Enfin il faut quand même remettre les points sur les i : l'espéranto n'a pas que des qualités.
- Utilisation d'un alphabet complexe. 28 lettres, dont une tripotée accentuée avec des signes bizarres. Le grand public va devoir jouer du AltGr et des tendinites digitales pour composer le moindre mail, pour que 80% des réceptionneurs voient apparaître de sublimes '?' à la place des accents si chèrement tapés... L'ère de l'unicode n'est pas encore venue, et ce type de langue est particulièrement mal adaptée à la communication électronique (qui a des polices espéranto?)
- Un apprentissage est indispensable pour la lecture. Allez voir une page en espéranto au hasard, tiens, pris dans Wikipédia : "Ĉar Esperanto estas pli regula ol naciaj lingvoj, la lingvo estas pli simpla kaj lernebla, precipe por tiuj, kiuj parolas eŭropan lingvon. ". Comparez avec l'équivalent dans une autre langue artificielle, l'Interlingua : "Esperanto es le plus famose del linguas auxiliar, e esseva create per le oculista polonese Ludovico Lazaro Zamenhof in 1887 como resultato de 10 annos de travalio. Post poc annos le lingua superava su predecessor". Moi, je comprends parfaitement la 2), mais la phrase en espéranto, c'est du chinois... Et on ne parle pas de la prononciation...
- Le créateur de l'espéranto (je n'ai pas dit le mot psychopathe!) a introduit une marque particulière pour les COD (une déclinaison, quoi). Je n'arrive pas à comprendre l'intérêt d'une telle règle qui est très difficile à pratiquer quand il n'y a pas de déclinaison dans notre langue maternelle... On ajoute à ça des choses bizarres pour le commun des mortels : la marque du pluriel est un "j" (qui ne se prononce pas "J", d'ailleurs), il y a des conjugaisons (comparez à l'anglais, où seule la troisième personne du singulier au présent porte une marque), etc etc.
Tout ça pour dire que l'espéranto n'est pas une solution miracle. De plus, l'apprentissage d'une langue devrait rester un plaisir, et devrait permettre un enrichissement culturel (voyages linguistiques, etc). Par nature, c'est plus difficile en espéranto. Il n'y a pas non plus de grande littérature (au contraire du français, de l'anglais, même de l'espagnol ou de l'allemand...). Je ne dis pas que l'espéranto n'est pas une bonne idée, je pense simplement qu'on ne peut pas comme ça le balancer comme langue européenne...
[^] # Re: Problème de démocratie dans l'executif européen
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Brevets logiciels : incroyable retournement de situation grâce à la Pologne. Évalué à -1.
Enfin il faut quand même remettre les points sur les i : l'espéranto n'a pas que des qualités.
- Utilisation d'un alphabet complexe. 28 lettres, dont une tripotée accentuée avec des signes bizarres. Le grand public va devoir jouer du AltGr et des tendinites digitales pour composer le moindre mail, pour que 80% des réceptionneurs voient apparaître de sublimes '?' à la place des accents si chèrement tapés... L'ère de l'unicode n'est pas encore venue, et ce type de langue est particulièrement mal adaptée à la communication électronique (qui a des polices espéranto?)
- Un apprentissage est indispensable pour la lecture. Allez voir une page en espéranto au hasard, tiens, pris dans Wikipédia : "Ĉar Esperanto estas pli regula ol naciaj lingvoj, la lingvo estas pli simpla kaj lernebla, precipe por tiuj, kiuj parolas eŭropan lingvon. ". Comparez avec l'équivalent dans une autre langue artificielle, l'Interlingua : "Esperanto es le plus famose del linguas auxiliar, e esseva create per le oculista polonese Ludovico Lazaro Zamenhof in 1887 como resultato de 10 annos de travalio. Post poc annos le lingua superava su predecessor". Moi, je comprends parfaitement la 2), mais la phrase en espéranto, c'est du chinois... Et on ne parle pas de la prononciation...
- Le créateur de l'espéranto (je n'ai pas dit le mot psychopathe!) a introduit une marque particulière pour les COD (une déclinaison, quoi). Je n'arrive pas à comprendre l'intérêt d'une telle règle qui est très difficile à pratiquer quand il n'y a pas de déclinaison dans notre langue maternelle... On ajoute à ça des choses bizarres pour le commun des mortels : la marque du pluriel est un "j" (qui ne se prononce pas "J", d'ailleurs), il y a des conjugaisons (comparez à l'anglais, où seule la troisième personne du singulier au présent porte une marque), etc etc.
Tout ça pour dire que l'espéranto n'est pas une solution miracle. De plus, l'apprentissage d'une langue devrait rester un plaisir, et devrait permettre un enrichissement culturel (voyages linguistiques, etc). Par nature, c'est plus difficile en espéranto. Il n'y a pas non plus de grande littérature (au contraire du français, de l'anglais, même de l'espagnol ou de l'allemand...). Je ne dis pas que l'espéranto n'est pas une bonne idée, je pense simplement qu'on ne peut pas comme ça le balancer comme langue européenne...