On reconnait un développeur à ce qu'il fait (sa compétence) et non pas à ce qu'il souhaiterait qu'on dise de lui soit pour des raisons financières soit pour des raisons de statut (je représente le libre en France et "sans nous personne ne peut défendre les intérêts contre les méchantes éditeurs proprios (bouh)".
Mais à bien y regarder les SSLL ont le même business que les SSII : vendre de la viande, sauf que c'est comme le café max havelar c'est étiquetté "éthique". Etique je dirais parfois. Lorsque j'ai commencé dans le logiciel libre on ne regardais pas vos diplomes pour vous accepter sur un projet voir une entreprise, aujourd'hui, la pratique du libre continue à l'identique sans discrimination voulue (hors communication écrite), par contre les boites du libre elles n'ont pas forcément gardé le pli. Les SSLL se veulent et veulent des "experts du libre" crédibles (un ingénieur ça en jette plus qu'un BTS info pour être expert). Combien d'experts linux (je sais toujours pas ce que c'est) traînent ainsi en France? Si ils sont experts est-ce à dire que sur les forums ou face à un non informaticien, non salarié de SSLL (mais qui lui participe à un projet libre) leur parole est plus pertinente? Et le diplôme prime t'il sur la pratique ?
Les individus qui font le pari du libre, s'afranchissent de la logique des experts. Ce n'est pas tant le coût que l'on peut reprocher à SAP, oracle, windows que la dépendance à l'expertise de ses éditeurs et affiliées (les ssii/consultant) due à l'extrême complexité de la mise en oeuvre de leur produit. La logique de popularisation de *tous* les aspects de l'informatique (code, stratégie, système, documentation, internationalisation, intégration, assurance qualité) va à l'encontre du modèle de l'expertise. Un développeur libre est rarement expert en gestion de version, en documentation en système en communication, mais il en fait. (Et, le libre sera mort quand il y aura un DESS en génie logiciel libre.)
Le libre c'est comme un ensemble d'ateliers polyvalents d'artisans foisonnant qui chacun à ses manies (diverses et variées) mais qui produisent pleins d'outils en s'échangeant librement d'atelier à atelier des pièces, des savoirs, des coups de mains. La seule condition pour être acceptée dans ce réseau ? Rentrer et dire bonjour. La valeur du modèle réside dans son réseau non dans sa production.
A coté les SSLL pour "rassurer les entreprises" -qui veulent un interlocuteur unique spécialiste- vont aller piocher des artefacts qui sortent de ces ateliers et les proposer à leurs clients. Mais est-ce l'artefact, le logiciel qui a de la valeur, ou de rentrer dans le réseau des ateliers pour le client ? Est ce l'intérêt des SSLL (éditrice de logiciel) que l'on se passe d'elles ?
De toute façon dans la tradition informatique française on valorise le logiciel ; les SSLL ne vendent pas la démarche de participer au libre parce que de toute façon on le leur achéterait pas. Que diriez vous si votre plombier vous disait qu'il veut bien venir réparer chez vous que si vous le payez aussi cher qu'un autre plombier, mais que vous allez devoir faire le boulot et apprendre la plomberie. Peut être c'est cool, mais si votre garagiste, votre comptable, votre avocat, vote boulanger vous faisaient tous le plan ? Et si en plus vous qui pensez être vous même être des experts (les DSI ou décideurs pressés), si on vous disait de réapprendre votre métier, vous trouveriez ça ingérable et vexant. Les entreprises veulent des spécialistes pour externaliser et pas faire le boulot qu'ils trouvent non valorisant (sinon ils paieraient pas des fournisseurs). Et à part la gendarmerie qui n'est pas une entreprise, je connais peu d'exemple d'institution qui ont activement fait la démarche et finit par participer sensiblement au libre en tant qu'acteur et utilisateur.
Quelle différence cela fait il alors que les SSLL vendent du code sous GPL par rapport aux autres éditeurs/SSII ? Aucune ; on peut pas externaliser sa relation avec le libre, car le libre a de la valeur non quand d'autres le font pour nous à l'extérieur, mais quand on y participe. Le client est toujours aussi prisonnier de son code, car il est pas prisonnier des éditeurs, mais de sa conception de l'informatique. Donc les SSLL ont pour principale activité quelque soit leur bonne volonté de faire de l'édition de logiciel propriétaire (sous licence libre) pour le client qui le demande. On apprend au client parfois à singer le monde du libre en mettant un CVS, un forum, et une doc, on lui fait parfois un peu de pub sur linuxfr pour le prestige de montrer que le client est dans le hype du libre mais est ce les apparences et le statut qui comptent ?
[^] # Re: Les SS2L
Posté par Jul (site web personnel) . En réponse à la dépêche Sondage « les utilisateurs et le logiciel libre ». Évalué à 6.
On reconnait un développeur à ce qu'il fait (sa compétence) et non pas à ce qu'il souhaiterait qu'on dise de lui soit pour des raisons financières soit pour des raisons de statut (je représente le libre en France et "sans nous personne ne peut défendre les intérêts contre les méchantes éditeurs proprios (bouh)".
Mais à bien y regarder les SSLL ont le même business que les SSII : vendre de la viande, sauf que c'est comme le café max havelar c'est étiquetté "éthique". Etique je dirais parfois. Lorsque j'ai commencé dans le logiciel libre on ne regardais pas vos diplomes pour vous accepter sur un projet voir une entreprise, aujourd'hui, la pratique du libre continue à l'identique sans discrimination voulue (hors communication écrite), par contre les boites du libre elles n'ont pas forcément gardé le pli. Les SSLL se veulent et veulent des "experts du libre" crédibles (un ingénieur ça en jette plus qu'un BTS info pour être expert). Combien d'experts linux (je sais toujours pas ce que c'est) traînent ainsi en France? Si ils sont experts est-ce à dire que sur les forums ou face à un non informaticien, non salarié de SSLL (mais qui lui participe à un projet libre) leur parole est plus pertinente? Et le diplôme prime t'il sur la pratique ?
Les individus qui font le pari du libre, s'afranchissent de la logique des experts. Ce n'est pas tant le coût que l'on peut reprocher à SAP, oracle, windows que la dépendance à l'expertise de ses éditeurs et affiliées (les ssii/consultant) due à l'extrême complexité de la mise en oeuvre de leur produit. La logique de popularisation de *tous* les aspects de l'informatique (code, stratégie, système, documentation, internationalisation, intégration, assurance qualité) va à l'encontre du modèle de l'expertise. Un développeur libre est rarement expert en gestion de version, en documentation en système en communication, mais il en fait. (Et, le libre sera mort quand il y aura un DESS en génie logiciel libre.)
Le libre c'est comme un ensemble d'ateliers polyvalents d'artisans foisonnant qui chacun à ses manies (diverses et variées) mais qui produisent pleins d'outils en s'échangeant librement d'atelier à atelier des pièces, des savoirs, des coups de mains. La seule condition pour être acceptée dans ce réseau ? Rentrer et dire bonjour. La valeur du modèle réside dans son réseau non dans sa production.
A coté les SSLL pour "rassurer les entreprises" -qui veulent un interlocuteur unique spécialiste- vont aller piocher des artefacts qui sortent de ces ateliers et les proposer à leurs clients. Mais est-ce l'artefact, le logiciel qui a de la valeur, ou de rentrer dans le réseau des ateliers pour le client ? Est ce l'intérêt des SSLL (éditrice de logiciel) que l'on se passe d'elles ?
De toute façon dans la tradition informatique française on valorise le logiciel ; les SSLL ne vendent pas la démarche de participer au libre parce que de toute façon on le leur achéterait pas. Que diriez vous si votre plombier vous disait qu'il veut bien venir réparer chez vous que si vous le payez aussi cher qu'un autre plombier, mais que vous allez devoir faire le boulot et apprendre la plomberie. Peut être c'est cool, mais si votre garagiste, votre comptable, votre avocat, vote boulanger vous faisaient tous le plan ? Et si en plus vous qui pensez être vous même être des experts (les DSI ou décideurs pressés), si on vous disait de réapprendre votre métier, vous trouveriez ça ingérable et vexant. Les entreprises veulent des spécialistes pour externaliser et pas faire le boulot qu'ils trouvent non valorisant (sinon ils paieraient pas des fournisseurs). Et à part la gendarmerie qui n'est pas une entreprise, je connais peu d'exemple d'institution qui ont activement fait la démarche et finit par participer sensiblement au libre en tant qu'acteur et utilisateur.
Quelle différence cela fait il alors que les SSLL vendent du code sous GPL par rapport aux autres éditeurs/SSII ? Aucune ; on peut pas externaliser sa relation avec le libre, car le libre a de la valeur non quand d'autres le font pour nous à l'extérieur, mais quand on y participe. Le client est toujours aussi prisonnier de son code, car il est pas prisonnier des éditeurs, mais de sa conception de l'informatique. Donc les SSLL ont pour principale activité quelque soit leur bonne volonté de faire de l'édition de logiciel propriétaire (sous licence libre) pour le client qui le demande. On apprend au client parfois à singer le monde du libre en mettant un CVS, un forum, et une doc, on lui fait parfois un peu de pub sur linuxfr pour le prestige de montrer que le client est dans le hype du libre mais est ce les apparences et le statut qui comptent ?