• [^] # Re: Michel Rocard va plancher sur le numérique pour Ségolène Royal

    Posté par . En réponse à la dépêche Les positions des candidats à la présidentielle en matière de technologies de l'information. Évalué à 2.

    > C'est agaçant cette propension à traiter de sectaires les gens qui tout simplement ont des idées.

    1) je ne t'ai pas traité de sectaire... Mais effectivement, l'idée que Rocard ne puisse pas travailler avec Bayrou me semble être fausse (ils ont déjà travaillé ensemble) et relever d'une forme de sectarisme absurde, puisque les idées de ces deux là sont compatibles à 99%.

    2) Si j'interprète bien, pour toi, un centriste n'a pas d'idée. C'est élégant ça...

    3) Quelles sont les idées qui, effectivement, interdiraient à la plupart des socialistes de gouverner avec les centristes ? Sur les sujets sociétaux, les lignes de fractures ne recoupent pas les frontières des partis. Reste l'économie essentiellement, me semble-t-il.

    Les électeurs du PS souhaitent-ils revenir à une économie planifiée, contestent-ils l'économie de marché, savent-ils décrire autre chose qui marcherait ? Non.
    Les électeurs centristes prônent-ils l'abolition de la sécu, du droit du travail, du CDI, la privatisation de La Poste ou de l'EDF, étaient-ils content du bradage des autoroutes ? Non.
    Qui veut sortir de l'Europe, fermer totalement les frontières ? Personne.
    Qui conteste l'importance des problématiques environnementales ? Personne non plus.
    Qui a l'impression que le "modèle" US (ou chinois) est de nature darwiniste et finalement très éloigné de ce que nous avons envie de bâtir en France ? Plein de monde.

    Donc, entre les électeurs du centre gauche, du centre droit, du centre tout court, où sont les différences fondamentales qui interdiraient tout travail commun ? Elles existent essentiellement à l'état de phantasme. Il y a des nuances, des propositions parfois incompatibles à la marge, mais sinon tout le monde a grosso-modo des idées assez proches, ou des différences sur des points suffisamment mineurs pour que ça n'empêche pas d'avancer quand même.

    Certains jugent qu'on peut dépenser plus pour du social, d'autres jugent que l'on dépense trop mal et qu'on ferait mieux de dépenser mieux. Mais nul n'a envie de ruiner les entreprises ou d'abolir l'État.

    Reste le problème de la dette, qui est abordé de manière plus ou moins - comment dire ? - détachée ? distanciée ? sérieuse ? dramatique ? suivant les candidats. Mais même là, on devrait trouver un terrain d'entente entre électeurs : si elle n'inquiète pas apparemment les cadres du PS ou de l'UMP, les français n'aiment pas la dette qui enrichit trop les très riches...


    P.S. : sur le "coup d'état permanent" de Mitterrand qui vaudrait "prior art" pour les réformes constitutionnelles, je te rappelle qu'il a été 14 ans au pouvoir... Il a gaillardemment ignoré l'esprit de la constitution en restant au pouvoir en 86 et a contribué à la ruiner. C'est sous sa férule que les affaires des marchés publics d'Ile-de-France, l'OPAC HLM de Paris, les frégates de Taïwan, l'affaire Elf (et j'en passe) se sont développées, et certainement pas à son insu... Chirac fut son digne successeur de ce point de vue.

    Alors j'oserai même dire que je te trouve un peu gonflé sur ce coup là, de te référer à Tonton pour expliquer que Bayrou n'a pas d'idées... :-)

    Au plaisir.