- L'inégalité, pour moi, c'est justement l'existence des lobbies, auxquels on demande leur avis en élaborant une loi (qui, une fois votée et promulguée, s'impose à tous), qui représente une inégalité. Car les membres de ces groupes sont déjà représentés par les élus (certains font mal ce travail, c'est une faute) : il y a doublon.
- par "membres", j'entends des citoyens : les entreprises n'en étant pas, je ne leur reconnais aucun droit à intervenir dans un quelconque débat. Quant aux artisans, ils ont le droit de vote et sont donc représentés au Parlement, tout comme chacun des instits, etc. Je ne vois pas comment faire mieux en termes d'égalité.
- par contre, des lobbies de citoyens (boulangers compris) désireux de promouvoir certains sujets (la liberté du logiciel, le besoin d'abolir ou de rétablir la peine de mort, celui de protéger la biodiversité...) me semblent légitimes, parce qu'ils joueraient alors un rôle qu'on pourrait qualifier de partis politiques thématiques. Mais comme ils ne prétendraient pas s'occuper de tous les aspects le l'intérêt général, je serais hostile à ce qu'ils puissent avoir des élus.
Pas de lobby "boulange" dans mes exemples, parce que je vois mal qui, à part les boulangers et les meuniers, pourrait avoir des propositions particulières sur la boulange. Et si, comme je le propose, ils n'ont pas le droit de s'organiser en lobby sur le sujet, personne d'autre ne ressentira le besoin d'en créer un.
- Sylvain, tu définis "s'associer" par "adhérer à une association, une corporation, ou à tout autre forme de groupement à but représentatif". Justement, je conteste à tout groupement professionnel le plus petit début de représentativité ! La République est, par essence, représentative, sinon à quoi sert le Parlement, aussi appelé "représentation nationale" ? Toute autre organisation qui se prédendrait représentative (de quoi, d'ailleurs ?) est un doublon porteur d'inégalités.
Je suis mille fois d'accord pour dire que la représentation parlementaire déconne profondément en France -les députés européens me semblent travailler beaucoup mieux. On pourrait discuter des manières de l'améliorer. Mais ce n'est pas une raison pour changer complètement de système, en passant à une "démocratie participative" où, comme son nom l'indique, ce serait ceux qui "participent" le plus qui auraient le plus de pouvoirs. Là sont les "niches" que tu crains tant, et en l'occurence moi aussi. Comme je crains qu'il s'agisse précisément de la direction dans laquelle la France dérive actuellement.
- Avant que vous posiez la question : non, je ne pense pas non plus qu'il soit pertinent de consulter les syndicats dans l'élaboration d'une loi. Ils ne représentent guère que leurs adhérents, ce qui créerait donc un nouveau doublon.
Sylvain, "on" parle bien de syndicats de médecins, et je suis convaincu que, comme les syndicats de cheminots, ils ne cherchent rien d'autre que des avantages pour eux-mêmes, qu'il nomment "progrès sociaux" dans le but de masquer cet égoïsme au reste de leurs contemporains, puisque d'une manière ou d'une autre, ce sont eux qui paieront.
Je remarque d'ailleurs que ceux qui s'en tirent le mieux, dont les médecins, les cheminots et d'autres occupants de "niches", se débrouillent pour qu'on leur demande leur avis (la co-gestion de la sécu, un scandale) ou pour le donner si fort que personne ne peut faire semblant de ne pas l'entendre (les grèves des transports).
Accessoirement, tous ces groupes, organisés par entreprise et par métiers (corporations, donc) se réunissent dans des confédérations (le C de la plupart des syndicats nationaux) qui tentent de donner une cohérence idéologique à l'ensemble et lui donner une coloration politique afin de tenter de légitimer l'influence qu'ils souhaitent avoir sur les lois. Ma définition du corporatisme, ce serait précisément si on leur donnait un rôle institutionnel : ce système légitimerait la captation du "progrès social" par les mieux organisés.
Egalement à Sylvain : je me demande toujours quelle est cette entreprise si bien "encadrée"
A lunique : Pour ma part, je ne crois pas que les intérêts particuliers, une fois satisfaits, conduisent miraculeusement à l'intéret général : je crois même le contraire. Notre intérêt particulier à chacun, qui est de continuer à consommer beaucoup d'énergie et à ne rien changer à notre mode de vie, est quand même en train de bouleverser suffisamment le climat pour remettre en cause tout l'écosystème. Quel intérêt plus général, pourtant, que de garantir le maintien de conditions favorables à la continuité de l'espèce humaine ?
[^] # Re: Le travail de la commission européenne
Posté par AlexZl . En réponse à la dépêche Parlement européen : la résolution de soutien à l'EPLA tourne au vote de défiance envers l'OEB. Évalué à 1.
- L'inégalité, pour moi, c'est justement l'existence des lobbies, auxquels on demande leur avis en élaborant une loi (qui, une fois votée et promulguée, s'impose à tous), qui représente une inégalité. Car les membres de ces groupes sont déjà représentés par les élus (certains font mal ce travail, c'est une faute) : il y a doublon.
- par "membres", j'entends des citoyens : les entreprises n'en étant pas, je ne leur reconnais aucun droit à intervenir dans un quelconque débat. Quant aux artisans, ils ont le droit de vote et sont donc représentés au Parlement, tout comme chacun des instits, etc. Je ne vois pas comment faire mieux en termes d'égalité.
- par contre, des lobbies de citoyens (boulangers compris) désireux de promouvoir certains sujets (la liberté du logiciel, le besoin d'abolir ou de rétablir la peine de mort, celui de protéger la biodiversité...) me semblent légitimes, parce qu'ils joueraient alors un rôle qu'on pourrait qualifier de partis politiques thématiques. Mais comme ils ne prétendraient pas s'occuper de tous les aspects le l'intérêt général, je serais hostile à ce qu'ils puissent avoir des élus.
Pas de lobby "boulange" dans mes exemples, parce que je vois mal qui, à part les boulangers et les meuniers, pourrait avoir des propositions particulières sur la boulange. Et si, comme je le propose, ils n'ont pas le droit de s'organiser en lobby sur le sujet, personne d'autre ne ressentira le besoin d'en créer un.
- Sylvain, tu définis "s'associer" par "adhérer à une association, une corporation, ou à tout autre forme de groupement à but représentatif". Justement, je conteste à tout groupement professionnel le plus petit début de représentativité ! La République est, par essence, représentative, sinon à quoi sert le Parlement, aussi appelé "représentation nationale" ? Toute autre organisation qui se prédendrait représentative (de quoi, d'ailleurs ?) est un doublon porteur d'inégalités.
Je suis mille fois d'accord pour dire que la représentation parlementaire déconne profondément en France -les députés européens me semblent travailler beaucoup mieux. On pourrait discuter des manières de l'améliorer. Mais ce n'est pas une raison pour changer complètement de système, en passant à une "démocratie participative" où, comme son nom l'indique, ce serait ceux qui "participent" le plus qui auraient le plus de pouvoirs. Là sont les "niches" que tu crains tant, et en l'occurence moi aussi. Comme je crains qu'il s'agisse précisément de la direction dans laquelle la France dérive actuellement.
- Avant que vous posiez la question : non, je ne pense pas non plus qu'il soit pertinent de consulter les syndicats dans l'élaboration d'une loi. Ils ne représentent guère que leurs adhérents, ce qui créerait donc un nouveau doublon.
Sylvain, "on" parle bien de syndicats de médecins, et je suis convaincu que, comme les syndicats de cheminots, ils ne cherchent rien d'autre que des avantages pour eux-mêmes, qu'il nomment "progrès sociaux" dans le but de masquer cet égoïsme au reste de leurs contemporains, puisque d'une manière ou d'une autre, ce sont eux qui paieront.
Je remarque d'ailleurs que ceux qui s'en tirent le mieux, dont les médecins, les cheminots et d'autres occupants de "niches", se débrouillent pour qu'on leur demande leur avis (la co-gestion de la sécu, un scandale) ou pour le donner si fort que personne ne peut faire semblant de ne pas l'entendre (les grèves des transports).
Accessoirement, tous ces groupes, organisés par entreprise et par métiers (corporations, donc) se réunissent dans des confédérations (le C de la plupart des syndicats nationaux) qui tentent de donner une cohérence idéologique à l'ensemble et lui donner une coloration politique afin de tenter de légitimer l'influence qu'ils souhaitent avoir sur les lois. Ma définition du corporatisme, ce serait précisément si on leur donnait un rôle institutionnel : ce système légitimerait la captation du "progrès social" par les mieux organisés.
Egalement à Sylvain : je me demande toujours quelle est cette entreprise si bien "encadrée"
A lunique : Pour ma part, je ne crois pas que les intérêts particuliers, une fois satisfaits, conduisent miraculeusement à l'intéret général : je crois même le contraire. Notre intérêt particulier à chacun, qui est de continuer à consommer beaucoup d'énergie et à ne rien changer à notre mode de vie, est quand même en train de bouleverser suffisamment le climat pour remettre en cause tout l'écosystème. Quel intérêt plus général, pourtant, que de garantir le maintien de conditions favorables à la continuité de l'espèce humaine ?