cette histoire (et bien d'autres, tellement d'autres...) tend à montrer que les entreprises "propriétaires" informatique (qui vivent pour et par le monopole d'une ressource, d'une connaissance) en arrivent à se battre les unes les autres dans des procès quasi stérile ou à empiler les contrats tordus, les accords hypocrites ou les licences compliquées et obscure qui font que toute RE-utilisation de leur code est quasi impossible.
On peut justifier ces dérives par la sur-protection juridique, par des pratiques hérités de décennies (siècles ?) commerciales, par une non-compréhension de ce qu'est véritablement le "code" (tout sauf un objet physique qu'on range dans un coffre) et par des impératifs légaux (les entreprises ont tout de même des responsabilités à défendre, tous leurs agissements ne sont pas le fruits de leur amour du Mal)
D'un point de vue "ingénieur", c'est souvent stérile : des tonnes de très bon travaux se retrouvent enfermés ou sous-utilisés (beaucoup de gens sont encore traumatisés par Beos, par exemple)
D'un point de vue commercial et propriété intellectuelle, les choses sont parfois justifiées, mais avec le temps, on arrive à des catastrophes judiciaires, presque quasi systématiquement. A ma connaissance, les seules sociétés informatiques qui ont évité des années de procès sur un produit sont celles qui ont soigneusement isolé leur code source de toute influence extérieure (au sens : aucun accord croisé avec une autre entreprise, aucun usage de brevet sous licence, aucun "achat" de code externe, etc). c'est rare.
Plus les avocats ont senti le filon, plus ils ont poussé en avant le besoin "financier" de protéger sa "propriété", plus ils ont accentué le "risque", le "besoin", etc etc. Au point de maintenir être une part essentielle de toute activité informatique commerciale et grosso modo d'une hégémonie du droit de la propriété intellectuelle.
L'industrie propriétaire, quand elle en arrive à ses derniers retranchements en devient contre-productive. Plus le code est secret et obscure et verrouillé, moins il est connu ou devenu "fondamental", moins les gens en ont besoin, moins il a de valeur marchande et surtout il devient inutilisable. De l'autre coté, plus le code devient banal, répandu et "commodisé" et compris, plus sa valeur _marchande_ devient nulle aussi mais il est fortement utilisé. Pour une _entreprise commerciale_, c'est le juste milieu qui est important. Manifestement il a échappé à pas mal de décideurs.
Pour nous, développeurs ou utilisateurs, que la valeur marchande d'un code source ne nous appartenant pas soit nulle ou non n'est pas notre soucis immédiat. Le code ultra-verrouillé, par contre, devient un obstacle.
Voilà les problèmes du "propriétaire" à outrance.
Cela dit :
dans le monde 'open source / logiciel libre", il n'y a pas qu'une seule licence. il y en a de multiples et cela peut provoquer de sacrées migraines (hello Php / Mysql 4 ).
Mais le but étant quand même de promouvoir l'usage du code, on est toujours arrivé à des solutions, relativement rapidement et sans dégainer son avocat maison.
Avec le temps, on voit que les juristes et autres avocats ont très bien compris qu'il y a un marché de "consultant" et de "négociateur" juteux. On voit de plus en plus de cabinets spécialisés en droit intellectuel se proposer pour "estimer" l'usage possible d'un projet libre, pour mettre en place l'ouverture d'un code source propriétaire sans se faire manger , etc etc.
au final, dire "le propriétaire n'est pas viable" est un peu exagéré. J'aurais tendance à dire que c'est relativement vrai sur un plan strictement "ingénierie" (obtenir le Meilleur Outil pour l'Humanité , nom d'un petit schtroumpf !). Mais le logiciel opensource peut tout autant accoucher d'un embriaglo juridique si les gens se "cristallisent" obstinément sur des licences totalement contradictoires portant sur des logiciels "fondamentaux".
On a évité cela pour le moment : les rares cas conflictuels ayant toujours étant négocié à coup d'exceptions "toi t'es gentil aussi, donc ze t'autorise à utiliser mon code, même si c'est pas tout à fait mon truc". Plus les "professionnels" et entreprises se mêlent au monde opensource/libre, plus on voit de cas obstinés à la " sun vs apache".
On s'inquiète guère. Si des sociétés veulent se pourrir l'existence, étouffer des produits et standards, c'est leur problème. Internet semble permettre de fédérer suffisamment de bonne volonté pour presque toujours recréer une alternative de qualité qui satisfasse la grande partie des besoins.
N'oublions pas que le but "premier" de presque toutes les associations, organisations ou particuliers de libre et dans une moindre mesure du opensource, jusqu'à présent, est de faciliter et répandre l'usage du code source et des connaissances associés. Evidemment, par conséquent, on a vu moins de procès et de plans tordus. Des entreprises comme redhat ou ibm ou novell y voient leur intérêt.
[^] # Re: Clarifications diverses et rapides.
Posté par - - . En réponse à la dépêche L'accord à l'amiable entre BSDi et USL (AT&T) enfin public.. Évalué à 10.
cette histoire (et bien d'autres, tellement d'autres...) tend à montrer que les entreprises "propriétaires" informatique (qui vivent pour et par le monopole d'une ressource, d'une connaissance) en arrivent à se battre les unes les autres dans des procès quasi stérile ou à empiler les contrats tordus, les accords hypocrites ou les licences compliquées et obscure qui font que toute RE-utilisation de leur code est quasi impossible.
On peut justifier ces dérives par la sur-protection juridique, par des pratiques hérités de décennies (siècles ?) commerciales, par une non-compréhension de ce qu'est véritablement le "code" (tout sauf un objet physique qu'on range dans un coffre) et par des impératifs légaux (les entreprises ont tout de même des responsabilités à défendre, tous leurs agissements ne sont pas le fruits de leur amour du Mal)
D'un point de vue "ingénieur", c'est souvent stérile : des tonnes de très bon travaux se retrouvent enfermés ou sous-utilisés (beaucoup de gens sont encore traumatisés par Beos, par exemple)
D'un point de vue commercial et propriété intellectuelle, les choses sont parfois justifiées, mais avec le temps, on arrive à des catastrophes judiciaires, presque quasi systématiquement. A ma connaissance, les seules sociétés informatiques qui ont évité des années de procès sur un produit sont celles qui ont soigneusement isolé leur code source de toute influence extérieure (au sens : aucun accord croisé avec une autre entreprise, aucun usage de brevet sous licence, aucun "achat" de code externe, etc). c'est rare.
Plus les avocats ont senti le filon, plus ils ont poussé en avant le besoin "financier" de protéger sa "propriété", plus ils ont accentué le "risque", le "besoin", etc etc. Au point de maintenir être une part essentielle de toute activité informatique commerciale et grosso modo d'une hégémonie du droit de la propriété intellectuelle.
L'industrie propriétaire, quand elle en arrive à ses derniers retranchements en devient contre-productive. Plus le code est secret et obscure et verrouillé, moins il est connu ou devenu "fondamental", moins les gens en ont besoin, moins il a de valeur marchande et surtout il devient inutilisable. De l'autre coté, plus le code devient banal, répandu et "commodisé" et compris, plus sa valeur _marchande_ devient nulle aussi mais il est fortement utilisé. Pour une _entreprise commerciale_, c'est le juste milieu qui est important. Manifestement il a échappé à pas mal de décideurs.
Pour nous, développeurs ou utilisateurs, que la valeur marchande d'un code source ne nous appartenant pas soit nulle ou non n'est pas notre soucis immédiat. Le code ultra-verrouillé, par contre, devient un obstacle.
Voilà les problèmes du "propriétaire" à outrance.
Cela dit :
dans le monde 'open source / logiciel libre", il n'y a pas qu'une seule licence. il y en a de multiples et cela peut provoquer de sacrées migraines (hello Php / Mysql 4 ).
Mais le but étant quand même de promouvoir l'usage du code, on est toujours arrivé à des solutions, relativement rapidement et sans dégainer son avocat maison.
Avec le temps, on voit que les juristes et autres avocats ont très bien compris qu'il y a un marché de "consultant" et de "négociateur" juteux. On voit de plus en plus de cabinets spécialisés en droit intellectuel se proposer pour "estimer" l'usage possible d'un projet libre, pour mettre en place l'ouverture d'un code source propriétaire sans se faire manger , etc etc.
au final, dire "le propriétaire n'est pas viable" est un peu exagéré. J'aurais tendance à dire que c'est relativement vrai sur un plan strictement "ingénierie" (obtenir le Meilleur Outil pour l'Humanité , nom d'un petit schtroumpf !). Mais le logiciel opensource peut tout autant accoucher d'un embriaglo juridique si les gens se "cristallisent" obstinément sur des licences totalement contradictoires portant sur des logiciels "fondamentaux".
On a évité cela pour le moment : les rares cas conflictuels ayant toujours étant négocié à coup d'exceptions "toi t'es gentil aussi, donc ze t'autorise à utiliser mon code, même si c'est pas tout à fait mon truc". Plus les "professionnels" et entreprises se mêlent au monde opensource/libre, plus on voit de cas obstinés à la " sun vs apache".
On s'inquiète guère. Si des sociétés veulent se pourrir l'existence, étouffer des produits et standards, c'est leur problème. Internet semble permettre de fédérer suffisamment de bonne volonté pour presque toujours recréer une alternative de qualité qui satisfasse la grande partie des besoins.
N'oublions pas que le but "premier" de presque toutes les associations, organisations ou particuliers de libre et dans une moindre mesure du opensource, jusqu'à présent, est de faciliter et répandre l'usage du code source et des connaissances associés. Evidemment, par conséquent, on a vu moins de procès et de plans tordus. Des entreprises comme redhat ou ibm ou novell y voient leur intérêt.