«Une estampille le permet, jusqu'à preuve du contraire.»
On peut prouver qu'on a été le premier à déposer une idée, mais pas qu'on a été le premier à l'avoir. Donc si on décide qu'il est justifié de récompenser le premier à avoir eu une idée, c'est impossible au sens strict. La seule solution est de récompenser la première personne a avoir pensé qu'une idée était une innovation, et à avoir fait la démarche de breveter.
«c'est aussi ton cas quand tu parles du "monde que je propose"»
Et bien, soit je n'ai rien compris, soit tu proposes que toutes les idées, même considérées comme "faciles" soient brevetables. C'est à ça que je faisais référence. (en gardant bien sûr en tête que "facile" reste à définir).
«Différents aspects contribuent à l'originalité, pas seulement l'implémentation. Pour prendre un exemple, créer un langage de programmation avec de bonnes propriétés est une contribution originale, même sans en proposer de compilateur.»
Quand je parle d'implémentation, je ne veux pas dire forcément du vrai code, simplement une solution à un problème. Pour reprendre ton exemple, un problème aurait pu être: "je voudrais un langage qui me permette de formuler des conditions/dépendances logiques facilement, pour programmer des IA", et une solution à ce problème serait le Prolog.
Le fait que le Prolog, en tant que solution à ce problème, soit brevetable, est une chose.
Le fait que "un langage de programmation logique" soit un concept brevetable en est une autre.
Dans le premier cas, je trouve ça regrettable sur un plan moral, mais ça ne me choque pas sur un plan technique et/ou économique: ça ne freine pas l'innovation, ça permet au créateur du langage de se faire rémunérer si des gens décident de faire des compilateurs de Prolog, etc.
Dans le deuxième cas, c'est choquant parce que si l'idée de faire un tel langage est brevetée, il devient impossible (sans payer de licence) de créer une solution différente au problème de départ, d'où le frein sur l'innovation.
Bien sûr, le problème de départ était peut-être une solution à un problème de plus haut niveau, et par conséquent on ne peut pas dire qu'on autorise à breveter les solutions et pas les problèmes. Par exemple, "utiliser un langage de programmation logique" est une solution au problème "programmer plus facilement des IA".
C'est pour ça que la version des brevets qui consiste à ne breveté que les procédés techniques associés à leur application est un meilleur compromis que le brevetage sans contrainte: on peut raisonnablement espérer qu'il n'y ait pas 36 façons de faire un moteur à injection qui viole le brevet du moteur à injection. Dès qu'un brevet est trop immatériel, il peut recouvrir plusieurs implémentations originales, ce qui va à l'encontre du but des brevets.
[^] # Re: Il faudra de toutes façons faire qque chose
Posté par Yusei (Mastodon) . En réponse à la dépêche Brevets logiciels : nouvelle offensive surprise. Évalué à 4.
On peut prouver qu'on a été le premier à déposer une idée, mais pas qu'on a été le premier à l'avoir. Donc si on décide qu'il est justifié de récompenser le premier à avoir eu une idée, c'est impossible au sens strict. La seule solution est de récompenser la première personne a avoir pensé qu'une idée était une innovation, et à avoir fait la démarche de breveter.
«c'est aussi ton cas quand tu parles du "monde que je propose"»
Et bien, soit je n'ai rien compris, soit tu proposes que toutes les idées, même considérées comme "faciles" soient brevetables. C'est à ça que je faisais référence. (en gardant bien sûr en tête que "facile" reste à définir).
«Différents aspects contribuent à l'originalité, pas seulement l'implémentation. Pour prendre un exemple, créer un langage de programmation avec de bonnes propriétés est une contribution originale, même sans en proposer de compilateur.»
Quand je parle d'implémentation, je ne veux pas dire forcément du vrai code, simplement une solution à un problème. Pour reprendre ton exemple, un problème aurait pu être: "je voudrais un langage qui me permette de formuler des conditions/dépendances logiques facilement, pour programmer des IA", et une solution à ce problème serait le Prolog.
Le fait que le Prolog, en tant que solution à ce problème, soit brevetable, est une chose.
Le fait que "un langage de programmation logique" soit un concept brevetable en est une autre.
Dans le premier cas, je trouve ça regrettable sur un plan moral, mais ça ne me choque pas sur un plan technique et/ou économique: ça ne freine pas l'innovation, ça permet au créateur du langage de se faire rémunérer si des gens décident de faire des compilateurs de Prolog, etc.
Dans le deuxième cas, c'est choquant parce que si l'idée de faire un tel langage est brevetée, il devient impossible (sans payer de licence) de créer une solution différente au problème de départ, d'où le frein sur l'innovation.
Bien sûr, le problème de départ était peut-être une solution à un problème de plus haut niveau, et par conséquent on ne peut pas dire qu'on autorise à breveter les solutions et pas les problèmes. Par exemple, "utiliser un langage de programmation logique" est une solution au problème "programmer plus facilement des IA".
C'est pour ça que la version des brevets qui consiste à ne breveté que les procédés techniques associés à leur application est un meilleur compromis que le brevetage sans contrainte: on peut raisonnablement espérer qu'il n'y ait pas 36 façons de faire un moteur à injection qui viole le brevet du moteur à injection. Dès qu'un brevet est trop immatériel, il peut recouvrir plusieurs implémentations originales, ce qui va à l'encontre du but des brevets.