Pour nuancer un peu :
Le problème de la ROC est complexe, certes, et a mis des années à progresser. Mais aujourd'hui on peut dire que la reconnaissance des caractères imprimées est fiable -- pour un document de qualité bien évidemment, ce qui n'est pas toujours le cas, et jamais à 100%. Essaie un jour un logiciel comme abbyy fineReader, tu constateras des performances très bonnes, bien supérieures à celles de l'ancien logiciel hp aujourd'hui libéré.
Maintenant il est clair que je ne vois pas trop l'usage qu'on peut faire de la ROC dans un bureau de PME : scanner des pages manuellement n'est pas pensable ; les gains n'apparaissent qu'en automatisant toute la numérisation/reconnaissance, ce qui nécessite des investissements importants.
Je pense que la complexité du domaine et l'étroitesse des applications a limité les ambitions des programmeurs du libre. Rien que la construction d'une base d'apprentissage est un projet en soi. L'analyse du layout est un vaste domaine également, et si on se penche sur la segmentation (décomposer une ligne en mots, un mot en lettres), on sent vite des problèmes complexes apparaître... Finalement, la reconnaissance des lettres prises une par une paraît bien simple quand on prend la mesure du projet complet.
Quant à la reconnaissance des partitions musicales, le problème est là encore plus complexe qu'il n'y paraît, sans doute davantage même que la reconnaissance de texte (mais tout dépend de la complexité et de la qualité de la partition). La thèse de Bertrand Couäsnon était en ligne autrefois, j'en conseille sa lecture aux intéressés : http://www.irisa.fr/imadoc/HTML/B..Couasnon.fr.html mais impossible de remettre un lien dessus ?!
Tous ces problèmes sont résolus facilement par l'homme car ils nécessitent l'agrégation d'informations redondantes et disparates : toutes choses difficiles à formaliser pour l'ordinateur. La plupart des erreurs commises par les logiciels paraissent évidentes à l'humain ; pourtant si celui-ci doit expliquer les raisons de l'erreur, il va voir que ses explications vont chercher, au final, bien plus loin que ne peuvent "voir" les programmes.
[^] # Re: Très peu significatif
Posté par Laurent Morel . En réponse à la dépêche État des lieux de la reconnaissance de caractères libre (OCR). Évalué à 2.
Le problème de la ROC est complexe, certes, et a mis des années à progresser. Mais aujourd'hui on peut dire que la reconnaissance des caractères imprimées est fiable -- pour un document de qualité bien évidemment, ce qui n'est pas toujours le cas, et jamais à 100%. Essaie un jour un logiciel comme abbyy fineReader, tu constateras des performances très bonnes, bien supérieures à celles de l'ancien logiciel hp aujourd'hui libéré.
Maintenant il est clair que je ne vois pas trop l'usage qu'on peut faire de la ROC dans un bureau de PME : scanner des pages manuellement n'est pas pensable ; les gains n'apparaissent qu'en automatisant toute la numérisation/reconnaissance, ce qui nécessite des investissements importants.
Je pense que la complexité du domaine et l'étroitesse des applications a limité les ambitions des programmeurs du libre. Rien que la construction d'une base d'apprentissage est un projet en soi. L'analyse du layout est un vaste domaine également, et si on se penche sur la segmentation (décomposer une ligne en mots, un mot en lettres), on sent vite des problèmes complexes apparaître... Finalement, la reconnaissance des lettres prises une par une paraît bien simple quand on prend la mesure du projet complet.
Quant à la reconnaissance des partitions musicales, le problème est là encore plus complexe qu'il n'y paraît, sans doute davantage même que la reconnaissance de texte (mais tout dépend de la complexité et de la qualité de la partition). La thèse de Bertrand Couäsnon était en ligne autrefois, j'en conseille sa lecture aux intéressés : http://www.irisa.fr/imadoc/HTML/B..Couasnon.fr.html mais impossible de remettre un lien dessus ?!
Tous ces problèmes sont résolus facilement par l'homme car ils nécessitent l'agrégation d'informations redondantes et disparates : toutes choses difficiles à formaliser pour l'ordinateur. La plupart des erreurs commises par les logiciels paraissent évidentes à l'humain ; pourtant si celui-ci doit expliquer les raisons de l'erreur, il va voir que ses explications vont chercher, au final, bien plus loin que ne peuvent "voir" les programmes.