• [^] # Re: Toujours les langues

    Posté par . En réponse à la dépêche Vers un accès libre aux résultats de la recherche.... Évalué à 4.

    Pour le plaisir de te contredire, je peux t'assurer que dans des domaines de recherche totalement dominés par les anglophones (au hasard dans l'informatique), il peut se produire la situation inverse : les gens (moi par exemple) se sont formés en lisant des articles et des livres en anglais, et quand ils doivent lire un article sur un sujet qu'ils connaissent mais en français, ils sont perdus, parce qu'ils ne connaissent pas le vocabulaire technique.


    Oui, c'est effectivement un risque : la langue qui ne diffuse pas le savoir finit par être une langue en danger. C'est d'ailleurs de cette manière que l'état français a essayé de faire disparaitre les langues régionales, en interdisant son usage à l'école.

    Tu peux leur reprocher de ne pas suivre une logique à laquelle tu es habitué, mais il n'y a rien à annihiler.


    A moins d'être ethymologiste, et encore, va trouver une logique à la conjugaison française du simple verbe "être". Apprendre a conjuger ce verbe à toutes les personnes, rien qu'au présent, nécessite d'apprendre 6 formes ("suis, es, est, sommes, etes, sont"). En anglais, c'est "seuelement" 3 formes différentes ("am, are, is"). Tout ceci doit s'apprendre, et seule l'apprentissage par coeur et l'habitude permet d'éviter les erreurs. Quelqu'un parlant parfaitement le français, mais qui découvre pour la première fois le verbe "prédire", dira imanquablement "vous prédites", sur le modèle de "vous dites", alors qu'il faut dire "vous prédisez". S'il y a une logique, ce n'est en effet pas la mienne, et il faut bien annihiler les reflexes par un apprentissage pour éviter les reflexes appris ailleurs, et même si c'est inconscient, un enfant de langue maternelle effectue cet apprentissage et ce détournement de reflexes lors de l'apprentissage de sa langue. Certes, cela mets en place d'autres reflexes, qui annulent, ammendent, par l'apprentissage des exceptions les reflexes appris précédement.

    Pour les afficianos de l'esperanto, c'est gentil mais utiliser une langue que vraiment personne ne comprend ni n'utilise, ça ne va rien améliorer. Ne me dites pas que c'est une langue simple que n'importe qui peut maîtriser rapidement, cela n'est potentiellement vrai que pour les latins. Bref, ça ne ferait que déplacer le problème.


    Encore les vieux ragots sur l'espéranto... Il serait interessant, pour une fois, que ceux qui se permettent de le critiquer prennent la peine de savoir de quoi ils parlent.

    personne ne comprend ni n'utilise


    Les 2 à 15 millions de locuteurs (le nombre exact est inconnu) te remercient, il s'agit surement de "personne". Les 21643 articles de Vikipedio (http://eo.wikipedia.org)(...) ont également été écrit par personne.
    Pour comparer, d'après Wikipedia, il y 12 millions de locuteurs de Tchèque, mais pardon, sans doute que personne ne parle le tchèque, puisque c'est à priori moins que rien, le nombre d'espérantophones.

    Ne me dites pas que c'est une langue simple que n'importe qui peut maîtriser rapidement, cela n'est potentiellement vrai que pour les latins.


    C'est pour cela qu'en 1922, c'est la délégation iranienne qui a proposé l'utilisation de l'Espéranto à la SDN. C'était surement un acte de masochisme, mais heureusement, la France et le Royaume Uni ont réussi a créer une commission qui a étudié le problème. La dite commission a produit un rapport, qui concluait sur une recommandation : l'usage de l'Espérnato serait bénéfique. Ce rapport à été mis en bas de la pile, trop dangereux pour la suprématie de la langue française de l'époque (ou comment des choix patriotiques se retournent contre nous même).
    On a constaté que pour un Japonais typique, à raison du même nombre d'heures d'étude hebdomadaire, une année d'espéranto permet d'atteindre le niveau de communication équivalent à 8 à 10 ans d'anglais. Le succès inégalé des Asiatiques aux concours littéraires espérantistes prouve année après année que ces peuples se sentent à l'aise en espéranto, puisque son fonctionnement interne leur est familier.

    Bref, ça ne ferait que déplacer le problème.


    En quoi passer d'un problème de diffuculté N à un autre problème, de difficulté N/10 est il stupide ?

    Petit proverbe pour terminer :-)
    Les seuls combats perdus d'avance sont ceux qu'on ne livre pas


    L'Espéranto n'a pas échoué, comme certain semblent le penser. Au contraire, par rapport aux obstacles qu'il rencontre (tabou médiatique, ragots, sorte de malaise quant à l'aveu de notre incapacité à parler correctement anglais), c'est plutôt une grande réussite, et grâce à internet, le nombre de personnes qui 'apprennent est de plus en plus grand.