• [^] # Re: Partisan ?

    Posté par . En réponse à la dépêche La guerre contre l'ODF et le RGI fait rage.... Évalué à 4.

    Pour ce qui est de la redistribution, je t'avoue que je ne peux que te croire sur parole, je n'ai pas vraiment d'informations sur ce domaine.

    Tu les trouves dans l'"état de la France" édité tous les ans par le monde je crois, ou dans les statistiques officielles de l'insee. Le pourcentage du PIB distribué en salaires en assimilé est au plus bas, et a perdu 10 points en 20 ans. Environ 150 milliards d'euros par an qui partaient en salaires et/ou retraites il y a 25 ans et qui partent en profits boursiers. De quoi combler les trous des halles, de la sécu, des retraites et des assedics.

    Mais je pense qu'il ne faut pas assimiler le capitalisme et ses dérives. Les exemples que tu me donne là me font surtout penser à des dérives. Pas que je sois un grand fan du capitalisme, mais justifier les comportement d'une entreprise par "c'est normal c'est le système capitaliste le but d'une entreprise c'est de faire de l'argent", ça ne me paraît pas très satisfaisant.
    C'est simplement la réalité telle qu'elle est. L'économie résulte de l'équilibre politique entre cette volonté et le bien public, tel que le politique est censé l'assuré. Les lois contraignante contre les entreprises (code du travail, protection de la santé, de l'environnement) résulte du nécessaire équilibrage politique. La destruction de certaines de ces protections depuis 25 ans explique largement les dérives actuelles.

    "L'état ne peut pas tout!" Lionel Jospin, ou le politique soumis aux diktats des marchés financiers. "La politique ne se décide pas à la corbeille!" De Gaulle, ou la pééminence du politique sur les marchés financiers.

    Ton exemple de script ne raconte rien d'autre qu'une vision de profit à plus ou moins long terme. Mais dans les deux cas c'est le profit le moteur, pas la qualité du code. MS en est un autre exemple. La qualité de ses logiciels n'a guère d'importance (par exemple en terme de sécurité), sauf lorsque cela menace son monopole en ouvrant la voie à des concurrents. Peu importe que cela coute à long terme plus cher, entretemps on a viré la concurrence.

    Bref, pour paraphraser Henry Ford :
    "L'entreprise doit faire des profits sinon elle mourra ; mais si on tente de faire fonctionner l'entreprise uniquement sur le profit, alors elle mourra aussi car elle n'aura plus de raison d'être".

    Sa Forderie, un jour, appelat un de ses sous-directeurs pour lui demander de vérifier s'il existait une pièce des ford T qui ne cédait jamais. Après enquête, il s'en trouva une (un cardan ou un truc dans ce genre là). Aussitôt Notre Ford fit diminuer la qualité de cette pièce. Pour le profit ou pour le plaisir de faire des voitures d'encore plus mauvaise qualité? Cette histoire est racontée par SJ Gould dans un de ces bouquins pour illustrer un mécanisme de l'évolution.

    Je pense que Sa Forderie fonctionnait pour l'argent. On apprenait au lycée, lorsque j'y étais, que son hypothèse était qu'en payant correctement les ouvriers, ils pourraient lui acheter ses voitures et lui feraient gagner encore plus d'argent. Créer un marché pour créer de le consommation, tel est le credo.

    Il n'y a qu'un capitalisme libéral. Il tend naturellement vers un modèle soviétique (un seul produit, une seule entreprise), c'est la régulation politique (les lois antitrust) qui limitent cela. L'informatique est un des exemples ou le politique a clairement échoué à contrer cette tenbance. D'où l'importance politique du RGI qui est un moyen de revenir sur cet échec.