> La problèmatique est intéressante car elle reproduit celle de la
> démocratie à une moindre échelle. Est-ce qu'une minorité a le droit de
> bloquer la volonté générale ?
Chacun a ses droits sur sa partie. Le réfractaire ne bloque pas "le projet", il bloque "sa contribution".
Mais attention aussi à ne pas confondre "démocratie" et "dictature de la majorité". Ce sont deux concepts bien différents, et ce que tu rapportes me semble plus se rapprocher du second concept. Le fait d'avoir une majorité n'implique pas forcément le droit de contraindre la minorité.
La question à se poser est est-ce que la majorité à une légitimité à prendre une décision pour tous les contributeurs ?
Si tel était le cas (et je le conteste), en quoi est-ce une spécificité du projet ?
Et implicitement dans ma seconde question j'implique que si la légitimité du changement (et de la procédure) n'a rien de spécifique au projet, alors ce genre de possibilités doit être prévu dans la licence ou dans la loi. (et si ça n'y est pas il y a probablement une remise en cause à faire sur la prétendue légitimité).
Je suis d'accord que prévoir un vote et un quorum minimal (que j'espère plus proche des 95% de code couvert que des 1/3 des auteurs) est "moins pire" que ce qui risque de se passer (au bout d'un moment dire "tant pis, ils ont implicitement accepté"), mais ça ne me semble toujours pas satisfaisant.
J'ai toujours détesté les chèques en blanc.
Peut être que ça convaincra : la possibilité pour un projet de changer la licence sur accord de X% des auteurs casse toute la notion de copyleft (puisque techniquement du code livré sous licence libre avec copyleft pourrait être passé sous licence non libre sans accord de l'auteur).
> C'est le cas de la plupart des projets demandant de céder son copyright par exemple GNU Emacs.
Oui, c'est comme "tous les gagnants ont tenté leur chance".
- Ca ne prend pas en compte tous ceux qui n'ont *pas* contribué à cause de la cession du copyright.
- Ca ne prend pas en compte non plus ceux qui ont donné l'accord sans vraiment avoir fait attention à toutes les implications possible de changement de licence.
- Ca ne prend pas en compte non plus ceux qui voient dans la cession du copyright uniquement un moyen de défendre la licence et ne croient pas à un futur changement important de licence au moment où ils cèdent leur copyright.
Quand j'y pense je me demande même si leur formulaire prend bien en compte l'idée que chaque développeur doit non seulement être d'accord pour le changement mais *en plus* s'assurer qu'aucun de ses changements n'a pris du code à une appli GPL v2 qui n'a pas le "and later". Vu que ce n'est pas explicite et que les développeurs n'ont pas une mémoire infinie, le changement même me semble difficile.
[^] # Re: Cession du copyright ?
Posté par Éric (site web personnel) . En réponse à la dépêche KDE veut changer de licence. Évalué à 3.
> démocratie à une moindre échelle. Est-ce qu'une minorité a le droit de
> bloquer la volonté générale ?
Chacun a ses droits sur sa partie. Le réfractaire ne bloque pas "le projet", il bloque "sa contribution".
Mais attention aussi à ne pas confondre "démocratie" et "dictature de la majorité". Ce sont deux concepts bien différents, et ce que tu rapportes me semble plus se rapprocher du second concept. Le fait d'avoir une majorité n'implique pas forcément le droit de contraindre la minorité.
La question à se poser est est-ce que la majorité à une légitimité à prendre une décision pour tous les contributeurs ?
Si tel était le cas (et je le conteste), en quoi est-ce une spécificité du projet ?
Et implicitement dans ma seconde question j'implique que si la légitimité du changement (et de la procédure) n'a rien de spécifique au projet, alors ce genre de possibilités doit être prévu dans la licence ou dans la loi. (et si ça n'y est pas il y a probablement une remise en cause à faire sur la prétendue légitimité).
Je suis d'accord que prévoir un vote et un quorum minimal (que j'espère plus proche des 95% de code couvert que des 1/3 des auteurs) est "moins pire" que ce qui risque de se passer (au bout d'un moment dire "tant pis, ils ont implicitement accepté"), mais ça ne me semble toujours pas satisfaisant.
J'ai toujours détesté les chèques en blanc.
Peut être que ça convaincra : la possibilité pour un projet de changer la licence sur accord de X% des auteurs casse toute la notion de copyleft (puisque techniquement du code livré sous licence libre avec copyleft pourrait être passé sous licence non libre sans accord de l'auteur).
> C'est le cas de la plupart des projets demandant de céder son copyright par exemple GNU Emacs.
Oui, c'est comme "tous les gagnants ont tenté leur chance".
- Ca ne prend pas en compte tous ceux qui n'ont *pas* contribué à cause de la cession du copyright.
- Ca ne prend pas en compte non plus ceux qui ont donné l'accord sans vraiment avoir fait attention à toutes les implications possible de changement de licence.
- Ca ne prend pas en compte non plus ceux qui voient dans la cession du copyright uniquement un moyen de défendre la licence et ne croient pas à un futur changement important de licence au moment où ils cèdent leur copyright.
Quand j'y pense je me demande même si leur formulaire prend bien en compte l'idée que chaque développeur doit non seulement être d'accord pour le changement mais *en plus* s'assurer qu'aucun de ses changements n'a pris du code à une appli GPL v2 qui n'a pas le "and later". Vu que ce n'est pas explicite et que les développeurs n'ont pas une mémoire infinie, le changement même me semble difficile.