• [^] # Re: François Élie

    Posté par . En réponse à la dépêche Brevets Logiciels: Appel de Richard M. Stallman. Évalué à 10.

    Effectivement, ce monsieur est plutôt optimiste.

    Je ne partage pas vraiment cet enthousiasme. Il y a beaucoup trop de pressions pour que la question des brevets logiciels ne reviennent pas sans cesse sur la table de nos braves élus. Vu le pognon que certains parasites (C.f Eolas) arrivent à se faire, il y a tout à craindre que cela attisera des vocations de pompeur de ressources, tels les sangsues proliférant dans les marrécages stagnants.

    On peut effectivement espérer une prise de conscience du coté néfaste de ces brevets opportunistes, mais combien de cadavres de PME faudra t-il ? Combien d'emplois perdus, avant de se dire qu'il aurait mieux valu agir de suite ? Combien ont les moyens financiers de se battre contre ces vampirisateurs d'idées ?

    Mieux vaut erradiquer ces cyber-parasites avant qu'ils ne prolifèrent, en leur coupant l'herbe sous le pied, c'est à dire en enterrant pour de bon ce projet de loi de brevatabilité, qui n'est ni plus ni moins qu'une course à l'opportunisme, l'individualisme, au cynisme et la vénalité (et à voir certains programmes TV, c'est à se demander si ce ne sont les vraies valeurs d'aujourd'hui).

    Ça me rappelle un jour que je travaillais pour une société spécialisée dans l'imagerie. On avait reçu une lettre d'une entreprise d'un certain pays outre-atlantique (ce n'était pas Microsoft), qui avant soit disant breveté un algorithme trivialissime sur le traitement des images RVB. Tout les employés ont bien rigolé, moi le premier. Mais si les brevets étaient déclarés valides en Europe, il y aurait eu clairement une PME française de moins dans le paysage. J'imagine que l'abruti qui a du envoyer cette lettre devait penser que le droit américain était valide dans le monde entier.

    Comme disait Camus : "la liberté n'est pas une récompense, ni une décoration qu'on fête dans le champagne [...], c'est une corvée, [...] et une course de fond, bien solitaire, bien exténuante".

    Il ne faut pas se leurrer, il y aura toujours une minorité de profiteurs, qui au vu de leur nullité, essaieront toutes les opportunités pour se tailler une part du gâteau. Si une entreprise d'outre-atlantique y est arrivée, pourquoi pas eux ? Cette question de la brevetabilité est une trop belle opportunité pour la laisser passer, et j'ai bien peur qu'elle ne revienne encore et toujours si on ne fait rien pour dissuader ces comportements contre-productifs.

    Liberté, égalité, fraternité, chiche ?