Quand on parle de propriété privée, tout le monde entend,
on va me piquer ma montre, mes chaussures et ma maison (pour ceux qui en ont une)
Mais le vrai problème, le vrai débat devrait être celui de la propriété privée des moyens de production. Qu'est-ce qui justifie que le détenteur du capital d'une entreprise ait la monopole du pouvoir dans cette entreprise ? Le temps, l'energie, l'amour, la conviction, le savoir-faire, les espoirs, ... mis par (certains) salariés dans leur travail et dans leur entreprise, tout cela ne vaut rien dans le système actuel.
Si la boîte est vendue par exemple, le nouveau propriétaire peut en faire ce qu'il veut, c'est son droit le plus strict. Son intérêt peut concorder avec celui de la collectivité qu'est l'entreprise, mais pas forcément. Il peut aussi se tromper, changer de stratégie, trahir les idéaux et principes fondateurs de l'entreprise (on dit "l'esprit d'entreprise" en jargon), revendre par appartement, ... Parfois même, le rachat se fait aux frais de l'entreprise elle-même (cherchez LBO, ou plus exactement LMBI, vous comprendrez !)
Ayant moi-même vécu cela (forte implication dans une boîte en tant que salarié, rachat, décisions absurdes, ...), j'ai compris qu'un salarié dans le système capitaliste n'est qu'un moyen de production, au même titre qu'une machine ou un brevet. Depuis je suis devenu un capitaliste moi aussi. J'ai monté une boîte dans laquelle je décide, qui marche bien et se développe, grâce à moi bien sûr, mais aussi grâce aux salariés avec qui je travaille, avec qui je bois le café tous les jours, et partage les joies et les espoirs de l'aventure qu'est la construction d'une entreprise. Et pourtant, eux n'ont aucun droit de regard sur les décisions que les détenteurs du capital (mes deux associés et moi-même) prennent...
Le vrai problème qui n'est jamais abordé dans notre société est à mon sens celui de la démocratie : on en dispose formellement dans le domaine politique, mais alors que l'économie s'affranchit de plus en plus des contraintes nationales (donc politiques), elle échappe totalement à toute démocratie !
Alors voilà, la propriété privée des moyens de production, les règles absolument arbitraires qui s'y rattachent, tout cela me semble avant tout un moyen de préserver un ordre social établi et le confort des plus favorisés.
Quant au libéralisme (économique), il me semblerait bien plus crédible s'il commençait pas proposer la suppression de la transmission héréditaire des pouvoirs (économiques) et les logiques d'accumulation du capital et mettait réellement en avant la "valeur" travail, l'esprit d'entreprise et la créativité. Ne croyez vous pas que si chacun était réellement impliqué (par un peu de démocratie, sur le modèle des coopératives par exemple, 1 homme une voix, et non un euro une voix) dans le devenir de son entreprise, la productivité croitrait formidablement ?
Juste mes deux centimes d'euros comme disent nos amis...
[^] # Re: Les réponses de Bové
Posté par Franck Routier (Mastodon) . En réponse à la dépêche Réponse de la candidate Marie-George Buffet à Candidats.fr. Évalué à 9.
Quand on parle de propriété privée, tout le monde entend,
Mais le vrai problème, le vrai débat devrait être celui de la propriété privée des moyens de production. Qu'est-ce qui justifie que le détenteur du capital d'une entreprise ait la monopole du pouvoir dans cette entreprise ? Le temps, l'energie, l'amour, la conviction, le savoir-faire, les espoirs, ... mis par (certains) salariés dans leur travail et dans leur entreprise, tout cela ne vaut rien dans le système actuel.
Si la boîte est vendue par exemple, le nouveau propriétaire peut en faire ce qu'il veut, c'est son droit le plus strict. Son intérêt peut concorder avec celui de la collectivité qu'est l'entreprise, mais pas forcément. Il peut aussi se tromper, changer de stratégie, trahir les idéaux et principes fondateurs de l'entreprise (on dit "l'esprit d'entreprise" en jargon), revendre par appartement, ... Parfois même, le rachat se fait aux frais de l'entreprise elle-même (cherchez LBO, ou plus exactement LMBI, vous comprendrez !)
Ayant moi-même vécu cela (forte implication dans une boîte en tant que salarié, rachat, décisions absurdes, ...), j'ai compris qu'un salarié dans le système capitaliste n'est qu'un moyen de production, au même titre qu'une machine ou un brevet. Depuis je suis devenu un capitaliste moi aussi. J'ai monté une boîte dans laquelle je décide, qui marche bien et se développe, grâce à moi bien sûr, mais aussi grâce aux salariés avec qui je travaille, avec qui je bois le café tous les jours, et partage les joies et les espoirs de l'aventure qu'est la construction d'une entreprise. Et pourtant, eux n'ont aucun droit de regard sur les décisions que les détenteurs du capital (mes deux associés et moi-même) prennent...
Le vrai problème qui n'est jamais abordé dans notre société est à mon sens celui de la démocratie : on en dispose formellement dans le domaine politique, mais alors que l'économie s'affranchit de plus en plus des contraintes nationales (donc politiques), elle échappe totalement à toute démocratie !
Alors voilà, la propriété privée des moyens de production, les règles absolument arbitraires qui s'y rattachent, tout cela me semble avant tout un moyen de préserver un ordre social établi et le confort des plus favorisés.
Quant au libéralisme (économique), il me semblerait bien plus crédible s'il commençait pas proposer la suppression de la transmission héréditaire des pouvoirs (économiques) et les logiques d'accumulation du capital et mettait réellement en avant la "valeur" travail, l'esprit d'entreprise et la créativité. Ne croyez vous pas que si chacun était réellement impliqué (par un peu de démocratie, sur le modèle des coopératives par exemple, 1 homme une voix, et non un euro une voix) dans le devenir de son entreprise, la productivité croitrait formidablement ?
Juste mes deux centimes d'euros comme disent nos amis...