• [^] # Re: IBM et MS

    Posté par . En réponse à la dépêche Migration vers Linux par IBM. Évalué à 4.

    Les progiciels sont certes un problème. Pour les licences Windows et Office, je suis un peu moins d'accord avec toi : pour les très grosses boîtes, les contrats de licence sont spéciaux...

    Par contre, je suis en total désacord sur un point : l'utilisateur est et restera un "problème" majeur pour deux raisons :
    - parce qu'il se raccroche souvent à ses habitudes, à ses repères chèrements acquis par la pratique, sans aucune compréhension de ce qu'est effectivement son outil informatique. Qui dit aucun recul dit pas de véritable compréhension des processus internes de la machine, et donc grosse difficulté à évoluer, résistance au changement.
    La "ligne chaude" d'une grande boîte française se souvient encore de la tempête d'appels qui avait suivi... le déplacement de la corbeille sur le bureau. Alors imaginez les migrations d'OS ! Un gros chantier, un gros budjet... pour IBM entre autres.
    - parce que l'utilisateur utilise ce qu'il découvre, que ce soit bon ou mauvais, et que les logiciels de bureautique de notre ami Bill sont remplis de fonctions "à éviter", de paramétrages par défaut calamiteux qui génèrent - certes - des masses d'incidents sous MS-Office, mais qui sont des obstacles considérables lors des migrations de données. En vrac : la modification automatique et silencieuse du "normal.dot" de Word, la création à la volée de styles, l'utilisation par des microsoftiens incultes des routines d'Office dans des développements internes (=> ces programmes sont dépendants d'Office !), les macros exotiques... Et on ne parle même pas des formats propriétaires, des problèmes d'encodage, etc... Quelqu'un comprend comment sont gérées les impressions sous Windows ? Apparemment, ils ne sont pas nombreux...

    Le corolaire, c'est le casse-tête des reprises de données, des logiciels à reprendre. Rajoutez à ça qu'il va falloir faire passer la pilule du "changement" à des utilisateurs qui considèrent souvent les PC comme des esclaves magiques plus que comme des outils, et ce n'est pas gagné.

    Et ensuite, j'ai mis problème ci-dessus entre guillemets, parce que, à la base, l'informatique est bien destiné à être au service de ses utilisateurs, et leurs "problèmes" doivent donc être les nôtres... que l'on choisisse de les traiter par la formation ou par une démarche technique.

    Il y a de plus une autre difficultée liée à l'utilisateur et globalement sous-estimée dans ce type de travaux : la langue des interfaces. Si demain une multinationnale veut passer sous Linux et maintenir un parc applicatif homogène, trouvera-t-elle des logiciels satisfaisants et traduits dans toutes les langues qui sont les siennes, sous Linux ? Hum...

    Je vois qu'IBM traite de repise de données. Je vais lire cet opus avec grand intérêt.