• [^] # Re: KDE4, plus Gnomiste que le Gnome?

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche KDE4 déchaîne les passions. Évalué à 5.

    >>'est cette expression (beaucoup plus dure qu'il n'y paraît) : "les goûts et les couleurs ça ne se discute pas".

    C'est une phrase qui m'a aussi pas mal contrarié, depuis l'âge de 10 ans, mais surtout parce qu'elle n'est pas précise.

    Tout d'abord : ça ne se discute pas
    Est-ce que ça veut dire :
    * ça ne peut pas se discuter (dans les sens il est impossible de démontrer en utilisant des arguments logiques). Dans ce cas il s'agit d'un problème (supposé) de fait.
    * ça ne doit pas se discuter (sens souvent utilisé pour mettre un terme à une conversation). Dans ce cas il s'agit d'un problème moral.

    Ensuite : les goûts et les couleurs. Ce qui pose problème c'est la relation entre les deux mots : goût et couleur.
    * Une couleur, en théorie, ça ne se discute pas dans le sens ou c'est un phénomène physique mesurable. Sa vision peut cependant varier d'une personne à l'autre, certaines n'étant pas perçues (je ne parle pas des IR ou UV mais des daltoniens, par ex). Peut-on en faire pour autant un sujet de discussion ? Bah oui, pourquoi pas.
    * Il est possible que le goût soit une extension du sens goût (celui des cinq sens : vue, toucher, etc.) étendu à l'ensemble des perceptions (la façon dont on perçoit). En effet, les mots on parfois un changement de sens, ou une atténuation d'intensité, au fil des générations et cette maxime semble assez ancienne vu que mon arrière grand mère l'utilisait. Dans ce cas, goût et couleur sont tous les deux liés à la perception et non à l'appréciation de cette perception.
    * Sinon, le plus probable serait que le goût signifie la qualification d'une perception (j'aime, j'aime pas, c'est moche, c'est beau etc.), ou son appréciation. Mais dans ce cas que vient faire la couleur ici ? Si l'on suppose que c'est la manière dont on apprécie ou pas les couleurs, il suffisait de dire "les goûts" sans parler "des couleurs" puisque la signification suggérée (l'appréciation des couleurs) étaient incluses dans les "goûts".

    Donc si la phrase signifie :
    1) On ne peut pas discuter de la perception que quelqu'un a d'une chose : on pourrait, en démontrant que la personne a été dupée par ses sens (effets trompe l'oeil, illusions auditives ou optiques etc.), ou qu'elle est de mauvaise foi, ou qu'elle se trompe d'objet pour son analyse.
    2) On ne peut pas discuter de l'appréciation que quelqu'un a d'une chose : on pourrait dire non. En effet, on s'imagine mal quelqu'un dire "j'aime pas" et l'autre lui répondre "Si : Tu aimes !". Cependant on peut (ou pas) faire varier les variables de son appréciation en ajoutant des éléments ( par exemple des aspects non perçus, non assimilés ou non réfléchis). Après difficile de convaincre quelqu'un qui vomit son fromage de chèvre que c'est bon parce que c'est plus relevé que le fromage de vache.
    3) On ne doit pas discuter de... Inutile de mettre la suite. La subjectivité est présente dans le sens même de cette phrase, et elle ne permet pas de grande marge de manoeuvre. À ignorer donc. Enfin, à mon avis...