• [^] # Re: Le bon ordre sur le clavier.

    Posté par . En réponse à la dépêche Rencontre Logiciels Libres, présentation sur la dactylographie à Toulouse. Évalué à 3.

    L'outil d'écriture utilisé pour collecter la parole dans des lieux comme les tribunaux et autres assemblées dépend de la fonction de la parole, et de destination des écrits qui en résulteront.

    a) collecte intégrale de la parole dite,
    mais aussi des silences, des toussotements... et des productions verbales diverses, ce qui suppose une prise à une vitesse moyenne comprise entre 100 à 140 mots par minute, selon l'orateur, avec des pointes vers les 190 mots par minute, pour suivre et même anticiper la vitesse de la parole (c'est sportif !) : dans ce cas on utilise soit la sténo classique avec papier-crayon, avec des sténographes se relayant de quart d'heure et quart d'heure car pour chaque quart d'heure de prise, il faut compter une heure et demi de transcription. Les signes utilisés dans ce cas ne sont plus de signes alphabétiques mais des signes géométriques, chaque signe représentant non plus une lettre, mais un son, voire un groupe de sons.
    On utilise aussi de plus en plus la sténotypie, donc un système de sténographie sur clavier - le système le plus utilisé en France est le Grandjean : il comprend beaucoup moins de touches qu'un clavier classique, le principe de collecte du son est un peu le même que pour la sténo. La machine retranscrit en clair la parole collectée, mais la mise au net définitive nécessite une relecture attentive pour corriger les erreurs d'interprétation de la machine (encore assez fréquente en cas d'homophonie). Le sténotypiste a toutefois la possibilité de paramétrer la reconnaissance du vocabulaire selon le contexte de la prise.
    Ces deux systèmes nécessitent un apprentissage très long, de plusieurs centaines d'heures, et sont des métiers à part entière.

    b) pour une prise complète du propos, mais non pas des termes du propos, un dactylographe bien entrainé (gestuelle à dix doigts impérative), maitrisant bien son domaine d'intervention (juridique, spécialité industrielle ou autre,...) y arrive, à condition d'écrire autour de la vitesse de croisière de 60 mots par minute (vitesse pour le français). Il est de plus nécessaire de bien maitriser les différentes techniques de prise de note et de rédaction de compte-rendu. Les greffiers de tribunaux sont, il est vrai, assez spectaculaires, et très efficaces, bien qu'ils utilisent encore azerty.

    Voilà un bref tableau qui je l'espère répondra en partie à votre question.