• [^] # Re: Oui

    Posté par . En réponse à la dépêche Article de B. Decroocq & Lemaire : "Free as a beer". Évalué à 3.

    Sauf que le commentaire si dessus présente ça comme une des conclusions importantes de l'étude et non comme une hypothèse fondamentale.
    Non, il s'agit bien pour moi d'une conclusion, et d'une conclusion (en effet) importante. Harvard ou pas, les auteurs ont le mérite d'avancer des arguments valides pour étayer leur raisonnement ; ce n'est malheureusement pas le cas de tout le monde !

    Je pense qu'il y a un malentendu en ce qui concerne le modèle économique des logiciels libres/gratuits. Tout le monde a bien compris que gratuit n'est pas libre (il faut disposer du code source et des droits nécessaires), alors que libre entraîne gratuit. Mon interprétation de l'insistance autour de free as a speech et non free as a beer, conséquence de l'ambiguïté de free en anglais (qui signifie gratuit en premier lieu -- "buy one, get one free"), est qu'elle vise à rappeler que la caractéristique la plus importante du LL est d'être libre avant d'être gratuit, même si étant libre il est de fait gratuit.
    D'un point de vue économique, le fait que les LL sont (donc de fait) gratuits semble contradictoire avec la notion d'entreprise, dont le but est de générer des profits.

    A partir de ce constat, la question est "comment une entreprise peut générer des profits avec des produits gratuits ?" Les entreprises de LL ont-elles un modèle économique différent ?

    La réponse des auteurs est "non", elles sont des entreprises comme les autres, similaires à Xerox qui ne voulait pas fournir le code source du driver. Evidemment, la source de revenu est déplacée du fait que le code source est disponible pour les LL. Mais tout le monde n'est pas Stallman, et tout le monde (y compris Stallman) n'a pas toujours le temps ; c'est cela qui constitue la source de revenu des entreprises de LL.

    Ce que les auteurs étudient ensuite est la contradiction entre "l'éthique hackeur" (don, reconnaissance, etc.) qui anime les logiciels libres et les objectifs de rentabilité d'une entreprise. Vous savez certainement tous que beaucoup de sociétés dont l'activité est liée aux logiciels ont un modèle basé sur le "je développe pour un client, je vends à plusieurs clients", parce que c'est un moyen excellent de rentabiliser des "investissements" (vous aurez remarqué les guillemets).

    Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de place pour un AUTRE modèle économique (mais je pense qu'il faudrait le chercher en dehors du capitalisme). Le fait est qu'aucune entreprise pour l'instant (LL ou pas) n'a mis en avant un nouveau modèle. Les auteurs, s'en tenant évidemment aux faits, s'arrêtent là dans leur article. Mais il serait intéressant de chercher quels pourraient être ces fameux AUTRES modèles économiques et voir s'ils ont une place dans ce triste monde...