Je suis bien conscient des problèmes que le fair use soulève lorsque l'on essaie de le concilier avec d'autres conceptions juridiques ou contractuelles (GFDL ou droit d'auteur par exemple).
Je suis d'accord sur le fait que l'on peut invoquer le fair use pour des usages "non fair", mais par contre je pense que la plupart du temps, ce n'est pas le cas. Y compris pour les jaquettes de CD. Je ne pense pas que ça puisse favoriser la contrefaçon, Napster et Audiogalaxy existaient bien avant que l'on en voit partout sur le net. Je trouve que c'est au contraire un bon outil de publicité (une des raisons pour lesquelles on achète des albums dans le commerce, c'est de posséder un bel objet chez soi, représentatif d'une partie de notre culture), et un indispensable vecteur de confort chez les utilisateurs (les lecteurs de musique qui vont chercher les couv' sur le web).
Il est vrai que l'obligation de faire valoir ses droits par procès est fort handicapante pour un auteur. Mais cet handicap pour une partie de la population est honnêtement contrebalancé, je pense, par la liberté qui règne dans l'utilisation par le public des oeuvres.
En fait, tout cela renvoie au combat théorique permanent entre les tenants d'une propriété intellectuelle forte appartenant aux auteurs, et entre ceux qui considèrent que la culture et le savoir appartiennent à l'humanité (sans forcément refuser certaines concessions pour que ceux qui alimentent cette culture et ce savoir puissent vivre de leur travail).
Quand tu parles du libre qui repose sur un droit d'auteur extrêmement fort, on peut voir à quel point le mélange des philosophies derrière les différentes constructions juridiques (droit d'auteur, copyright) et les différentes conceptions contractuelles (GPL, GFDL, CC, ...) donne quelque chose d'assez imbuvable, difficile à appréhender. Ce micmac de conceptions n'est pas étonnant quand on sait que lorsque Stallman a écrit avec Eben Moglen la GPL, il a en fait utilisé le copyright anglo-saxon pour créer un espace juridique parallèle. Au lieu d'attaquer la loi de front et faire plier l'opinion publique et ses législateurs pour qu'elle reflète sa philosophie, il a préféré la contourner.
Aujourd'hui, le logiciel libre est de plus en plus utilisé, autant par les pragmatiques que les idéalistes rompu des paroles de Stallman. Et l'on commence à s'interroger sur le bienfondé de cette liberté dans des domaines de plus en plus variés de la création intellectuelle (que l'on peut dorénavant appeler information), qu'elle soit de type utilitaire (logiciels, encyclopédie, médicaments, savoirs, ...) ou artistique (musique, films, ...).
Je pense que l'on doit faire ressurgir les débats d'antan, lorsque la propriété intellectuelle était un concept fraichement inventé dont tout le monde se méfiait, même les législateurs. S'affranchir de tous les systèmes théoriques se confrontant sur le sujet, et revenir aux questions fondamentales : qu'est-ce qu'une création intellectuelle, quelles sont ses propriétés, quels droits humains implique-t-elle. Enfin, à partir de là, rechercher un compromis social pour rémunérer les travailleurs intellectuels. Et à ce niveau, on est loin d'avoir fini d'explorer toutes les solutions (comme la licence globale de l'Alliance Puble.Artiste supportée par la Spedidam, le domaine public par défaut mais payant pour les utilisations commerciales, cher à Victor Hugo, ...).
[^] # Re: Blocage levé
Posté par yoplait . En réponse à la dépêche De nouveaux caps franchis pour les Wikipédia. Évalué à 4.
Je suis d'accord sur le fait que l'on peut invoquer le fair use pour des usages "non fair", mais par contre je pense que la plupart du temps, ce n'est pas le cas. Y compris pour les jaquettes de CD. Je ne pense pas que ça puisse favoriser la contrefaçon, Napster et Audiogalaxy existaient bien avant que l'on en voit partout sur le net. Je trouve que c'est au contraire un bon outil de publicité (une des raisons pour lesquelles on achète des albums dans le commerce, c'est de posséder un bel objet chez soi, représentatif d'une partie de notre culture), et un indispensable vecteur de confort chez les utilisateurs (les lecteurs de musique qui vont chercher les couv' sur le web).
Il est vrai que l'obligation de faire valoir ses droits par procès est fort handicapante pour un auteur. Mais cet handicap pour une partie de la population est honnêtement contrebalancé, je pense, par la liberté qui règne dans l'utilisation par le public des oeuvres.
En fait, tout cela renvoie au combat théorique permanent entre les tenants d'une propriété intellectuelle forte appartenant aux auteurs, et entre ceux qui considèrent que la culture et le savoir appartiennent à l'humanité (sans forcément refuser certaines concessions pour que ceux qui alimentent cette culture et ce savoir puissent vivre de leur travail).
Quand tu parles du libre qui repose sur un droit d'auteur extrêmement fort, on peut voir à quel point le mélange des philosophies derrière les différentes constructions juridiques (droit d'auteur, copyright) et les différentes conceptions contractuelles (GPL, GFDL, CC, ...) donne quelque chose d'assez imbuvable, difficile à appréhender. Ce micmac de conceptions n'est pas étonnant quand on sait que lorsque Stallman a écrit avec Eben Moglen la GPL, il a en fait utilisé le copyright anglo-saxon pour créer un espace juridique parallèle. Au lieu d'attaquer la loi de front et faire plier l'opinion publique et ses législateurs pour qu'elle reflète sa philosophie, il a préféré la contourner.
Aujourd'hui, le logiciel libre est de plus en plus utilisé, autant par les pragmatiques que les idéalistes rompu des paroles de Stallman. Et l'on commence à s'interroger sur le bienfondé de cette liberté dans des domaines de plus en plus variés de la création intellectuelle (que l'on peut dorénavant appeler information), qu'elle soit de type utilitaire (logiciels, encyclopédie, médicaments, savoirs, ...) ou artistique (musique, films, ...).
Je pense que l'on doit faire ressurgir les débats d'antan, lorsque la propriété intellectuelle était un concept fraichement inventé dont tout le monde se méfiait, même les législateurs. S'affranchir de tous les systèmes théoriques se confrontant sur le sujet, et revenir aux questions fondamentales : qu'est-ce qu'une création intellectuelle, quelles sont ses propriétés, quels droits humains implique-t-elle. Enfin, à partir de là, rechercher un compromis social pour rémunérer les travailleurs intellectuels. Et à ce niveau, on est loin d'avoir fini d'explorer toutes les solutions (comme la licence globale de l'Alliance Puble.Artiste supportée par la Spedidam, le domaine public par défaut mais payant pour les utilisations commerciales, cher à Victor Hugo, ...).