• [^] # Re: Dans le cul lulu...

    Posté par . En réponse à la dépêche La brevetabilité des inventions mises en oeuvre par ordinateur adoptée par le Conseil. Évalué à 10.

    Cette histoire de chantage au référendum me semble hors de propos; qu'il s'agisse de voter pour ou contre.

    En l'occurence, que voyons nous: nos instances directrices (la commission européenne) ont écouté des lobbies; est-ce nouveau? Non. Nos instances législatives ont exprimé leur opposition, et se sont pris un rateau; est-ce surprenant? Je ne pense pas, vu l'état actuel des institutions européennes. Il est de notoriété publique que la bureaucratie actuelle de Bruxelles et Strasbourg fait la part belle aux comités où siègent les représentants des gouvernements, au détriment des élus du peuple. Et que les partisans du oui ne viennent pas me promettre la main sur le coeur que la constitution va résoudre le problème, je ne les croirai pas (voir ci-dessous ce que je pense de la constitution).

    La question de la démocratie est largement différente. Je vois des individus qui sautent comme des cabris en promouvant le "oui" ou le "non". Je doute qu'ils se soient seulement donné la peine de lire plus de 300 pages d'un texte souvent assez abstrait.

    Le véritable débat en ce qui concerne la constitution est là: un texte qui n'emportera que l'adhésion molle du fait de sa longueur et de son extrême opacité. Un texte illisible pour la plupart des citoyens, manipulés par des politiciens dont l'attitude envers les grandes questions sociales et politiques est de moins en moins claire, comme l'a démontré la question des brevets logiciels. Pour toutes ces raisons, je voterai non à la constitution. Pas à cause des brevets logiciels en soi; mais parce que le texte est de toute façon mauvais. Même si ce texte était effectivement une garantie de démocratie ou de progrès, je ne l'accepterais pas, car du simple fait de sa longueur et de ses multiples portes ouvertes à l'ambiguité, il n'est tout simplement pas le texte historique dont a besoin l'Europe.

    Maintenant, sur la question des brevets, se pose un problème qui est plus qu'intéressant: les règle du conseil ont //a priori// été violées; quelles vont être les conséquences de cette violation? Une exception va-t-elle être levée? Et si oui, les instances actuelles de l'Europe vont elles être capable de règler le problème de façon satisfaisante, et de rappeler le conseil aux obligations qui sont les siennes?

    Le véritable test de la démocratie européenne, ce n'est pas un référendum qui n'aura aucun sens, de toute façon. Le véritable test est maintenant: dans la capacité de l'Europe à observer les lignes de conduite qu'elle s'est DEJA données.