• [^] # Re: Traduction du document

    Posté par . En réponse à la dépêche Rapport pour la Commission européenne sur le logiciel libre. Évalué à 9.

    Si l'anglais s'impose c'est parce que ça arrange la plupart des pays

    Non, c'est parce qu'il s'est imposé économiquement et politiquement. Ça aurait très bien pu être le français ou l'allemand.

    Encore une fois, j'en reviens à l'exemple de la Belgique, mais la première seconde langue enseignée dans le pays est l'anglais. Alors que politiquement, le pays a tout intérêt à ce que tout belge soit bilingue flamand/français. Pour prendre un autre exemple, il serait impensable pour un pays de prendre la décision individuelle d'enseigner l'esperanto en seconde langue. La raison est qu'aujourd'hui pour avoir de l'emploi dans le secteur tertiaire, c'est l'anglais qui prévaut.

    L'argument le plus important en défaveur d'un unilinguisme anglais est que c'est une langue compliquée. Les exceptions, les différences de sens des mots suivant le contexte, ça demande énormément d'effort à assimiler. Bien souvent, sans immersion, c'est peine perdue d'espérer maitriser l'anglais. Du coup, il se crée une situation d'injustice sur le plan international : les anglophones de naissance sont favorisés quand il s'agit de débattre, de conclure des affaires, de donner leur point de vue. On commence d'ailleurs à apercevoir de plus en plus d'offres d'emplois mentionnant "English mother tongue". Encourager l'unilinguisme anglais, c'est favoriser la domination culturelle des pays dont la langue officielle est l'anglais. Et on peut en apprécier l'effet le plus superficiel : l'anglicisation des langues subordonnées dans des domaines comme l'informatique.

    Donc, non, je ne pense pas du tout que ça arrange la plupart des pays. D'ailleurs le discours officiel habituel est celui du plurilinguisme, pas du tout celui de l'unilinguisme anglais.


    respecteux des scpécificités locales

    Mais justement, la dominance de l'anglais c'est la garantie :
    - soit d'une mise à l'écart des langues nationales, et donc d'un déficit culturel ;
    - soit d'un frein dont seraient victimes les non-anglophones de naissance à exprimer leurs points de vue, leur culture, et donc d'un déficit culturel.

    L'utilisation d'une langue commune, neutre et simple est la garantie d'un échange culturel équitable, d'un brassage d'idée efficace. À ce niveau là, on peut apprécier les effets positifs que revêterait l'adoption de l'esperanto au niveau de l'UE : enfin un support pour une identité européenne, pour un dialogue européen.