• # Pourquoi une licence *incompatible* avec la GPL ?

    Posté par . En réponse à la dépêche [débat] Pourquoi Sun rejette la GPL. Évalué à 8.

    La CDDL [...]. Elle est tout à fait comparable à une LGPL, ou à un dérivé BSD.


    Sauf qu'elle n'est ni compatible avec la GPL (ce qui est le cas des licences LGPL et BSD révisée), ni avec la licence BSD (si ce n'est pas un pied de nez de Sun ...).

    Du coup, je trouve la question du débat très mal formulée. On devrait demander: « Pourquoi Sun s'efforce d'être incompatible avec la GPL, la LGPL et la BSD ? »

    Il est clair que les deux licences (LGPL et BSD) répondent aussi aux exigences formulées par Shwartz, ce dernier aurait pu les choisir au lieu de cette licence très complexe (si vous n'étes pas juristes, ne croyez pas la faq de Sun sur la CDDL !).

    Le fait de ne pas choisir la GPL classique est sommes toutes assez compréhensible. La communauté du LL elle même préfère presque systèmatiquement les licences plus libres type BSD/MIT/LGPL/artistic pour les bibliothèques (Solaris contient beaucoup de biblitotheques, ce n'est pas juste un kernel, et Java c'est majoritairement des libs) et pour les interpreteurs/langages de prog (pensez à java encore): perl, python, ruby, php, gtk, libxml, libxslt, glibc, X11, openssl ... pour citer quelques incontournables.

    Un système d'exploitation (eg OpenSolaris) mono-licencé sous GPL serait absolument inutilisable pour le business (et le portage de toute appli sur ce systeme, contaminerai l'appli en GPL (sympa pour les BSDistes ;). Aucune distro majeure de Linux n'est exclusivement composée de softs sous GPL d'ailleur.

    Un langage de programation (eg Java) mono-licencé en GPL empecherai quasiment le developpement d'appli commerciales avec celui-ci (sans parler de l'effet sur les nombreux softs closed source tiers déjà existants et reposant sur java).

    Cette dépèche manque le coche, et tombe sous l'intox savante de Shwartz : bien sûr, sun ne peut pas publier *tout* ses produits sous GPL. Le débat que Shwartz évite habilement, en réorientant la question sur l'adoption ou pas de la GPL est: pourquoi Sun a décidé de rendre ses produits incompatibles avec la GPL (et la BSD, et la LGPL au passage) ... On commence alors à deviner la position poivre et sel de Sun concernant le LL (que Shwartz appelle d'ailleur, erreur significative, le logiciel "Open Source").

    Il apparait de plus en plus (cf. le blog de Shwatz) que les concurents directs de Sun sont Novel, IBM et surtout Red Hat (et non Microsoft). Rendre ses softs directement réutilisables par ces derniers (eg, si les composants du kernel Solaris étaient réutilisables dans le kernel Linux) renforcerai ses concurents au détriment de Sun.

    L'essentiel de la manoeuvre de Sun consiste en une sorte d'acrobatie, pratiquer la désinformation massive au sujet des modalités d'ouverture de Solaris et Java (en faisant le plus de bruit possible: faire blogguer les employés de Sun, publier une licence ultra complexe assortie d'une faq maison, multiplier les annonces et interviews répondant aux mauvaises questions et évitant les vrais débats comme celui pour Zdnet, FUD tout azimuts sur Red Hat et la GPL etc.) pour essayer de ramener la communauté LL (qui lui a fait peut a peut perdre son principal marché, les serveurs, d'où l'urgence vitale de nous séduire pour Sun) sans aller vraiment vers elle (eg, sans avaliser ses choix de faits, en termes de licence notament) pour ne pas se faire fagociter par Red Hat et consorts.

    Quand au fait de considérer la CDDL comme libre parceque reconnue par l'OSI : n'oublions pas que Sun à placé une de ses employées dans le commité de décision de l'OSI ("on purpose" !) avant l'adoption de la CDDL ...