"un logiciel Libre est gratuit une fois qu'il a été payé"
C'est en effet UNE des manières de développer du logiciel libre... reste à voir comment elle se situe par rapport à d'autres...
Notons qu'en attendant qu'il soit gratuit, il est souvent diffusé, comme c'est le cas ici, sous licence non libre... ce qui minimise les contributions potentielles. Dans un tel cas, on en revient à un modèle de développement ancien paradigme, où la structure qui en est propriétaire garde l'exclusivité sur le logiciel en question.
De cette manière de développer les logiciels, on tire aussi les côtés trop souvent néfastes, comme la complexité et/ou la structure monolithique. Un autre aspect néfaste est de se couper de tous les codes logiciels libres qu'on aurait pu réutiliser, mais qui sont sous licence copyleft. C'est d'ailleurs ce qui explique que des projets comme Mozilla soient partis d'un code assez fourni, mais n'en exploite au final qu'une partie assez faible.
Pour certains projets, c'est peut-être une solution, mais sans doute ce modèle n'est-il pas intéressant à généraliser.
L'ancien paradigme se fonde sur l'anxiété pour le lendemain, qui mène à se renfermer dans des réflexes d'appropriation (tant critiqués dans le communauté du Libre).
L'approche bazar de Linus, alliée à son Keep It Simple est, pour sa part, assez élégante, car elle constitue un véritable pari sur l'avenir, tout en permettant à chacun de s'approprier (au sens non restrictif) le projet au fur et à mesure de sa croissance :
- l'investissement des parties (individus ou organisations) est à la mesure de ce qu'elles peuvent se permettre d'investir (argent, temps, expertise...) sans se parasiter ;
- les contributeurs étant nombreux, le code devient assez rapidement modulaire pour permettre aux uns et aux autres de travailler de manière répartie (dans le temps et dans l'espace) ;
- les failles de sécurité sont rapidement détectées et colmatées ;
- les bugs divers sont corrigés ;
... mais tout ça n'est possible que par la disponibilité du code source, les libertés de la licence, et l'assurance que les contributions resteront un bien collectif !
Je reviens sur la non-liberté des logiciels potentiellement libres : pourquoi ne sont-ils pas libres tout bêtement dès le début ? Simplement car une fois que l'on a vendu un logiciel libre, l'acheteur peut tout à fait rediffuser le logiciel en question aux conditions tarifaires qu'il le décidera !
Certaines organisations vendent cependant des logiciels libres. Comment font-elles, alors que tout un chacun peut les télécharger/utiliser/étudier/modifier/redistribuer librement (et donc, à terme, les obtenir gratuitement) ?
On en arrive à l'exposition du nouveau paradigme du logiciel libre : la légitimité. Si l'on vend du logiciel libre, c'est souvent accompagné de services :
- conseil
- installation
- mise à jour
- paramétrage
- modifications à façon
- formations
- correction des bugs et trous de sécurité
- ...
...bref : tous les services proposés par un éditeur. Opter pour cette société (pseudo-éditrice), pour un logiciel dont tout le monde a le code source, c'est se fier à ceux qui savent car ils l'ont fait (ou y ont participé). Cette logique n'est pas aisée à mettre en place, et elle est exigente pour celui qui s'y soumet. Mais pour l'utilisateur, il s'agit d'une assurance de respect, car il peut toujours choisir de passer à un autre prestataire...
Dans le cas de LRS, on reste dans le cadre l'ancien paradigme, basé sur l'exclusivité ; donc rien de nouveau sous le soleil !
[^] # Merci François Elie : Bof !
Posté par R4f . En réponse à la dépêche Un nouveau modèle économique pour le logiciel libre!. Évalué à 8.
C'est en effet UNE des manières de développer du logiciel libre... reste à voir comment elle se situe par rapport à d'autres...
Notons qu'en attendant qu'il soit gratuit, il est souvent diffusé, comme c'est le cas ici, sous licence non libre... ce qui minimise les contributions potentielles. Dans un tel cas, on en revient à un modèle de développement ancien paradigme, où la structure qui en est propriétaire garde l'exclusivité sur le logiciel en question.
De cette manière de développer les logiciels, on tire aussi les côtés trop souvent néfastes, comme la complexité et/ou la structure monolithique. Un autre aspect néfaste est de se couper de tous les codes logiciels libres qu'on aurait pu réutiliser, mais qui sont sous licence copyleft. C'est d'ailleurs ce qui explique que des projets comme Mozilla soient partis d'un code assez fourni, mais n'en exploite au final qu'une partie assez faible.
Pour certains projets, c'est peut-être une solution, mais sans doute ce modèle n'est-il pas intéressant à généraliser.
L'ancien paradigme se fonde sur l'anxiété pour le lendemain, qui mène à se renfermer dans des réflexes d'appropriation (tant critiqués dans le communauté du Libre).
L'approche bazar de Linus, alliée à son Keep It Simple est, pour sa part, assez élégante, car elle constitue un véritable pari sur l'avenir, tout en permettant à chacun de s'approprier (au sens non restrictif) le projet au fur et à mesure de sa croissance :
- l'investissement des parties (individus ou organisations) est à la mesure de ce qu'elles peuvent se permettre d'investir (argent, temps, expertise...) sans se parasiter ;
- les contributeurs étant nombreux, le code devient assez rapidement modulaire pour permettre aux uns et aux autres de travailler de manière répartie (dans le temps et dans l'espace) ;
- les failles de sécurité sont rapidement détectées et colmatées ;
- les bugs divers sont corrigés ;
... mais tout ça n'est possible que par la disponibilité du code source, les libertés de la licence, et l'assurance que les contributions resteront un bien collectif !
Je reviens sur la non-liberté des logiciels potentiellement libres : pourquoi ne sont-ils pas libres tout bêtement dès le début ? Simplement car une fois que l'on a vendu un logiciel libre, l'acheteur peut tout à fait rediffuser le logiciel en question aux conditions tarifaires qu'il le décidera !
Certaines organisations vendent cependant des logiciels libres. Comment font-elles, alors que tout un chacun peut les télécharger/utiliser/étudier/modifier/redistribuer librement (et donc, à terme, les obtenir gratuitement) ?
On en arrive à l'exposition du nouveau paradigme du logiciel libre : la légitimité. Si l'on vend du logiciel libre, c'est souvent accompagné de services :
- conseil
- installation
- mise à jour
- paramétrage
- modifications à façon
- formations
- correction des bugs et trous de sécurité
- ...
...bref : tous les services proposés par un éditeur. Opter pour cette société (pseudo-éditrice), pour un logiciel dont tout le monde a le code source, c'est se fier à ceux qui savent car ils l'ont fait (ou y ont participé). Cette logique n'est pas aisée à mettre en place, et elle est exigente pour celui qui s'y soumet. Mais pour l'utilisateur, il s'agit d'une assurance de respect, car il peut toujours choisir de passer à un autre prestataire...
Dans le cas de LRS, on reste dans le cadre l'ancien paradigme, basé sur l'exclusivité ; donc rien de nouveau sous le soleil !