• [^] # Re: Le bon État face au vil Marché

    Posté par . En réponse à la dépêche Entretien avec Richard Stallman au sujet des DRMs. Évalué à 10.

    L'histoire est un éternel recommencement : les périodes de commerce libre débridé suivent les périodes de protectionnisme avancé. Parler de « tendances régressives » dans ce genre de cas est à mon avis un peu fort ; je dirais plutôt que ce sont des évolutions...

    Autre exemple, dans les entreprises cette fois : l'externalisation. Un coup on externalise parce que ça coûte moins cher, puis on se rend compte que finalement c'est pas si génial, et on réinternalise, du moins partiellement. Sont-ce des régressions ? Sont-ce des améliorations ? Franchement, il est difficile de le dire... du coup ce sont des évolutions :)

    Comme toujours, tout est une question d'équilibre : le libre échange sans contrôles un minimum démocratiques ne peut pas fonctionner durablement, la planification soviétique de l'économie et de la société non plus. Le problème est que souvent on donne des coups de gouvernail de bourrin là où il faudrait modifier subtilement le cap.

    Quant à la communauté Andine, je me demande bien depuis quand les communautés économiques sont une bonne chose. Il s'agit d'un groupement d'intérêts purement économiques... si un membre estime que les intérêts (toujours économiques) du groupe ne sont plus les siens, il a tout intérêt à en sortir. Car si l'union fait la force, le regroupement hétéroclite de membres ayant des visions divergentes est le meilleur moyen de se ligoter soi-même.

    L'économie n'est pas une science que l'on peut dissocier de la notion de corps social : l'économie vit par et surtout pour ce corps social. S'il n'existe pas de corps social, il ne peut pas exister de politique économique cohérente. C'est ce qui se passe en Europe aujourd'hui, et c'est plutôt le bordel, en tout cas c'est plutôt très peu démocratique (cause ? conséquence ?).

    Tout ça pour en revenir au sujet : l'aspect économique d'un logiciel (sa gratuité) n'est rien sans son aspect social (la façon dont les gens le perçoivent et peuvent l'utiliser, le modifier, etc). C'est un quelque sorte ce que veut dire RMS, et je pense qu'il a entièrement raison : dans le cadre du logiciel libre, la gratuité du logiciel est juste une conséquence des libertés dont bénéficie et qu'offre ce logiciel. C'est le deuxième effet Kiss Cool, quoi ;)

    Le logiciel libre est donc sur le terrain social et déborde vers l'économie, ce qui est le bon sens à mon avis ;)
    Le logiciel Open Source est sur le terrain de l'économique et parfois déborde sur le terrain du social... à l'envers ; enfin, tout dépend si on se place du côté de « l'intérêt général » ou du côté de l'intérêt des actionnaires de certains éditeurs de logiciels ;)