme et de la machine. Or, c'est dans Câblé qu'elle apparait le mieux avec le lien existant entre le pilote et son véhicule, dont il sent la chaleur des cylindres dans son corps (c'est d'ailleurs beaucoup mieux écrit que tout ce que je pourrais faire).
Il faut voir aussi que Gibson n'est pas sorti de nulle part avec le Neuromancien. Fragment de Rose en Hologramme date tout de même de 77, Johnny Mnemonic de 81. Et dans JM , on retrouve déjà tous les éléments de la Trilogie de la Conurb (sauf peut etre le cyberspace, qui est justement il me semble l'élément sur lequel la paternité de Gibson est avérée.)
Et alors ?
Stephenson, il est très tardif (Samourai virtuel, 1993 ? )
Stephenson est effectivement tardif (1992, en fait), mais il est à mon sens celui qui a le mieux synthétisé les différentes thématiques du cyberpunk pour les aggréger en un tout cohérent.
Depuis son samouraï virtuel, le cyberpunk s'est enfin diffusé dans le reste de la SF pour faire émerger le New Space Opera qui en intègre une dose plus que raisonnable.
PS : c'est bizarre, avant on pouvait mettre des blockquote dans les commentaires, non ? Bah
[^] # Re: C'est pas un peu prétentieux
Posté par Nicolas Delsaux . En réponse à la dépêche William Gibson en signature à Paris !. Évalué à 1.
Hmmm bon on va tomber dans des débats sans fin, mais tout de même...
Les débats sans fin, ça n'existe pas, il y en a juste des plus ou moins longs.
Chez Brunner je n'ai lu que "Tous a Zanzibar", et même si je le trouve excellent, ça n'est pas pour moi du cyberpunk,
Ah ...
Il n'a pas l'étiquette, donc ça n'en est pas. Heureusement que Spinrad a dit que tout ce qui était de la SF était rangé en SF (ce qui s'applique sans doute aussi au cyberpunk).
parce que justement, si chez Gibson et les autres cyberpunks, ça fleure bon les 80's, chez Brunner ça fleure encore les debuts/mid-70's.
Quoi, tu veux dire que c'est juste qu'il est trop vieux pour être cyberpunk ?
Les préoccupations (liberté sexuelle, sur-population) ne sont pas des thèmes cyberpunk.
Si j'étais méchant, je dirais qu'on touche le fond.
L'une des grandes forces du cyberpunk sur son lectorat, c'est sa capacité à intégrer à l'aspect prospectiviste de la SF des thèmes sociaux, une vision plus du monde (d'où le *punk). Enfin, ça, c'est mon avis. Si Gibson, Sterling et les autres ont réussi à porter le cyberpunk aussi bien, c'est justement en ramenant la SF à des préoccupations plus immédiates, et plus sociales, que les épopées précédement connues (Dune, les loups des étoiles de Hamilton et autres trucs des pulps).
Or, contrairement à Dick (qui joue toujours sur l'irréalité), Brunner explore lui aussi des thèmes sociaux. Peut-être pas exactement les mêmes, mais c'est aussi le cas des auteurs les plus authentiquement étiquettés cyberpunk.
Qui plus est, la société décrite par Brunner reprend la plupart des thèmes qui feront la richesse du cyberpunk, avec des individus luttant contre un système qui tente de les étouffer, juste pour tenter d'exister en tant qu'êtres humains.
Alors certes, Brunner c'est génial, mais ce n'est qu'un grand père du cyberpunk, puisque c'est de ce genre qu'on parle.
Si dix ans suffisent à faire un grand-père, tout va bien. Et encore, "Sur l'onde de choc" date de 75, contre 77 pour la première nouvelle de Gibson que tu mentionnes. Ca fait toute la différence, 2 ans ?
Câble de WJW, j'adore, mais il vient tout de même pour moi derrière le Neuromancien car on ne retrouve pas l'osmose du fond et de la forme comme on l'a chez Gibson (toujours son style d'écriture qui rebute certain).
Ecoute, si ton principal argument contre Câblé et de dire que tu préfères Neuromancien, pas de problème, c'est ton droit.
En revanche, prétendre qu'il n'y a pas la même osmose entre la forme et le fond, je trouve ça un peu gonflé.
Aussi, Câblé est très américain dans ses thèmes. La liberté, le mythe du Far West, certes confronté aux réalités de l'époque (domination des corporations représentes par les orbitaux, etc...).
Là, ça commence à être bizarre, ce que tu racontes.
Que ce roman parle de liberté, je suis cent pour cent d'accord. Que ça puisse être américain, pourquoi pas.
Mais l'une des thématiques du cyberpunk a été la fusion de l'homme et de la machine. Or, c'est dans Câblé qu'elle apparait le mieux avec le lien existant entre le pilote et son véhicule, dont il sent la chaleur des cylindres dans son corps (c'est d'ailleurs beaucoup mieux écrit que tout ce que je pourrais faire).
Il faut voir aussi que Gibson n'est pas sorti de nulle part avec le Neuromancien. Fragment de Rose en Hologramme date tout de même de 77, Johnny Mnemonic de 81. Et dans JM , on retrouve déjà tous les éléments de la Trilogie de la Conurb (sauf peut etre le cyberspace, qui est justement il me semble l'élément sur lequel la paternité de Gibson est avérée.)
Et alors ?
Stephenson, il est très tardif (Samourai virtuel, 1993 ? )
Stephenson est effectivement tardif (1992, en fait), mais il est à mon sens celui qui a le mieux synthétisé les différentes thématiques du cyberpunk pour les aggréger en un tout cohérent.
Depuis son samouraï virtuel, le cyberpunk s'est enfin diffusé dans le reste de la SF pour faire émerger le New Space Opera qui en intègre une dose plus que raisonnable.
PS : c'est bizarre, avant on pouvait mettre des blockquote dans les commentaires, non ? Bah