• [^] # Re: Victimes or not Victimes

    Posté par . En réponse à la dépêche Fortinet réagit suite aux accusations de violation de la GPL. Évalué à 4.

    Si ce que tu entends par la est : "payer a l'ecoute" (fait de lire la musique), clairement non, et ça correspond exactement à la philosophie du DRM..


    Le DRM, c'est contrôler ce que l'utilisateur a le droit de faire avec la musique, et en particulier l'empêcher d'écouter s'il n'a pas payé. Ce dont je voudrais parler, c'est ce qu'un auteur a le droit de de réclamer de l'argent à quelqu'un qui profite du fruit de son travail. Le fruit du travail de l'auteur, c'est l'oeuvre, l'onde sonore de la musique. Pas le CD, pas les données binaire qui y sont gravées, mais bien la musique. Le CD est le fruit du travail du producteur, pas de l'auteur. Si on court-circuite le producteur en adoptant un autre moyen de distribution, payer le CD et les données binaires n'a plus de sens. Mon opinion à moi (et je la partage avec qui n'en veut), c'est que tant qu'une musique enregistrée n'est pas écoutée, personne ne profite du fruit du travail de l'auteur, il ne peut donc pas prétendre à une rémunération. Le DRM est un moyen de contrôler qui écoute quoi, et en ce sens, c'est bien. Le problème du DRM, c'est que ça permet bien d'autres choses que ce qui est décrit ci-dessus, et en particulier empêcher l'utilisateur d'effectuer des copies privées. Le DRM, c'est comme les brevets : sur le principe c'est bien, dans la partique le système est pourri et il y a des abus à n'en plus finir.

    Un bouquin n'est rien d'autre que des lettres ... si on ne dispose pas d'un outil pour le déchiffrer (yeux pour lire, cerveau pour la langue).


    Les yeux et le cerveau ne sont pas des outils, puisque tout le monde en dispose. Les outils sont des choses supplémentaires, des interfaces entre les organes sensoriels et ce qui est manipulé.

    Si tu prends deux textes, un soumis au droit d'auteur et un dans le domaine public, et que tu remplaces chaque lettre par la lettre suivante dans l'alphabet (ou n'importe quel autre procédé de chiffrement), qui pourra dire « ce texte-ci est soumis au droit d'auteur, et ce texte-là est du domaine public » ? Personne, à moins de savoir déchiffrer le code et reconnaître, avec ses sens (yeux, cerveau, mémoire), lequel est du domaine public et lequel ne l'est pas. Le déchiffrement nécessite un outil (pas forcément sous forme physique, il peut s'agir d'une « formule » ou méthode pour déchiffrer le code ). Le fait est que personne ne sait lire directement les données chiffrées, surtout quand le chiffrement est complexe.

    Dans le cas de données numérisées, toute oeuvre numérisée est en quelque sortes chiffrée, de telle sorte qu'il n'est pas possible pour un humain muni de ses seuls sens et cerveau, de reconnaître quoi que ce soit ; des outils supplémentaires (logiciels) sont nécessaires. Par ailleurs, étant donné que tout devient nombre lorsqu'on le numérise, il faut savoir retrouver au milieu de ces nombres leur signification : c'est le rôle du format que de définir la signification du premier mot de 32 bits, celle du mot suivant de 16 bits, puis de la chaîne de 12 caractères, puis...

    Le seul moyen pour un humain de décider si tel fichier est soumis au droit d'auteur ou est du domaine public, c'est de trouver l'outil qui saura reconnaître le format et reproduire l'oeuvre. Et c'est là que le bât blesse : si aucun outil ne reconnaît le format, est-ce que le fichier est soumis au droit d'auteur ou pas ? Est-ce que cela a un sens de se poser la question du droit d'auteur sur un fichier, alors que ce qui est (ou devrait être) protégé, c'est l'oeuvre et non pas le fichier ? Les fichiers binaires sont formattables à l'infini, on peut donc créer un nombre infini de représentations numériques distinctes d'une même oeuvre, avec le risque que la représentation d'une oeuvre dans un format soit identique à la représentation d'une autre oeuvre dans un autre format. Qui détient le droit d'auteur sur ce fichier dans ce cas ?

    Mon idée, c'est que le fichier est seulement un conteneur pour une oeuvre numérisée, ce n'est pas l'oeuvre elle-même ; il ne contient pas de description de son format (c'est le logiciel qui implémente le format, mais il ne fait que supposer que le fichier a le bon format, et renvoie un message d'erreur lorsque les données lues ne sont pas cohérentes), et sans connaissance du format, personne ne peut reconnaître ce qu'il contient. Le fichier n'étant pas l'oeuvre, il ne peut donc pas être soumis au droit d'auteur, et devrait donc être librement diffusable. Le problème dans ce cas est bien sûr de pouvoir contrôler que si quelqu'un profite de l'oeuvre contenue dans le fichier, il rémunère l'auteur comme il se doit. Les DRM sont une (mauvaise) solution à ce problème, la licence légale en est une autre.